Kirkwall

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Le Monde de Dragon Age : Kirkwall


Jadis, la cité qu'on appelle désormais Kirkwall se dressait à la périphérie de l'Empire tévintide, plaque tournante de la traite impériale abritant jusqu'à un million d'esclaves originaires des terres elfiques ainsi que des contrées barbares orientales et méridionales. Ils arrivaient par bateau pour alimenter les fourneaux insatiables de l'industrie citadine : d'immenses carrières de jais et une foule de fonderies approvisionnant le reste de l'Empire en acier. Les esclavagistes de la vieille cité amassèrent des fortunes colossales dépassant de loin leurs rêves les plus fous, mais reposant intégralement sur l'exploitation des opprimés. C'était un règne de ténèbres et de désespoir, un abîme dont peu réchappaient, et quand le vent tourna enfin contre l'Empire, les esclaves se soulevèrent au cours d'un carnage d'une violence rarement égalée. La cité actuelle est bâtie sur les charniers de ce passé, un passé que la plupart de ses habitants préféreraient oublier.

Toutefois, ces antécédents sont encore bien visibles. Tout navire en approche aperçoit d'abord les falaises qui ont donné son nom à la cité, repérables à des kilomètres. Elles sont faites de la même pierre que ses fondations, un panthéon de cerbères à l'effigie des Anciens dieux gravé à sa surface. Au fil du temps, la Chantrie fit effacer un grand nombre de ces sentinelles profanes, mais il est pour ainsi dire impossible de les détruire toutes.
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Un chenal fut percé dans ces falaises, si bien que, pour gagner l'intérieur de la cité, les navires doivent traverser une passe obscure enchâssée entre deux murailles hautes de plusieurs dizaines de mètres. De part et d'autre du chenal se dressent les jumeaux de Kirkwall, deux statues de bronze qui ne sont pas là uniquement pour la parade : la cité étant bâtie à proximité du bras le plus étroit de la Mer d'écume, un lourd filet de chaînes peut être tendu entre les statues et le phare le plus proche, érigé sur une saillie rocheuse marquant l'embouchure de la voie navigable. Ce goulet freinant le trafic est jalousement gardé par les dirigeants successifs de la cité, très attachés aux bénéfices tirés des péages, taxes et autres escroqueries qu'il leur permet. Les politiques transitoires de Kirkwall sont aussi brutales et traîtresses que ses courants marins.

La cité a beau prospérer grâce à son ouverture sur la Mer d'écume, nombre de ses quartiers sont en piteux état. La plupart des dégâts provoqués par la chute de l'Empire ne furent jamais réparés et ne pourront jamais l'être. Bien que la Chantrie et le fort soient repérables de loin, on se perd facilement dans le dédale des cours naines, et des bandes de criminels en maraude guettent les imprudents qui s'aventurent dans la Basseville sans un guide ou une carte fiable. Ce secteur est constamment enfumé par les émanations nauséabondes qui s'échappent de ses nombreuses fonderies. Et lorsque les vents d'hiver viennent les dissiper, les bourrasques s'engouffrent alors dans les puits de mine désaffectés qui dégagent un air vicié appelé moiteur. Il n'est pas rare que des quartiers entiers suffoquent, figés subitement en pleine activité. Dans les montagnes aux abords de Kirkwall, on trouve aujourd'hui encore les vestiges des plus anciennes carrières à esclaves, la plupart abandonnées et parfois hantées par des esprits se raccrochant aux souvenirs des tortures infligées jadis aux forçats.

Au fond, Kirkwall ne changea pas beaucoup au fil du temps ; la concupiscence attire la racaille de Thédas vers ses rivages maudits, où elle est à son tour livrée en pâture aux requins.
Source: http://eu.dragonage.com/

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