Codex Dragon age origins : Culture et histoire (suite)


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115 - Culture féreldienne : de l'importance des chiens

On me demande fréquemment, durant mes voyages à l'étranger, d'expliquer l'omniprésence des chiens en Férelden. Invariablement, je lance à mon interlocuteur qu'il n'y a pas plus de chiens dans ma patrie que dans la sienne. En tout lieu civilisé de Thédas, l'observateur attentif remarquera que l'on emploie des chiens pour chasser, dératiser granges et remises, rassembler les troupeaux, garder les demeures ; dans les montagnes, ils font même office de bêtes de somme. La seule différence est que les Féreldiens leur savent gré du travail qu'ils accomplissent. Peut-être faut-il y voir la résurgence d'un certain mythe.

Hafter, le premier homme nommé tiern, le héros qui unifia nos ancêtres alamarri pour repousser les engeances du deuxième Enclin, était réputé descendre d'un loup-garou. Peut-être n'était-ce qu'une métaphore sur son tempérament, ou une simple exagération poétique ; quoi qu'il en soit, plus de la moitié des familles nobles féreldiennes se prétendent descendantes d'Hafter et bon nombre d'entre nous voient donc dans les loups des parents éloignés. Or c'est la moindre des choses que d'être poli envers ses cousins.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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116 - Géographie féreldienne


Le royaume de Férelden est la nation civilisée la plus au sud de Thédas, quoique pour certains érudits, "civilisée" soit un bien grand mot. C'est peut-être le royaume le plus isolé géographiquement de tout le continent : à l'est, l'océan d'Amaranthine, au nord la Mer d'écume et au sud les terres sauvages de Korcari, vaste tourbière l'été, labyrinthe pernicieux de cours d'eau gelés l'hiver. Les Dorsales de givre gardent la frontière ouest et seule une étroite plaine entre monts et mer permet de se rendre en Orlaïs.

La majeure partie des terres au centre du royaume - les "fiefs bannerets" - est constituée de plat-pays, que sillonnent les restes d'une grand-voie tévintide reliant jadis Val Royeaux à Ostagar, à la lisière des terres sauvages de Korcari. La partie occidentale de Férelden est dominée par le lac Calenhad, gigantesque caldeira remplie par le trop-plein des glaciers avoisinants. Le lac Calenhad abrite la célèbre forteresse de Golefalois ainsi que la place forte de Kinloch, siège du Cercle des mages féreldien.

A l'est se trouve la vaste forêt de Bréciliane, que les superstitions locales disent hantée, et dont émerge le Pic du dragon, une montagne isolée qui garde Dénérim, la capitale.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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117 - Les Marches libres


Les Marches libres ne sont pas un royaume, ni même une nation au sens littéral. Les habitants du cru n'apprécient d'ailleurs guère le collectif de "Marchéens" qui les désigne. Il s'agit plutôt d'un conglomérat de cités-Etats indépendantes, unies seulement lorsque le besoin s'en fait sentir, à la manière des fiefs bannerets tels qu'ils existaient jusqu'à l'avènement du roi Calenhad. A ce titre, les Marches libres n'ont pas de capitale et ce qui leur sert de gouvernement central n'est qu'une entité temporaire, une sorte de Conclave assemblé uniquement en période de crise.

Je gagnais Tanterval à point nommé pour assister au Grand tournoi qui s'y tenait. J'eus ainsi le loisir d'assister à des joutes spectaculaires entre guerriers alvars et berruiers orlésiens, de voir des cavaliers des Anderfels acheter des chevaux à des Névarrans, des Antivans vendre leur artisanat à des mages tévintides. Tout Thédas était de sortie.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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118 - Politique féreldienne


Pour nos voisins, Férelden semble être une terre de chaos. Contrairement aux autres monarchies, en effet, le pouvoir n'émane pas du trône, mais du soutien des propriétaires terriens.

Chaque propriétaire choisit le bann ou le iarl auquel il jure allégeance. En règle générale, ce choix se fait en fonction de la proximité des terres avec le château du seigneur : tant qu'à payer les frais d'entretien d'une armée, autant faire en sorte qu'elle arrive à temps en cas de besoin. Pour l'essentiel, chaque génération de propriétaires choisit le même bann que son père, mais il peut arriver que ce ne soit pas le cas. L'allégeance n'est que tacite et certains banns, en particulier dans les fiefs centraux, n'hésitent pas à faire des avances aux propriétaires de leurs voisins, ce qui engendre invariablement des conflits séculaires.

Les banns ont donné naissance aux tierns, des chefs de guerre qui, dans l'antiquité, avaient acquis suffisamment d'influence pour pousser d'autres banns à leur jurer fidélité. Les tierns étaient nombreux avant l'avènement du roi Calenhad, mais ce dernier parvint à ne plus en conserver que deux : Gwaren au sud, Hautecime au nord. Ces tierns sont toujours les suzerains de banns et iarls dont ils peuvent exiger l'aide en temps de guerre ou de désastre ; en retour, les tierns sont toujours tenus de défendre leurs féaux.

Nommés par les tierns, les iarls supervisent en leur nom la défense d'une forteresse stratégique. Contrairement aux tierns, les iarls n'ont l'allégeance d'aucun bann : il s'agit simplement de banns qui jouissent d'un prestige plus important.

Le roi est, en théorie, le plus puissant des tierns. Dénérim était à l'origine le tiernir du roi, mais elle a depuis acquis un statut de simple comté, puisque le domaine du roi est à présent Férelden tout entier. Toutefois, même le pouvoir du roi est tributaire des banns.

Il suffit pour s'en convaincre d'assister à un Conclave, conseil qui rassemble tous les nobles de Férelden et qui s'est tenu chaque année sans discontinuer depuis près de trois mille ans, hormis quelques rares interruptions pour cause d'Enclin ou d'invasion. La vue d'un roi qui sollicite l'appui de ses féaux - et déploie des efforts en ce sens - ne laisse pas d'interloquer les ambassadeurs étrangers.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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119 - Les Dorsales de givre


Même les montagnes avaient jadis un coeur. Lorsque le monde était neuf, Korth le Père des cimes siégeait au pic de Bélénas, d'où il voyait tous les recoins de la terre et du ciel. Il vit des hommes forts s'affaiblir, des hommes braves céder à la lâcheté, des hommes sages perdre la raison, tout cela par amour.

Afin que jamais Korth ne fût trahi par son propre coeur, il se l'arracha et le dissimula où nul n'oserait jamais le chercher. Il l'enferma dans un coffre d'or qu'il enfouit sous terre et érigea autour, pour le protéger, des montagnes comme le monde n'en avait jamais connu : les Dorsales de givre.

Mais sans son coeur, le Père des cimes céda à la cruauté. Il n'était plus en son sein que vents montagnards acérés qui hurlaient et gémissaient tels des âmes en peine. La nourriture avait perdu sa saveur, la musique sa beauté, les hauts faits leur bravoure. Il envoya avalanches et tremblements de terre pour tourmenter les tribus humaines. Dieux et hommes se dressèrent contre lui, l'accusèrent de tyrannie ; mais faute de coeur, Korth était immortel. Bientôt, plus aucun homme, plus aucun dieu n'osait défier Korth.

La Dame des cieux manda aux meilleurs de ses enfants - les plus agiles, les plus rusés, les plus rapides - de sillonner les montagnes en quête du coeur manquant, et durant un an et un jour, ils cherchèrent sans trêve. Mais hirondelle comme corbeau, vautour comme aigle, goéland comme albatros lui faisaient tous le même constat d'échec.

C'est alors que la perdrix des neiges prit la parole et se proposa de retrouver le coeur du chef-dieu. Les autres se rirent de ce minuscule oiseau, trop humble pour prendre son envol, qui passe la moitié de son temps à sautiller au sol. La Dame refusa de donner sa bénédiction à la petite créature, car les montagnes étaient trop dangereuses même pour les aigles ; mais la perdrix des neiges partit néanmoins.

L'oiseau voyagea au plus profond des Dorsales de givre. Lorsqu'il ne pouvait voler, il marchait tant bien que mal. Agrippé au sol pour endurer les pires vents des montagnes, il parvint finalement dans la vallée où battait le coeur. Après tous les méfaits du dieu, il était beaucoup trop lourd pour que l'humble perdrix le rapportât ; aussi lui fit-elle quitter la vallée en le faisant rouler, petit à petit, tant et si bien qu'il dévala un à-pic. Et lorsque le coffre d'or toucha le sol, il se fracassa. Gorgé comme il était, le coeur était sur le point d'éclater. De douleur, le dieu de la montagne vint découvrir ce qui était survenu.

Lorsque Korth approcha de son coeur, celui-ci regagna d'un bond sa poitrine. Alors, Hakkon Vintervind enserra la poitrine de Korth de trois bandes de fer et trois bandes de glace, afin que plus jamais il ne pût s'échapper. Et tous les dieux restants louèrent la perdrix des neiges plus encore que l'aigle le plus noble.

--"La perdrix des neiges - conte alvar", tiré de Férelden : folklore et Histoire de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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120 - Gwaren


La communauté humaine de Gwaren est construite directement par-dessus un avant-poste nain du même nom. Avant le premier Enclin, en un temps où Férelden n'était même pas encore une nation, divisé qu'il était entre tribus barbares, cet avant-poste permettait aux nains d'accéder aux routes du sel de l'océan d'Amaranthine. Peu disposés à se rendre en surface, les nains conclurent un accord avec le tiern local qui prévoyait la construction d'un port et l'établissement par les humains d'une voie de transport entre les navires et l'avant-poste souterrain. Gwaren devint ainsi un endroit prospère, d'une richesse extraordinaire.

Lorsque, durant l'Ere des Divines, les royaumes nains tombèrent aux mains des engeances et que les Tréfonds furent fermés, les nains disparurent de Gwaren. La communauté humaine que jalousaient les tribus barbares alentour fut prise d'assaut et mise à sac.

Toutefois, la ville survécut et, malgré sa position excentrée, resta une importante productrice de poisson et de bois. Première communauté libérée par le roi Maric et Loghain durant la rébellion féreldienne, Gwaren échut finalement à Loghain lorsqu'il fut nommé tiern en 9:11 du dragon.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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121 - Hautecime


Le château de Hautecime fut érigé durant l'Ere des Divines, lorsque ce n'était pas un fief indépendant mais un simple avant-poste du fief d'Amaranthine, alors en pleine croissance, peu avant qu'Amaranthine ne devînt comté. L'avant-poste de Hautecime était à l'origine le domaine des Elstan, cousins des Howe. Durant l'Ere des tours, toutefois, le bann Conobar Elstan fut assassiné par son épouse Flémeth, ce qui mit fin à sa lignée. Ce fut alors à Sarim Cousland, capitaine de la garde de Conobar, qu'échurent les terres et le titre.

Les Cousland déclarèrent leur indépendance vis-à-vis d'Amaranthine, au prix d'une guerre de 30 ans. Lorsque la paix revint, Hautecime était seule maîtresse d'elle-même, en possession de la moitié des terres qui constituaient jusque-là le sud-ouest d'Amaranthine.

Hautecime devint tiernir durant l'Ere des ténèbres, lorsqu'Haelia Cousland rallia les seigneurs sous sa bannière pour bouter les loups-garous hors de leurs terres et gagna au passage, presqu'accessoirement, le titre de tierna.

Aujourd'hui, Hautecime est l'un des deux seuls tiernirs encore en existence, ce qui fait de la famille Cousland la lignée la plus puissante derrière le roi.

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122 - Lac Calenhad


Les eaux du lac Calenhad sont baignées de légendes. Pour les Alvars, c'était jadis le site de Bélénas, la montagne qui trônait au centre du monde, au sommet de laquelle Korth le Père des cimes surveillait terre et ciel. Bélénas disparut durant la bataille entre Korth et le serpent Nathramar en ne laissant derrière elle qu'un vaste cratère. Lorsque la Dame des cieux vit que Bélénas avait disparu, elle pleura et de ses larmes remplit le cratère. Le lac était né.

Les Tévintides croyaient que les eaux du lac Calenhad étaient bénites par Razikaal, dieu des mystères, et qu'en boire conférait une prescience temporaire. C'est pour cette raison qu'ils construisirent la grande tour sur une île au milieu du lac, en espérant que les pouvoirs de ces eaux concourraient à leurs recherches magiques.

Mais la plupart d'entre nous connaissons la légende du roi Calenhad, qui a donné son nom au lac. Il est dit que Calenhad Theirin passa un an et un jour dans la tour des mages. Chaque jour, il remplissait un calice d'eau qu'il apportait aux Formori au sommet de la tour ; et chaque jour était forgée une unique maille de la cotte que le Cercle donna à Calenhad. Ceint de cette armure faite de l'énergie pure de ce lieu, il devenait invulnérable aux flèches et au fer tant qu'il restait en terre féreldienne.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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123 - Lothering


Dans l'ancien temps, Lothering n'était guère plus qu'un comptoir commercial qui servait la forteresse d'Ostagar au sud. Aujourd'hui, le village a pris de l'importance ; il sert Golefalois ainsi que la communauté de marchands et de nains en surface à proximité d'Orzammar. Son emplacement sur la route du septentrion lui confère une valeur stratégique, aussi le contrôle de Lothering a-t-il donné lieu à des contentieux entre le sud du bannorn et le comté des Marches du sud. Dans l'Ere des exaltés, le roi Calenhad lui-même intervint pour accorder le village aux Marches du sud, ce qui mit un terme au conflit, du moins en apparence.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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124 - Sa Majesté Maric Theirin


Il est difficile de faire la part des choses entre mythe et réalité. Dernier survivant de la lignée du roi Calenhad, le Chevalier d'argent, Maric bouta les forces orlésiennes par-delà les frontières féreldiennes, monta sur le trône et libéra notre peuple de la tyrannie. Tout ceci est à la fois vérité et exagération.

Fils de la reine rebelle Moïra, il naquit en cachette près de la Croisée de Cathal et grandit dans les campements rebelles, hors-la-loi en son propre pays. Lorsque mourut la reine rebelle, Maric hérita de ses nobles sans abri, de ses mécontents, de ses propriétaires terriens dépossédés ; avec l'aide de son ami Loghain Mac Tir, il en fit une armée.

Après le tournant que fut la bataille de la Dane, Maric s'empara du trône. Il épousa Rowan, fille de Rendorn Guerrin, iarl de Golefalois, et entama la longue et laborieuse reconstruction de tout ce qu'Orlaïs avait détruit durant ces 70 années d'occupation.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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125 - Le Névarra


A quatre reprises je tentai de franchir la frontière Orlaïs-Névarra, et à quatre reprises je fus refoulé par les berruiers. Je décidai donc d'emprunter une voie détournée : revenir en Férelden par bateau, puis en prendre un autre pour gagner le Névarra. Le résultat en valait largement la chandelle.

Tout le pays déborde littéralement d'oeuvres d'art, des statues de héros qui pavent les rues même des villages les plus arriérés jusqu'à l'éblouissant Collège des mages de Combrelande, tout en dorures. L'endroit le plus spectaculaire est peut-être cette vaste nécropole au sortir de la capitale. Contrairement à la plupart des disciples d'Andrasté, les Névarrans ne brûlent pas leurs morts ; ils les embaument précautionneusement et les enferment dans des tombes grandioses. Certains Névarrans parmi les plus riches entament dès leur jeune âge la construction de leur propre tombe, qui devient alors un incroyable palais doté de jardins, bains-douches et salles de bal, à jamais silencieuses, destinées aux seuls morts.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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126 - Familles nobles de Férelden


L'occupation laissa dans son sillage des châteaux déserts. Des familles au complet furent massacrées lors de l'invasion et tous ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient courber l'échine devant le roi fantoche de l'empereur furent déclarés traîtres et chassés. Bon nombre de lignées prirent fin sur la lame d'un berruier, qui dans la poussière d'un croisement, qui au milieu d'une clairière, qui parmi ses cultures.

De l'autre côté, les opportunistes.

Pour s'attirer les faveurs de leurs nouveaux maîtres, certains nobles prirent les armes contre leurs frères. Ils trahirent et assassinèrent la reine rebelle, ce qui créa plus encore de terres et de titres vacants lorsque le roi Maric rendit la justice.

Car si Férelden parvint à ne pas s'effondrer après le départ des Orlésiens, c'est bien grâce à la force de Maric. Les vieilles familles en voulaient toujours à ceux qui s'étaient ralliés à l'empereur ; quant aux nouvelles familles qui avaient obtenu des titres, elles passaient pour des intrus. Les Conclaves qui suivirent le couronnement de Maric furent tendues, pour ne pas dire plus.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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127 - Les Anciens dieux


Dumat, dragon du silence.
Zazikel, dragon du chaos.
Toth, dragon du feu.
Andoral, dragon des esclaves.
Urthëmiel, dragon de la beauté.
Razikaal, dragon du mystère.
Lusacan, dragon de la nuit.

Il y eut sept Anciens dieux, de grands dragons ailés que l'on disait maîtres de tout le monde antique. La Chantrie maintient qu'ils sont responsables du péché originel, qu'ils détournèrent par la ruse l'humanité de son véritable créateur. L'homme vit sa foi vaciller et le Créateur se détourna du monde, non sans avoir au préalable châtié les Anciens dieux en les emprisonnant à jamais sous terre.

Les érudits estiment que les Anciens dieux ont réellement existé, mais la plupart pensent qu'ils s'agissait de véritables dragons, d'anciens dragons-sires d'une puissance sans commune mesure, assez impressionnants pour pousser des peuplades entières à les vénérer. Certains prétendent même que le sommeil de ces dragons est dû à une forme d'hibernation, non au courroux du Créateur.

Quoi qu'il en soit, la légende maintient que même dans leur prison souterraine, les Anciens dieux étaient capables de chuchoter à l'oreille des hommes. L'archonte Thalsien, premier des inquisiteurs, qui affirmait avoir contacté l'Ancien dieu Dumat, se servit de la magie du sang que Dumat lui avait enseignée pour atteindre un pouvoir sans égal en Tévinter et se proclamer souverain d'un empire. En contrepartie, il établit les premiers temples dédiés aux Anciens dieux et partout, les dragons devinrent synonymes de pouvoir impérial.

A ce jour, quatre des Anciens dieux seraient devenus les archidémons corrompus des Enclins passés. Dumat, le premier et le plus terrible, fut vaincu à la bataille des Champs silencieux, Zazikel tomba à celle d'Osterburg, Toth à la bataille de Montvenaise ; Andoral, enfin, fut occis par Garahel, le légendaire Garde des ombres, durant la bataille d'Acélie. Il aura fallu aux érudits des années de débats pour identifier les archidémons ; aujourd'hui encore, il est difficile de savoir si les archidémons étaient réellement les Anciens dieux et non de simples dragons. Le seul fait avéré est que les engeances les recherchent sous terre. Si ce sont bien les Anciens dieux, comme le pensent de nombreux érudits, alors il ne reste plus que trois Enclins. Mais quand tous auront pris leur essor et trépassé, qu'adviendra-t-il ? Les Enclins cesseront-ils définitivement ? L'humanité obtiendra-t-elle enfin le pardon du Créateur ? Seul l'avenir nous le dira.

--Tiré de la "Deuxième venue des Anciens dieux" de soeur Marie, érudite chantriste, 8:50 des bontés.

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128 - L'empire orlésien


Val Royeaux compte bien des seigneurs et dames.

Et pour cause. Jadis, la hiérarchie des nobles en Orlaïs relevait de l'incompréhensible : barons, baronnes, baronnets, surbarons et une pléthore d'autres encore, chacun doté de ses propres origines et de ses nuances relatives. L'aristocratie orlésienne est ancienne et très portée sur la compétition. Toute la noblesse, qu'elle le veuille ou non, se livre à ce qu'elle appelle le "Noble jeu" : une bataille faite de réputation et de relations où chaque coup se joue à l'aide de rumeurs, où le scandale est l'arme par excellence. Un jeu qui ne pardonne aucune erreur, qui - chaque gentilhomme céans me l'a assuré - a fait couler plus de sang que toutes les guerres orlésiennes réunies.

La hiérarchie changea du tout au tout sous le règne de l'empereur Drakan, qui fonda l'Empire orlésien sous sa forme actuelle et créa la Chantrie. Aucun grand homme n'est plus vénéré en Orlaïs ; à Val Royeaux, sa statue rivalise en taille avec celle d'Andrasté. Drakan décréta que le Noble jeu minait Orlaïs et abolit tous les titres sauf le sien et ceux de seigneur et dame.

On m'a informé, non sans force gloussements complices, que cette action n'avait pas mis fin au Noble jeu comme l'escomptait Drakan : désormais, seigneurs et dames collectionnaient les titres officieux plutôt qu'officiels, tels que "le patron exalté de Tassus Klay" ou encore "oncle du champion de Tremmes". Devant la complexité et le ronflant de ces titres à rallonge, on ne peut que plaindre le pauvre portier qui devait tous les égrener à l'arrivée de chaque convive.

L'aristocratie diffère également sur d'autres points de celle de Férelden. Le droit à la souveraineté des Orlésiens provient ainsi directement du Créateur. Le concept de souveraineté par mérite leur est étranger, de même que celui de rébellion. Qui n'est pas noble aspire à l'être, ou du moins à s'attirer les bonnes grâces d'un noble, et cherche en permanence à nouer des relations avec ses supérieurs dans le Noble jeu.

Je m'aperçois que je n'ai pas évoqué les masques. Ni les cosmétiques. Je n'ai jamais vu autant de peinturlurages hormis peut-être aux chenils de Hautecime. Mais c'est là une autre histoire.

--Tiré de "Par-delà les Dorsales" du bann Téoric des Collines occidentales, 9:20 du dragon.

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129 - Les parias


Le système de castes d'Orzammar comprend de nombreux privilégiés : nobles et guerriers avant tout, mais aussi à un moindre degré marchands, forgerons et mineurs. La tradition dicte une hiérarchie évidente. Or toute culture ayant ses nantis comporte également des défavorisés ; ces miséreux, appelés "parias", sont dits être les descendants des criminels et autres indésirables, ce qui leur vaut un mépris unanime. Ils se sont installés dans un endroit nommé "les Taudis", un quartier pouilleux en périphérie des zones communes d'Orzammar.

Dans la société d'Orzammar, les parias sont plus bas encore que la caste des serviteurs (les parias ne sont d'ailleurs pas jugés assez honorables pour devenir serviteurs). Pour signifier que ces enfants bâtards ne valent guère mieux que des animaux, on leur marque le visage à la naissance. Dans leur quartier, dont le nom de Taudis n'est pas usurpé, le crime prolifère, organisé ou non. dau. Les gardes d'Orzammar ne semblent pas daigner en patrouiller les rues. Le destin le plus enviable qu'un paria peut espérer est de vivre au service d'un seigneur du crime local, quitte un jour à mourir d'une mort violente ou d'un abus de bière au lichen toxique.

Néanmoins, un maigre espoir subsiste, une échappatoire sous forme d'ascension sociale. La caste d'un nain est déterminée par celle de son parent de même sexe ; ainsi, le fils d'un noble naît noble lui aussi. Etrangement, les femmes parias sont autorisées à pratiquer les arts de l'amour courtois afin de courtiser nobles et guerriers : on les appelle "coureuses de nobles". Tout garçon né de cette union représente un heureux événement, compte tenu de la médiocre fertilité des nains. La mère et toute sa famille sont logées parmi la maison du père, sans pour autant être promues à sa caste. Les femmes parias qui se livrent à cette activité portent même un nom : "coureuses de nobles".

Les nains tels que nous les connaissons à la surface passent aussi pour parias dès leur départ d'Orzammar, ce qui n'importe toutefois qu'à ceux qui reviennent... si tant est qu'on les autorise à revenir. Les nains qui partent en surface, ou "surfaciens", perdent leur affinité avec la Pierre et la faveur de leurs ancêtres ; aussi ne méritent-ils guère que pitié, car il est dit qu'ils ne rejoignent pas la Pierre à leur mort. Triste existence en vérité, vue sous cet angle.

--Tiré de "Entre nains et pierre" de frère Génitivi, érudit chantriste.

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130 - Les castes


Qui se rend à Orzammar doit garder à l'esprit que la société naine est fondée sur une hiérarchie autrement plus complexe que la nôtre. Il est facile d'insulter lourdement autrui en se méprenant sur son statut. Pareille bévue se soldant souvent par la perte d'un membre ou la mort, je me propose d'éviter cette déconvenue à mes lecteurs.

La société d'Orzammar est divisée en nobles, guerriers, forgerons, artisans, mineurs, marchands et serviteurs. Sans doute pensez-vous que ces distinctions valent également chez nous ; or c'est là une erreur qui peut être lourde de conséquences. Certes, nobles, artisans, marchands se retrouvent dans notre société, souvent de père en fils ; mais les fils de nobles peuvent choisir de se faire artisans ou soldats, les fils de marchands d'intégrer l'armée ou de devenir apprentis d'un artisan, voire domestiques. Leur libre arbitre a beau être limité par leur naissance, il existe néanmoins.

Là où la plupart des humains ont le choix, tout est déterminé à la naissance chez les nains. Nul ne peut devenir forgeron qui n'est pas né dans la caste des forgerons. Un serviteur qui épouse une noble ne deviendra jamais noble ; ses filles naîtront nobles, mais ses fils serviteurs, car la caste d'un enfant est déterminée par celle du parent de même sexe.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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131 - Vie quotidienne à Orzammar


Les nains d'Orzammar n'ont guère en commun avec ceux des cités humaines. Bien qu'Orzammar tire son opulence du commerce avec les royaumes humains, tout nain qui se rend en surface est immédiatement destitué de son statut social. Les marchands nains sont à ce point omniprésents dans les cités humaines qu'on en vient à croire qu'ils ont le monopole du commerce, ou que toute leur race vénère l'argent et la fortune ; mais ces nains "surfaciens" sont des individus atypiques, qui ont accepté de couper tous leurs liens avec leur sang et de sacrifier leur statut sur l'autel des affaires.

Sous terre, les nains sont un peuple obsédé par l'honneur, en leur nom comme en celui de leur famille. La plupart des nobles se ceignent de cottes de mailles même en soirée, car affronts et insultes se résolvent généralement dans le sang.

Ce peuple révère l'excellence et s'efforce de la cultiver en toute chose. Même la caste des serviteurs a connu ses Hauts, d'ordinaire posthumes, en reconnaissance de services rendus.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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132 - Tréfonds


Aucun nain de ce monde n'a souvenir des Tréfonds en leur état ancien, ce réseau de tunnels qui connectait les thaigs. Pour être honnête, le terme "tunnels" ne leur fait pas justice : ce sont des oeuvres d'art dont la géométrie des murs témoigne de siècles d'élaboration, ornées de statues des Hauts qui veillent sur les voyageurs, éclairées et chauffées par les mouvements magmatiques. Les matelumes de la surface vantent la Voie impériale construite par les inquisiteurs, cette route surélevée qui parcourait des milliers de kilomètres, incontestablement l'oeuvre de la magie. Peut-être est-elle comparable aux Tréfonds, bien que les nains n'aient pas eu à recourir aux arcanes.

J'imagine que cela n'a plus d'importance : aujourd'hui, les engeances sont maîtres des Tréfonds. Lorsqu'Orzammar en scella les accès, ainsi qu'à tout ce qui se trouvait au-delà, nous abandonnâmes à jamais notre royaume d'antan à cette vermine noire. Quand je pense qu'aujourd'hui même, Bownammar grouille de genlocks qui abattent nos statues et profanent nos chefs-d'oeuvre ! La corruption recouvre tout ce que nous y avons érigé. Chaque nain qui tente une expédition dans les Tréfonds remarque qu'année après année, leur infâme présence se propage.

Et les matelumes croient les engeances parties pour la seule raison qu'elles n'affluent pas à la surface ? Tss. Un jour, quand Orzammar aura disparu corps et bien, ils comprendront leur erreur. Les engeances n'auront d'autre choix que de remonter, et elles ne s'en priveront pas. Ceux de la surface seront pris dans un Enclin éternel.

--Transcription d'un entretien avec un membre de la caste naine des mineurs, 8:90 des bontés.

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133 - la cité d'Orzammar


Les nains sont réputés pour leur artisanat, dont la cité d'Orzammar est l'un des plus brillants exemples. Nichée au coeur des Dorsales de givre, à des lieues sous la surface, elle est bâtie autour du palais royal, lui-même construit sur une cheminée volcanique dont la roche en fusion illumine et chauffe en permanence toute la caverne.

Le niveau supérieur d'Orzammar abrite la caste noble, dont les domaines s'étendent de part et d'autre de la cour royale, ainsi que le Façonnat, dépositaire de tout le savoir nain.

Le niveau inférieur a pour nom Cornal roturier ; la caste des marchands y tient commerce et les artisans y vendent leurs plus belles pièces. Au centre du fleuve de lave, connecté au Cornal roturier par une chaussée, la Lice est une arène sacrée où les nains, en vertu d'une ancienne tradition, règlent leurs différends.

Les parias de la cité vivent sur l'une des rives du fleuve de feu, dans les ruines délabrées d'anciens palais nains qu'ils appellent les Taudis. Qui traverse le fleuve accède aux Tréfonds, qui reliaient jadis le gigantesque empire nain et que des siècles d'incursions d'engeances ont aujourd'hui scellés. Tout le savoir que recelait ce réseau de passages souterrains est aujourd'hui perdu, même pour ses constructeurs.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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134 - La perte de Kal Sharok


L'an 1155 de l'Empire tévintide sera l'année des dilemmes déchirants, mais nous ne pouvons nous permettre d'hésiter. Jamais nous n'avons connu plus grave menace que celle qui plane aujourd'hui. Si nous tombons, toute trace de la gloire de nos ancêtres disparaîtra. Orzammar doit faire front, et faire front seule. Nous avons perdu tout contact d'Hormak, de Kal Sharok, de Gundaar : il nous faut supposer qu'elles sont tombées à la horde et sceller le maillon faible de notre défense, les Tréfonds qui nous rattachent à nos frères déchus. J'ai ordonné à nos meilleurs experts en démolition de poser les charges. Je demande à ce que chacun d'entre vous songe à ceux que nous avons perdus. Ils ont été l'avertissement qui nous a forcés à réagir, et je sais que la Pierre les accueillera. Ils sont le fondement de notre survie et jamais nous ne les oublierons.

--Extrait d'une proclamation du Haut roi Treygal.

200 ans ! Kal Sharok a survécu, sombres gâchiards emmaisonnés. Il n'est pire haine que celle d'un frère !

--Graffiti, auteur inconnu.

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135 - Légions des morts


"Avec nous, amis de la Pierre,
Combattons ensemble et sans trêve
Dans la Légion des morts."

--Devise de la Légion des morts.

La Légion accepte tout un chacun.

C'est du moins ce que m'affirma l'un des légionnaires, un nain qui attendait patiemment à l'entrée des Tréfonds que le reste de son unité le rejoignît. Ils se rassemblèrent peu à peu, tous équipés d'une armure lourde et d'armes de qualité, le visage orné de tatouages macabres qui leur avaient été appliqués la veille, lors de leurs funérailles.

Car comme son nom l'indique, la Légion ne compte que des morts. Tout nain peut s'y enrôler à la seule condition d'être disposé à abandonner tout ce qu'il possède. Les rites funéraires, dernier adieu à sa famille et ses proches, sont sinistres : l'on y répartit les biens du défunt entre les héritiers, le défunt prononce ses dernières paroles puis c'est terminé : le nouveau légionnaire s'engouffre dans les Tréfonds pour ne plus jamais en ressortir. La Légion combat les engeances jusqu'à son dernier souffle, jusqu'à venir à bout des monstres qui ont dépossédé les nains de leurs terres.

Parmi ceux qui rejoignent la Légion, bon nombre cherchent à repartir à zéro : les criminels, pour échapper à leur châtiment ; les déshonorés, pour que leur maison et leur famille ne pâtissent pas de leur faute ; les ruinés, pour éponger leurs dettes. Quelques-uns, très peu, s'enrôlent pour mourir glorieusement, mais la Légion les accepte tout autant.

Ce groupe a pour ambition d'atteindre la mythique forteresse de Bownammar, jadis foyer de la Légion, associée au plus grand de leurs Hauts. La perte de ce lieu saint est le dernier affront fait aux royaumes nains ; sa reconquête serait un symbole fort pour tout Orzammar. Quoi qu'il en soit, tous ces guerriers mourront dans les Tréfonds. La perspective a de quoi méduser, et je sais à présent pourquoi les nains disent que le spectacle le plus terrifiant d'un combat est la charge de la Légion. Ils n'ont rien à perdre.

--Tiré de "Entre nains et pierre" de frère Génitivi, érudit chantriste.

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136 - Maison Aeducan, Bouclier d'Orzammar


L'Assemblée n'a jamais été aussi unanime pour nommer un Haut qu'elle le fut pour le Haut Aeducan. Nul ne contesta la motion et il n'y eut qu'une seule abstention. C'était un nain à la vertu incontestable, favori flagrant des ancêtres.

Mais à en croire une rumeur qui circule en la famille Aeducan, son Haut était profondément troublé. Sujet à des accès de mélancolie et de doute, à jamais insatisfait de ses efforts pour préserver Orzammar, il mourut affligé de ne pas avoir pu sauver les thaigs périphériques.

Avant d'être promu Haut, il n'était guère notable. Les mémoires nous enseignent qu'il n'avait jamais participé à une seule Lice, qu'il n'avait jamais cherché à s'élever au-dessus de sa caste guerrière. Les années précédant le premier Enclin, il les avait passées à réprimer les échauffourées dans les Tréfonds, à en déraciner les bandits de la surface, à mener une vie humble avec sa femme et ses filles.

Mais quand éclata l'Enclin, Orzammar se retrouva au milieu d'une violente guerre intestine dans laquelle la majeure partie de la caste guerrière fut impliquée : à la nouvelle des attaques, chaque grande maison exigea que l'armée fût envoyée défendre son thaig, chacune refusant de céder du terrain pour la sécurité des autres. L’Assemblée était à ce point dans l'impasse que les engeances purent avancer sans opposition jusqu'aux portes d'Orzammar.

Au milieu du chaos, Aeducan assuma à contrecoeur le commandement des armées. Il demanda aux mineurs de saper les tunnels envahis, aux forgerons de leur fournir des armes, sans tenir aucun compte de l'Assemblée et des nobles. C'est grâce à son initiative qu'Orzammar échappa à l'annihilation. Pour son insubordination, il fut nommé Haut.

Pourtant, il a toujours vu la défaite dans ses actes.

--Extrait de "La maison Aeducan, Bouclier d'Orzammar" de Gertek l'érudit.

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