
Il y a 28 entrées de codex du monde de Thédas, qu'on peut aussi retrouvé dans les différents volets de Dragon Age. Ces entrées sont reçues automatiquement au début du jeu.
Merci à Emmriss pour son travail titanesque sur tous les codex !
Bonne lecture !
Merci à Emmriss pour son travail titanesque sur tous les codex !
Bonne lecture !
- Les Anderfels
- Andrasté, l’Épouse du Créateur
- Antiva
- Arlathann : 1re partie
- Arlathann : 2e partie
- Par-delà le Voile : esprits et démons
- Les Corbeaux et la reine Madrigal
- Les elfes dalatiens
- Les Tréfonds
- L’Immatériel
- Fen’Harel, le loup implacable
- La culture féreldienne
- Les Gardes des ombres
- Bâtards majestueux
- La Chantrie impériale
- Lyrium
- Le Magisterium
- Le Créateur
- Névarra
- L’Empire orlésien
- Les Qunari
- Riveïn
- De la sexualité des peuples de Thédas
- Les nains de la surface
- La société tévintide
- Le Voile
- Vitaar
- Xénon l’Antiquaire
Les AnderfelsLes Anderfels sont une terre de contrastes flagrants. C'est l'endroit le plus désolé au monde, ravagé par deux Enclins qui ont rendu des pans entiers de steppes à ce point stériles qu'un cadavre ne peut même plus y pourrir, faute d'insectes et d'asticots. C'est aussi un endroit regorgeant de merveilles, tel le mont Mardain et sa gigantesque statue en stuc de notre Dame, les mains tendues pour porter une flamme éternelle ; telle aussi la forteresse de Weisshaupt, ses murs de roche vivante surplombant les plaines désertiques. À l'image de leur pays, les Andériens sont également un peuple de contrastes : les prêtres les plus dévots et les soldats les plus dangereux, la nation la plus pauvre au monde mais aussi la plus redoutée. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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Andrasté, l’Épouse du CréateurJadis existait sur la côte de la Mer d'écume un minuscule village de pêcheurs dont l'Empire tévintide réduisit les habitants en esclavage et les vendit sur les marchés de Minrathie, en n'épargnant que vieillards et infirmes. Parmi les captifs, la jeune enfant Andrasté. Elle grandit donc esclave en une contrée lointaine, puis un jour parvint à s'échapper et entreprit seule le long et périlleux voyage pour retourner en sa terre natale. D'esclave, elle devint femme d'un seigneur alamarri. Chaque jour, elle élevait aux dieux un chant pour les implorer d'aider les siens, restés esclaves à Tévinter. Les faux dieux des montagnes et des vents ne daignaient pas lui répondre, mais le dieu véritable vint à elle. Le Créateur parla. Il lui montra tout ce qu'll avait fabriqué de Sa main : l'Immatériel et le monde et toutes les créatures qui les peuplaient. Il lui fit voir que les hommes L'avaient oublié, qu'ils adoraient idoles muettes et démons, et qu'Il les avait abandonnés à leur sort. Mais sa voix Lui était parvenue et L'avait à ce point ravi qu'l lui offrait une place à Ses côtés, en tant que souveraine de la création. Mais Andrasté ne pouvait se résoudre à abandonner son peuple. Elle supplia le Créateur de revenir parmi Ses enfants, de les sauver du cruel Empire tévintide. A contrecœur, le Créateur accepta de donner à l'homme une seconde chance. Andrasté s'en retourna auprès de Maférath, son époux, et lui répéta tout ce que le Créateur lui avait révélé. Ensemble, ils rallièrent les Alamarri et marchèrent sur les seigneurs-mages de l'Empire, le Créateur à leurs côtés. L'épée du Créateur était la création elle-même : feu et inondation, famine et tremblement de terre. Partout où ils allaient, Andrasté répandait la bonne parole du Créateur et les disciples d'Andrasté se faisaient de plus en plus nombreux, jusqu'à devenir une véritable marée qui se déversa sur l'Empire. Mais lorsque Maférath s'aperçut que toute l'attention était portée sur Andrasté, le serpent de la jalousie enserra son cœur. Enfin, les armées d'Andrasté et de Maférath parvinrent aux portes de Minrathie, mais Andrasté n'était pas avec elles. En effet, Maférath avait livré en secret Andrasté aux Tévintides ; en contrepartie, l'archonte lui donnait toutes les terres au sud de la Mer d'écume. Ainsi donc, devant toutes les armées alamarri et tévintides, Andrasté fut attachée sur un bûcher et brûlée vive tandis que son époux ici-bas faisait détourner les yeux de son armée, car son cœur avait été dévoré. Mais en contemplant le bücher, l'archonte fut pris de pitié pour Andrasté. Il dégaina son épée et lui offrit la miséricorde d'une mort rapide. Le Créateur pleura la mort de Sa bien-aimée, maudit Maférath, maudit la trahison de l'humanité et se détourna à nouveau de Sa création en n'emmenant avec Lui qu'Andrasté. Depuis lors, notre Dame siège à Ses côtés et l'exhorte inlassablement à avoir pitié de Ses enfants. — Extrait des Sermons de Justinia II |
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AntivaDans le reste du monde civilisé, il est communement admis qu'Antiva n'a pas de roi. Or je puis vous assurer, aimables lecteurs, qu'il n'en est rien. La lignée royale d'Antiva est restée intacte depuis deux millénaires et demi... sauf que plus personne ne lui prête attention. La nation est effectivement gouvernée par un conglomérat de princes-marchands. Non des princes au sens littéral, mais des directeurs de banques, de grands comptoirs et de vignobles. Leur pouvoir, ils le doivent uniquement à leur fortune. Toutefois, ce n'est pas le singulier gouvernement d'Antiva qui en fait le renom, ni même ses vins d'une qualité pourtant inégalée ; non, Antiva est connue avant tout pour sa Maison des Corbeaux. Les Antivans étant réputés aptes à tout sauf au combat, l'on peut trouver une certaine ironie à ce que la nation possède les assassins les plus terribles au monde. Leur notoriété est telle qu'Antiva ne s'encombre pas d'une armée : nul roi n'ose ordonner à ses troupes d'attaquer ses frontières, nul général n'est assez fou pour prendre la tête d'une telle invasion. L'attaque aurait toutes les chances de réussir, mais ses instigateurs passeraient promptement de vie à trépas. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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Arlathann : 1re partieDu temps où les ères ne portaient ni nom, ni chiffre, notre peuple était glorieux, éternel, inaltérable. Comme le grand chêne, il manifestait constance dans ses traditions, force dans ses racines et un essor perpétuel vers les cieux. La précipitation n'a pas lieu d'être lorsqu'on a l'éternité devant soi. Ses cérémonies de culte duraient des mois. Toute décision nécessitait des décennies de débats. Une initiation pouvait durer des années. De temps à autre, nos ancêtres sombraient dans un sommeil de plusieurs siècles, sans mourir pour autant, car nous savions qu'ils arpentaient l'Immatériel en songe. En ces temps, notre peuple appelait la contrée Elvhenan, soit "les terres de notre peuple" dans l'ancien langage. Au centre du monde, l'immense cité d'Arlathann, lieu de savoir et de débat où les plus sages des anciens elfes se retrouvaient pour partager leurs connaissances, retrouver de vieux amis et résoudre des désaccords qui duraient depuis des millénaires. Mais alors que nos ancêtres étaient pris dans le cycle éternel des ères, d'une vie qui, à nos yeux, se déroulait avec une lenteur insoutenable, le monde au-delà des forêts luxuriantes et des arbres immémoriaux était en plein changement. Les humains, d'abord, arrivèrent de Par Vollen au nord. Appelés shemlens ("êtres vifs") par les anciens, c'étaient de bien pitoyables créatures à la vie éphémère, Lorsqu'ils rencontrèrent les elfes pour la première fois, les humains étaient bravaches et belliqueux, prompts à s'emporter et plus encore à dégainer, trop impatients pour l'allure sereine de la diplomatie elfe. Mais les humains apportèrent avec eux pire que la guerre : nos ancêtres se révélèrent vulnérables aux maladies humaines. Pour la première fois de notre Histoire, des elfes mouraient de causes naturelles. En outre, ceux qui s'étaient employés à marchander et négocier avec les humains s'aperçurent qu'ils vieillissaient, affectés par leur vie impulsive et effrénée. Beaucoup crurent que leurs dieux les avaient jugés indignes de leur longue vie et leur avaient fait partager le sort des shemlens. Nos ancêtres en vinrent à considérer les humains comme des parasites, tout comme les humains considèrent aujourd'hui les nôtres qui vivent parmi eux. Les anciens elfes entreprirent immédiatement de fermer Elvhenan aux humains, de crainte que cette accélération de leur métabolisme ne marquât la fin de leur civilisation. — Extrait de "La chute d'Arlathann" d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeirin |
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Arlathann : 2e partieQu'est-il advenu d'Arlathann, me demandez-vous ? Hélas, nous n'en savons rien. Même nos dépositaires du savoir d'antan ne possèdent aucune archive à ce sujet. Nous ne disposons que de comptes-rendus des jours avant la chute et d'une fable évoquant le bon plaisir des dieux. Le monde humain changeait alors même que les elfes sommeillaient. De clans et tribus épars était né le puissant Empire tévintide qui, pour une raison inconnue, partit à la conquête d'Elvhenan. Quand ils envahirent la grande Arlathann, notre peuple, redoutant la maladie et la perte de son immortalité, décida de fuir plutôt que de prendre les armes. Fort de sa magie, de ses démons et même de ses dragons, l'Empire tévintide marcha sur Arlathann sans rencontrer de résistance, détruisant demeures, galeries et amphithéâtres millénaires. Les nôtres furent parqués comme des esclaves et la promiscuité avec les humains accéléra leur métabolisme jusqu'à tant que chaque captif devint mortel. Les elfes invoquèrent leurs dieux, mais en vain. Nos ancêtres ont laissé la légende suivante pour expliquer le silence des dieux : Fen'Harel, le loup implacable, seigneur des duperies, approcha les dieux du bien et du mal pour leur proposer une trêve. Les dieux du bien acceptaient de s'isoler dans les cieux, ceux du mal de s'exiler dans l'abîme, pour ne jamais plus pénétrer en terre adverse. Mais les dieux ne savaient pas que Fen'Harel comptait les trahir ; lorsqu'ils s'aperçurent de son stratagème, ils étaient confinés dans leur royaume, incapables d'interagir avec le monde des mortels. A n'en pas douter, il s'agit d'une fable, mais les elfes qui voyagent dans l'Après affirment que Fen'Harel hante toujours le monde des rêves pour veiller à ce que jamais les dieux ne quittent leur prison. Toujours est-il qu'Arlathann était tombée devant ces mêmes humains qui n'étaient que vulgaires nuisibles aux yeux de nos ancêtres. Il est dit que les magisters tévintides usèrent de leur immense pouvoir destructeur pour forcer le sol à engloutir Arlathann tout entière, au mépris d'éternités de connaissances, de culture et d'art. Tout le savoir des elfes n'était plus que souvenirs. — Extrait de "La chute d'Arlathann" d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeirin |
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Par-delà le Voile : esprits et démonsUne personne non avertie aura bien du mal à distinguer l'Immatériel des créatures qui l'habitent, sans parler des différents types d'esprits. En vérité, ces distinctions sont très subtiles, même pour les mages les plus perspicaces. Puisque les esprits ne sont pas des entités physiques et ne sont donc pas tenus de revêtir une forme donnée (voire une forme tout court), on ne peut jamais vraiment savoir ce qui est vivant et ce qui fait partie du décor ; à ce titre, il est d'ailleurs conseillé aux personnes inexpérimentées de saluer tous les objets qu'elles rencontrent. Nous avons souvent tendance à désigner, par le terme "esprit", les créatures inoffensives ou du moins peu offensives de l'Immatériel, mais en réalité, tous ceux qui résident par-delà le Voile sont des esprits. Comme le remarque le Cantique de la Lumière, tout ce qui se trouve dans l'Immatériel n'est qu'un reflet de notre monde ; un reflet maladroit, car les esprits n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils copient, aussi une bonne partie de l'Immatériel ressemble-t-elle à un manuscrit traduit puis rétrotraduit du tévintide en orlésien par des novices ivres. En règle générale, les esprits sont tout sauf complexes, du moins en l'état actuel de nos connaissances. Chacun s'attache à une facette particulière de l'expérience humaine: colère, faim, compassion, espoir, etc. Cette seule idée devient leur identité. Nous appelons démons les esprits qui s'identifient aux émotions et idées négatives de l'esprit humain. Le démon le plus commun et le plus faible que l'on rencontre dans l'Immatériel est celui de la colère. Ils ressemblent à des cocottes-minute toujours sous pression, qui n'existent que pour répandre la haine sans avoir forcément d'objet. Les démons de la faim sont un peu plus redoutables : ils ne font guère que manger ou tenter de manger tout ce qui leur passe sous la main, y compris les autres démons (la plupart du temps sans grand succès). Viennent ensuite les démons de la paresse, premières créatures intelligentes que l'on rencontre généralement dans l'Immatériel. Ils ne sont dangereux qu'en ces rares occasions où ils daignent faire l'effort de se lever pour nuire. Les démons du désir sont plus rusés et nettement plus puissants. Ils utilisent toutes sortes d'appâts pour attirer les mortels en leur royaume: richesse, amour, vengeance, selon ce que recèle le cour de chacun. Les démons les plus puissants que l'on ait rencontrés à ce jour sont ceux de l'orgueil, peut-être parce que de tous leurs congénères, ce sont eux qui ressemblent le plus aux hommes. — Tiré de Par-delà le Voile: esprits et démons de l'enchanteur Mirdromel |
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Les Corbeaux et la reine MadrigalLe premier Corbeau resta muet comme une tombe, même lorsqu'on mit des charbons ardents sur la plante de ses pieds et qu'on éplucha la peau de son visage et de ses mains avec un économe. Il préféra se mâcher la langue et mourir étouffé par son propre sang. Le deuxième prisonnier répéta ce que nous savions déjà : la reine Madrigal était partie chasser et n'était pas revenue pour participer aux festivités du soir. Son corps fut retrouvé plus tard, quatre épées d'acier plantées dans la poitrine. Je lui ai demandé ce qu'il savait du fait que l'une des quatre lames était la réplique de l'épée de miséricorde d'Hessarian. Il n'en avait pas entendu parler, ou du moins, c'est ce qu'il prétendit. Il mourut plus tard sous la torture, le sourire aux lèvres. Le troisième Corbeau avait dû se rendre compte qu'il ne quitterait pas le donjon vivant. Il semblait espérer qu'en mettant maître Fiore en colère, il réussirait à obtenir une mort rapide. Le Corbeau mit notre patience à l'épreuve en faisant des commentaires lapidaires pendant que maître Fiore essayait de travailler. A un moment, il fit une remarque sur la mère de Fiore, que je ne répéterai pas ici. Je reconnais que j'ai ressenti une certaine admiration devant sa capacité à maintenir un langage cohérent, et même quelque vivacité d'esprit sous une contrainte extrême. Dans tout ce bavardage inutile, ce troisième Corbeau mentionna cependant un point important. Sa guilde a une réputation à maintenir. Elle est impitoyable, efficace et discrète. Comment pourrait-elle maintenir une telle notoriété si ses agents avaient coutume de révéler les noms de leurs employeurs par des moyens aussi "banals" que la torture ? Cela me donna à réfléchir. Je demandai de faire une pause dans la session. Après y avoir pensé encore un peu, je poignardai l'homme dans le cœur et libérai le quatrième et le cinquième Corbeaux. Si une confession devait leur être soutirée, elle ne le serait pas par la douleur. Je recommande d'abandonner cette méthode. — Rapport du capitaine Aristide, chargé d'enquêter sur l'assassinat de la reine Madrigal d'Antiva |
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Les elfes dalatiensEn compagnie d'une caravane marchande, je quittai Val Royeaux en direction du nord et du Névarra. Deux jours n'avaient pas passé depuis la frontière orlésienne que nous fûmes attaqués par des bandits, qui apparurent sans crier gare de derrière les arbres et criblèrent de flèches nos chariots. La quasi-totalité de nos gardes moururent sur le coup ; ceux qui avaient survécu dégainèrent et chargèrent parmi les arbres, à la poursuite de nos agresseurs. Des cris retentirent, assourdis par la forêt, puis plus rien. Après un long silence, les bandits réapparurent : des elfes couverts de tatouages, vêtus de peaux, qui firent main basse sur toutes les provisions et objets précieux qu'ils pouvaient emporter avant de s'en retourner dans les bois. J'appris plus tard qu'il s'agissait des Dalatiens, ces elfes sauvages qui rôdent dans la nature à la lisière des terres habitées et détroussent voyageurs et fermiers isolés. Ils ont repris le culte de leurs faux dieux et l'on dit qu'ils s'adonnent à une magie bien à eux, au mépris de la société humaine. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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Les TréfondsAucun nain de ce monde n'a souvenir des Tréfonds en leur état ancien, ce réseau de tunnels qui connectait les thaigs. Pour être honnête, le terme "tunnels" ne leur fait pas justice : ce sont des œuvres d'art dont la géométrie des murs témoigne de siècles d'élaboration, ornées de statues des Hauts qui veillent sur les voyageurs, éclairées et chauffées par les mouvements magmatiques. Les matelumes de la surface vantent la Voie impériale construite par les magisters, cette route surélevée qui parcourait des milliers de kilomètres, incontestablement une œuvre magique. Peut-être est-elle comparable aux Tréfonds, bien que les nains n'aient pas eu à recourir aux arcanes. J'imagine que cela n'a plus d'importance : aujourd'hui, les engeances sont maîtres des Tréfonds. Lorsqu'Orzammar en scella les accès, ainsi qu'à tout ce qui se trouvait au-delà, nous abandonnâmes à jamais notre royaume d'antan à cette vermine noire. Quand je pense qu'aujourd'hui même, Bownammar grouille de genlocks qui abattent nos statues et profanent nos chefs-d'œuvre ! La corruption recouvre tout ce que nous y avons érigé. Chaque nain qui tente une expédition dans les Tréfonds remarque qu'année après année, leur infâme présence se propage. Et les matelumes croient les engeances parties pour la seule raison qu'elles n'affluent pas à la surface ? Tss. Un jour, quand Orzammar aura disparu corps et bien, ils comprendront leur erreur. Les engeances n'auront d'autre choix que de remonter, et elles ne s'en priveront pas. Ceux de la surface seront pris dans un Enclin éternel. — Transcription d'un entretien avec un membre de la caste naine des mineurs, 8:90 des bontés |
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L’ImmatérielDe tout temps, l'homme a étudié l'Immatériel, car depuis lors que nous rêvons, nous arpentons ses chemins sinueux pour parfois apercevoir brièvement la cité en son cœur, toujours à portée de main comme nos propres pensées, mais à jamais séparée de notre monde. L'Empire tévintide consacra jadis des fortunes colossales en or, en lyrium et en esclaves humains à la cartographie de l'Immatériel, entreprise qui se révéla totalement futile. Bien que ce domaine soit divisé entre puissants esprits, tout l'Immatériel est en constante mutation. L'Empire parvint à trouver les royaumes disparates et instables d'une douzaine de seigneurs démons, ainsi qu'à recenser quelques centaines de types d'esprits, avant de devoir abandonner le projet. La relation du rêveur à l'Immatériel est complexe. Même lorsqu'un mortel pénètre dans ce monde à l'aide de lyrium, il n'est pas capable d'exercer une quelconque influence. Les esprits qui y résident n'ont pas cette entrave ; toutefois, la Chantrie nous enseigne que leur faille est de n'avoir ni imagination ni ambition. Ils créent ce qu'ils voient en leur visiteur assoupi, construisent des doubles complexes de nos cités, de nos congénères, de notre vécu. Mais comme le reflet que projette un miroir, ces doubles sont dénués de contexte, de vie propre. Même les démons les plus puissants ne font que plagier les noires pensées et les peurs des mortels, et construisent leurs royaumes sans autre ambition que de goûter à la vie. — Extrait de De l'apaisement et du rôle de l'Immatériel en la culture humaine du Premier enchanteur Asymbel |
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Fen’Harel, le loup implacableNous ne connaissons que peu de choses à propos de Fen'Harel qui, dit-on, n'avait cure de notre peuple. Elgar'nan et Mythal ont créé le monde que nous connaissons, Andruil nous a enseigné les Voies du chasseur, Sylaise et June nous ont donné le feu et les façons ; Fen'Harel, lui, n'avait d'yeux que pour lui-même. Après la destruction d'Arlathann, quand il trahit les dieux et les rendit sourds à nos prières, il est dit que Fen'Harel passa des siècles en un lieu reculé de la terre, tout à sa jubilation insensée. Les légendes disent qu'avant la chute d'Arlathann, les dieux que nous connaissons et révérons s'étaient livrés à une guerre éternelle avec d'aucuns des leurs. Il n'est pas un hahren parmi nous qui se souvient encore de ces derniers: ce n'est que dans nos rêves que nous entendons murmurer les noms de Geldauran et Daern'thal et Anaris, car ce sont les Grands Déperdus, dieux de terreur, méchanceté, mépris et pestilence. En les temps anciens, seul Fen'Harel savait marcher sans peur parmi nos dieux comme parmi les Grands Déperdus, car si par son sang il était des dieux du peuple, les Grands Déperdus connaissaient sa malice et voyaient en lui l'un des leurs. Et ainsi advint-il que Fen'Harel les dupa. Aux dieux, il affirma qu'ils devaient se retrancher dans les cieux pendant qu'il négociait une trêve, et eux qui l'embrassaient comme un frère le crurent. Aux Grands Déperdus, il prétendit qu'il allait faire chuter les dieux, pourvu que ces derniers se retirent un temps dans l'abîme, et ils le crurent. Tous prêtèrent foi à Fen'Harel, et tous furent trahis. Fen'Harel les enferma pour que jamais plus ils ne puissent marcher aux côtés du peuple. — Extrait du "Triomphe de Fen'Harel", d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeirin |
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La culture féreldienneLes Féreldiens sont une énigme. Il suffirait d'un désastre pour que leur civilisation en revienne à la barbarie. Ils ont repoussé l'Empire tévintide du temps de sa gloire par leurs seuls chiens et leur obstination. Inexplicablement, ce peuple rude, obstiné, sale et désorganisé est à l'origine de trois miracles : notre Prophétesse, un siècle de lumières et la fin du plus grand empire de l'Histoire. Face à ce peuple, tout ce que vous pouvez prendre pour acquis est ce qui suit : tout d'abord, la loyauté leur importe plus que tout, plus que l'argent, le pouvoir, la raison. D'autre part, bien que leur pays ne possède rien que l'on puisse qualifier de remarquable, ils sont extrêmement fiers de leurs exploits. Sachez en outre qu'insulter leurs chiens peut motiver une déclaration de guerre. Enfin, vous saurez que vous avez sous-estimé les Féreldiens si un jour, vous croyez les avoir compris. — Lettre de l'Impératrice Célène I d'Orlais à son ambassadeur attitré à Dénérim |
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Les Gardes des ombresDepuis des mois, l'Enclin ravageait la contrée. Les armées des grands rois s'étaient amassées pour un ultime combat. Lorsque le soleil fendit les nuages qui diapraient le ciel enténébré, il illumina une horde d'engeances à perte de vue, dirigée par l'archidémon. Et c'est alors que tout semblait perdu, en cet instant où mort et désespoir allaient l'emporter, qu'apparurent les Gardes des ombres. Ils arrivèrent dans un bruissement d'ailes plus assourdissant que cent tambours de guerre, et se dressèrent devant les armées des hommes. Les Gardes des ombres, résolus et intrépides, avancèrent, éternel rempart entre hommes et engeances. De leurs corps, ils firent un bouclier, et restèrent à protéger les hommes jusqu'à la mort de l'archidémon et de toutes ses engeances. Cet exploit accompli, sans demander ni récompense ni reconnaissance pour leur sacrifice, les Gardes des ombres s'en retournèrent. Lorsqu'enfin les nuages se dissipèrent et que le soleil embrassa de nouveau la contrée, les grands rois surent qu'ils n'avaient pas perdu un seul homme, qu'aucune goutte de leur sang n'avait été versée. Le combat qu'évoque ce récit, les Gardes des ombres ne l'ont jamais livré, et pourtant il transparait dans toutes leurs batailles. Ils nous ont toujours défendus contre les engeances, en subissant les pertes à notre place. — Adaptation d'une légende sur les Gardes des ombres Le récit présenté ci-dessus est largement répandu, bien qu'il soit sujet à des variations régionales. Les Marchéens remplacent parfois les "grands rois" par des titres correspondant à ceux de leurs cités-États. Certaines versions de Férelden font état de seulement deux Gardes au lieu d'une armée entière, une représentation des héros nationaux qui ont vaincu l'archidémon à Dénérim lors du cinquième Enclin. Le "bruissement d'ailes" fait référence aux griffons que les gardes auraient chevauchés au combat. Bien que ces créatures aient disparu longtemps avant le dernier Enclin, elles figurent encore dans de nombreuses histoires, soit pour servir de métaphore au courage sans bornes des Gardes, soit pour satisfaire un public qui en redemande toujours. — Extrait de Récits des Gardes de soeur Manon |
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Bâtards majestueuxJe me souviens de l'avant-dernière. Je ne me serais pas approché à moins de soixante pieds, deux fois son envergure. Ça vous laisse le temps de bouger. La bête était trop faible pour faire quoi que ce soit. Pourtant, ça paraissait respectueux de maintenir une certaine distance et de laisser un périmètre pour la bête et son entraîneur. Elle est morte de faim. C'est pas comme ça qu'elles devraient partir, et je n'avais pas l'habitude de les voir dans cet état. Oh, c'étaient des bâtards majestueux, et ils le savaient bien. Demandez à n'importe quel Garde qui s'est retrouvé cul pardessus tête pour n'avoir pas assez pris soin de sa bête. Vous voyez, l'entraîneur et la bête ne formaient qu'un, et ils savaient tous les deux ce qu'ils voulaient. Pour les griffons, ce lien impliquait le pansage. Il y avait rien à faire, ils en avaient besoin, un point c'est tout. Je veux dire, qu'est-ce qui est équitable quand il s'agit de mettre en selle un commandeur-garde avec toute son armure de plates pour foncer comme l'éclair et plonger droit dans l'aile d'un archidémon ? C'est légendaire, y a pas à dire ! Mais de retour au sol, ils savaient qu'on leur était redevable. Vous pouviez pas essayer de gagner du temps en les arrosant: si on leur imbibait les ailes, ils avaient le charisme d'un rat qui patauge dans une flaque. Non, la tâche était ardue et consistait à lisser des fichues ailes de trente pieds de large. Et il valait mieux ne pas oublier de le faire, ou la bête vous en voulait tellement qu'au prochain vol, elle frôlait un chêne de si près que vous vous retrouviez avec une bosse si dure qu'elle déformait votre heaume. Pourtant, quand on met tout ça dans la balance, avec les serres acérées, ils étaient incomparables. Une fois dans le ciel, vous pouviez vous pencher pour cueillir tout Thédas dans le creux de la main. Et donc, oui, je me souviens de l'avant-dernière. Quand elle est tombée, les robes l'ont disséquée, parce que c'est ce qu'ils font. Puis on l'a brûlée. Ensuite, je me suis pris une biture. Je ne me souviens pas du tout dernier. Et vous ne m'y forcerez pas. — Commentaires d'un Garde des ombres anonyme, extraits des archives de Weisshaupt sur l'extinction d'une espèce adorée, mis à disposition du public par Philliam, barde de son état ! |
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La Chantrie impérialeD'aucuns prétendent que la Chantrie est pareille ailleurs qu'ici, que la Divine de Val Royeaux règne sans partage aux yeux du Créateur et que nul en Thédas n'en a jamais douté. Ne les croyez pas. "La magie doit servir l'homme, et non l'asservir": ce deuxième commandement du Créateur n'a jamais revêtu le même sens dans l'ancien Empire tévintide que dans le reste du monde. Pour la Chantrie locale, il fallait comprendre que les mages ne doivent pas contrôler l'esprit d'autrui et s'efforcer en toute chose de mettre leur magie au service des souverains. Lorsque les prêtresses tévintide modifièrent le Cantique de la Lumière pour refléter cette interprétation du commandement, la Divine de Val Royeaux leur ordonna de s'en tenir au Cantique d'origine. Elles refusèrent, prétextant la déchéance de Val Royeaux; en l'an 3:87 des tours, après une escalade constante du conflit, la Chantrie tévintide élut à sa tête un dirigeant "légitime et non corrompu", un homme et de surcroît l'un des membres les plus influents du Cercle des mages tévintide : le Divin Valhail. Inutile de dire que la simple existence de ce "Divin noir" passa pour un blasphème hors des frontières de Tévinter. Après quatre Marches exaltées pour venir à bout de ces "rebelles", la Chantrie de Val Royeaux n'était parvenue qu'à entériner la séparation. Si les préceptes de la Chantrie impériale sont identiques dans les grandes lignes à ceux de la Chantrie traditionnelle, ils répriment moins la magie et cautionne les prêtres masculins. C'est aujourd'hui le Cercle des mages qui gouverne directement Tévinter, depuis qu'en 7:34 des tempêtes, l'archonte Nomaran fut élu directement parmi les rangs des enchanteurs, sous un tonnerre d'applaudissements de la populace, et ce malgré les anciennes règles qui interdisaient aux mages de se mêler de politique. En l'espace d'une ère, les véritables souverains des diverses maisons impériales - les mages - assumaient leur place ouvertement au sein du gouvernement. Le Divin impérial continue à être nommé parmi les Premiers enchanteurs et endosse le double manteau de Divin et de Grand enchanteur. Aux yeux de tout chantriste non tévintide, c'est là une suprême hérésie, un retour à l'ère des magisters qui nous a valu les Enclins. Mais le fait est que l'Empire tévintide, laissé à la merci des terribles Qunari, est parvenu à survivre. Tôt ou tard, les hostilités reprendront entre le Divin noir et la prétendue "Divine blanche". — Extrait des Edits du Divin noir de père David le Qarinien, 8:11 des bontés |
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LyriumLe lyrium est le seigneur des métaux. Sous nos pieds, il n'a de cesse de chanter. Lorsqu'il est raffiné par des mains expertes, il se transforme en un liquide argenté, à la fois lisse et chatoyant. La caste naine des forgerons l'allie à de l'acier pour confectionner des armures indestructibles et des lames qui perdurent à travers les âges. Le Façonnat, quant à lui, en fait un gardien de la mémoire vivante. Certains érudits, enfin, le conservent tel quel, comme preuve que le lyrium est bel et bien vivant. Le plus lucratif est de mettre du lyrium entre les mains des Formori, qui l'associent à des métaux de base comme l'or, l'argentide, le véridium ou même le fer, pour produire des enchantements. Bien que les mages s'en servent évidemment sous sa forme diluée pour renforcer leurs capacités, ce n'est pas recommandé. L'abus de lyrium peut être dangereux, surtout utilisé en grandes quantités. Il est déconseillé par exemple à un lecteur de manipuler du lyrium brut qui tue souvent par simple contact. — Extrait du Manuel de l'alchimie appliquée à la métallurgie, Tome I par le seigneur Cerastes de Marnas Pell |
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Le MagisteriumLes gens qui vivent hors des frontières de l'Empire tévintide pensent souvent à tort qu'un "magister" est simplement un mage, et qu'il suffit d'être mage pour faire partie de la classe dirigeante. Cette idée fausse a sans doute été renforcée par certains tévintides qui, en se prévalant de ce titre en terre étrangère, escomptaient se draper de l'aura qu'il confère. En vérité, le titre de magister revient aux personnes qui siègent au Magisterium, chambre haute du sénat impérial et institution responsable de promulguer les lois, ainsi que de choisir un nouvel archonte en l'absence d'héritier approuvé. La chambre basse du sénat est le Publicanium; constituée de représentants élus, elle n'a aucun pouvoir réel et reste considérée comme un appareil purement bureaucratique. Les magisters sont issus du Cercle des mages et de la Chantrie impériale, mais la plupart héritent leur siège d'un ancêtre lointain, qui l'a reçu par la faveur d'un archonte il y a bien longtemps. Il n'est pas techniquement indispensable qu'un magister soit un mage... et de fait, après la Transfiguration qui a vu l'abandon des anciens dieux et l'avènement du culte andrastien, la plupart n'en étaient pas. Depuis l'Ère des tours, cependant, les non-mages ont été progressivement évincés du Magisterium. Un vrai magister est donc aujourd'hui une figure du pouvoir tévintide. Tous les autres mages sont à leur service, et tout mage qui n'est pas bien né n'a aucune influence hormis celle qu'il peut se ménager de par son talent et sa fortune personnelle. — Extrait de Le Nord ancien de sœur Pétrine, érudite chantriste |
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Le CréateurRien n'avait de nom Ni les cieux, ni la terre, ni l'océan ni le Soleil. Seul existait le silence. Alors la Voix du Créateur retentit, Le premier Verbe, Et son Verbe devint tout ce qui serait jamais : Rêve et idée, espoir et peur, Possibilités infinies. De cette matière, il créa ses premiers-nés. Et il leur dit : Je vous forge en Mon image Et vous octroie gouverne Sur toute Ma création. Que votre volonté Préside à toute chose. Alors au centre des cieux, Il fit jaillir Une cité aux tours d'or. Aux rues pavées de musique, Aux bannières qui flottaient sans un souffle de vent. En ce lieu Il trôna, à attendre D'admirer les merveilles Que créerait Sa progéniture. Les enfants du Créateur se rassemblèrent Au pied de Son trône d'or Et chantèrent des hymnes et louanges sans fin. Mais leur chant Était celui des pavés. Ils brillaient des reflets De l'or sur le trône du Créateur. Ils portaient haut les bannières Qui flottaient sans aide. Et la voix du Créateur retentit En l'Immatériel : J'ai façonné Mon premier-né A Mon image. Vous avez reçu mainmise Sur tout ce qui existe. La création est soumise A votre vouloir. Pourtant vous n'en faites rien. Le royaume que Je vous ai donné Est informe, inconstant. Et Il sut que Son ouvrage avait failli. Aussi le Créateur se détourna-t-ll de ses premiers-nés Et prit à l'Immatériel Une once de sa chair vivante Qu'll plaça loin des esprits. Et telles furent Ses paroles : En ce jour, Je décrète Qu'il est opposition en toute chose : Pour la terre, le ciel Pour l'hiver, l'été Pour les ténèbres, la Lumière. Seule Ma volonté peut rompre l'équilibre Et insuffler au monde une nouvelle vie. Et le monde n'était plus informe, inconstant, Mais solide, immuable, Doté de noms pour les cieux et la terre, l'océan et le Soleil. Pour finir, le Créateur Façonna dans le monde tangible L'homme. Aussi immuable que la terre, A l'âme peuplée de rêves et idées, espoirs et peurs, Possibilités infinies. Alors le Créateur dit: A toi, mon deuxième enfant, Je lègue ce don : En ton cœur brûlera Une flamme inextinguible Dévorante et jamais satisfaite. Je t'ai façonné de l'Immatériel, Et à l'Immatériel tu reviendras Chaque nuit en songe Pour te souvenir à jamais de Moi. Alors le Créateur ferma à jamais les portes De la Cité d'Or Et en ce lieu Il trôna, à attendre D'admirer les merveilles Que créerait Sa progéniture. — Oraisons 5:1-8 |
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NévarraÀ quatre reprises je tentai de franchir la frontière Orlaïs-Névarra, et à quatre reprises je fus refoulé par les berruiers. Je décidai donc d'emprunter une voie détournée : revenir à Férelden par bateau, puis en prendre un autre pour gagner le Névarra. Le jeu en valait largement la chandelle. Tout le pays déborde littéralement d'œuvres d'art, des statues de héros qui pavent les rues mêmes des villages les plus arriérés jusqu'à l'éblouissant Collège des mages de Combrelande, tout en dorures. L'endroit le plus spectaculaire est peut-être cette vaste nécropole au sortir de la capitale. Contrairement à la plupart des disciples d'Andrasté, les Névarrans ne brûlent pas leurs morts: ils les embaument précautionneusement et les enferment dans des tombes grandioses. Certains Névarrans parmi les plus riches entament dès leur jeune âge la construction de leur propre tombe, qui devient alors un incroyable palais doté de jardins, bains-douches et salles de bal, à jamais silencieuses, destinées aux seuls morts. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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L’Empire orlésienVal Royeaux compte bien des seigneurs et dames. Et pour cause. Autrefois, la hiérarchie nobiliaire à Orlaïs relevait de l'incompréhensible : barons, baronnes, baronnets, surbarons et une pléthore d'autres encore, chacun doté de ses propres origines et de ses nuances relatives. L'aristocratie orlésienne est aussi ancienne que compétitive. Toute la noblesse, qu'elle le veuille ou non, s'adonne à ce qu'elle appelle le "Noble jeu" : une guerre de réputation et de relations qui se livre à coups de rumeurs, le scandale étant l'arme par excellence. Aucune erreur n'est donc permise dans ce jeu qui a fait couler plus de sang que tous les conflits armés jamais menés par Orlaïs. La hiérarchie changea du tout au tout sous le règne de l'empereur Drakan, qui fonda l'Empire orlésien sous sa forme actuelle et créa la Chantrie. Aucun grand homme n'est plus vénéré en Orlaïs ; à Val Royeaux, sa statue rivalise en taille avec celle d'Andrasté. Drakan décréta que le Noble jeu déchirait Orlaïs et décida d'abolir tous les titres, sauf le sien et ceux de dame et seigneur. On m'a informé, non sans quelques gloussements satisfaits, que cette mesure n'avait pas mis fin au Noble jeu comme l'escomptait Drakan. Désormais, seigneurs et dames collectionnaient les titres officieux plutôt qu'officiels, tels que "patron exalté de Tassus Klay" ou encore "oncle du champion de Tremmes". Devant la complexité et le ronflant de ces titres à rallonge, on ne peut que plaindre le pauvre portier du bal qui doit tous les égrener à l'arrivée de chaque convive. L'aristocratie diffère également de celle de Férelden sur d'autres points. Le droit des Orlésiens à la souveraineté provient directement du Créateur. Le concept de souveraineté par mérite leur est étranger, de même que celui de rébellion. Qui n'est pas noble aspire à l'être, ou du moins à s'en attirer les bonnes grâces, et cherche en permanence à nouer des relations avec ses supérieurs dans le cadre du Noble jeu. Et parlons des masques. Et des cosmétiques. Je n'ai jamais vu autant de peinturlurage, hormis peut-être aux chenils de Hautecime. Mais c'est une autre histoire. — Extrait de Par-delà les Dorsales du bann Téoric des Collines occidentales, 9:20 du dragon |
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Les QunariDe tout Thédas, les fidèles du Qun sont probablement le groupe qui donne naissance au plus grand nombre de malentendus. Certes, les guerres qunari furent toujours brutales, mais pas plus que ne le fut le Schisme de la Chantrie. Ni la chute de l'Empire, d'ailleurs. Certains de ces malentendus relèvent de leur nature même : la race que l'on nomme "qunari" est tout bonnement impressionnante. La nature les dota de cornes menaçantes, plantant d'étranges yeux sur leur face, si bien que les incultes ne voient en eux guère plus que des monstres. D'autres malentendus résultent d'un problème de langue : parmi les adeptes du Qun, ils ne sont que peu à parler la langue commune, et encore moins à la parler correctement. Dans une culture qui prône la domination pour imposer le respect, il est peu dire que les connaissances bancales des Qunari ne les mettent pas à leur avantage. Parmi des étrangers, la plupart préfère garder le silence pour ne pas s'exposer à l'opprobre public. Mais les principales incompréhensions résultent de leur culture en elle-même. Pour les Qunari, la société est un tout. Une entité vivante unique dont la santé et le bien-être relèvent de la responsabilité de chacun. Chaque individu qui la compose ne représente qu'une infime partie d'un tout, une goutte de sang dans une artère. Chaque individu n'est pas important en tant que tel, mais pour ce qu'il représente par rapport à la créature dans son ensemble. C'est en partie pour cela que la plupart des Qunari que l'on peut rencontrer sont engagés dans l'armée, considérée par le Qun comme l'incarnation physique du corps: des bras, des jambes, des yeux, et des oreilles... Tout ce dont une créature a besoin pour interagir avec le monde. Tout comme l'on ne peut apprendre à connaître autrui par le simple fait d'étudier un échantillon de lui, sa main ou son pied ; il est impossible de rencontrer "réellement" un Qunari tant qu'on n'a pas vu leurs cités. Car c'est là qu'évoluent l'esprit, l'âme de tout Qunari. A Séhéron et Par Vollen, on peut observer les Qunari dans leur ensemble. Là, l'union des Qunari en tant qu'entité vivante unique, qu'être unique, saute aux yeux. Les travailleurs, que le Qun désigne comme l'esprit, produisent tout ce dont a besoin un Qunari. L'âme, sorte de clergé, est en perpétuelle recherche d'une meilleure compréhension de l'être, du monde, et exhorte le corps et l'esprit à lutter sans relâche pour atteindre la perfection. Chaque individu a une place, qui lui est attribuée par le Qun, une place à partir de laquelle il doit constamment œuvrer pour le bien de la collectivité. Cette vie est une vie de certitudes, d'égalité, et non d'individualité. — Extrait des écrits de la prophétesse de Kont-aar, datés de 8:41 des bontés |
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RiveïnIl n'est nul endroit, pas même au cœur de l'Empire tévintide ou dans les rues d'Orzammar, où j'ai eu plus qu'au Riveïn le sentiment d'être étranger. Jamais le Cantique de la Lumière n'est réellement parvenu aux oreilles des Riveniens. Les années qu'ils ont passées sous le joug des Qunari ont converti une bonne partie du pays à la voie du Qun. Mais la résistance au Cantique ne s'arrête pas à la guerre qunari : les Riveniens refusent de se départir de leurs aruspices, des femmes sages qui tiennent surtout du rebouteux, communient avec les esprits et vont jusqu'à se laisser volontairement posséder. La Chantrie interdisant expressément pareilles pratiques, elle va à l'encontre de traditions millénaires riveniennes. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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De la sexualité des peuples de ThédasLe plus intéressant à mes yeux est que si la sexualité humaine reste un sujet dont on ne parle pas ouvertement, on retrouve malgré tout des points communs dans toutes les sociétés andrastiennes. Généralement, la sexualité d'un individu est considérée comme naturelle et dissociée de l'acte de procréation; il n'y a qu'au sein de la noblesse, où la fécondation est soumise à des impératifs d'héritage et d'union de familles puissantes, qu'on lui confère une importance vitale. Toutefois, même dans ces milieux, un noble qui a déjà accompli son devoir peut vivre librement sa sexualité sans soulever l'indignation générale. L'avis de l'opinion publique concernant l'homosexualité varie d'une nation à l'autre, cependant. À Orlaïs, elle est considérée comme un trait de caractère, ni plus ni moins ; à Férelden, elle peut être matière à scandale si l'union est consommée au grand jour, mais guère plus ; à Tévinter, elle est considérée comme égocentrique et déviante parmi les nobles, bien qu'elle soit encouragée activement avec les esclaves favoris de leurs suites. Quoi qu'il en soit, elle n'est interdite sur aucun territoire et le sexe de toute nature devient uniquement l'objet de jugements extérieurs lorsqu'il est porté dans son expression la plus extrême, ou lorsqu'on néglige la discrétion la plus élémentaire. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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Les nains de la surfaceÀ Orzammar, la société naine est divisée en castes bien distinctes, au sein desquelles des maisons se disputent le pouvoir et le prestige. Mais ces considérations sont réduites à néant pour les nains qui décident de quitter la Pierre pour rejoindre la surface. A ciel ouvert, l'égalité est de mise. Du moins, en théorie. La pratique est sensiblement différente. Difficile, en effet, de passer outre des milliers d'années de traditions. Même si les nains de la surface sont officiellement chassés de leur caste, beaucoup continuent à appliquer entre eux une hiérarchie similaire à celle en vigueur dans leur ancienne caste. Un plus grand respect est voué aux anciennes maisons nobles qu'aux parias opportunistes, et c'est avec mépris que les surfaciens "nobles" les plus démunis considèrent les riches de la "caste inférieure". L'aristocratie des nains de la surface se divise grossièrement en deux camps : d'un côté, la kalna, généralement issue de familles nobles ou de castes marchandes, est pour le maintien des castes et de l'échelle sociale ; et, de l'autre, les familles dominantes qui prêchent pour laisser des traditions d'Orzammar sous terre afin de croquer pleinement la vie, à la surface. Pendant des générations, maintenir des liens avec Orzammar fut considéré comme la seule bouée de sauvetage des nains de la surface. Apporter des biens de la surface à leurs pairs vivant sous terre et ramener du lyrium et du métal à la surface constituait non seulement le moyen le plus lucratif de gagner sa vie, mais également une sorte de mission sacrée, les nains de la surface ayant volontairement accepté l'exil et la perte de leur caste pour mieux servir leur maison ou leur chef. Ces dernières années, cependant, nombre de nains de la surface issus de familles dominantes, notamment, commencèrent à se mettre à leur compte. Ouvrant des banques, des sociétés de mercenaires, ou se lançant dans les caravanes commerciales, ils s'imposèrent comme investisseurs et spéculateurs dans le commerce de la surface. Ces nouvelles industries, ou plutôt, ces poules aux œufs d'or, restent malgré tout dénigrées par les familles conservatrices. En ce qui concerne les nains de la surface moins aisés, une association avec une puissante kalna permet d'ouvrir bien des portes. Ils peuvent, par exemple, être reconnus comme marchands, ou la puissante guilde marchande des nains peut leur offrir des opportunités d'emploi plus rapidement qu'à d'autres nains certes plus qualifiés, mais moins bien entourés. — Extrait du Petit guide de la bonne société pour les douairières, de dame Alcyone |
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La société tévintideVu de l'extérieur, il est facile de résumer l'Empire tévintide à ses mages et ses esclaves elfes, mais l'identité de Tévinter est triple, composée de trois mondes parfaitement distincts. Il y a donc les mages, la noblesse locale, à ce point obnubilés par les guerres de pouvoir intestines qu'ils en oublieraient presque leurs ennemis, comme les Qunari. Les altus de haute naissance méprisent les laetan, qui méprisent à leur tour les praeteri. Ils s'affrontent pour la domination du Magisterium, où les factions se font et se défont du jour au lendemain avec pertes et fracas, et où chaque famille doit afficher une citoyenneté exemplaire ou subir l'opprobre et la censure. Viennent ensuite les soporati, où "dormeurs", les citoyens non-mages qui, bien que largement majoritaires, sont entièrement soumis à la volonté des mages. Nombre d'entre eux acceptent mal leur condition et manigancent en secret contre l'élite, même s'ils espèrent secrètement que leurs enfants reçoivent le don de magie, incroyable outil de promotion sociale qui peut apparaitre chez n'importe qui, même un esclave. On oublie trop facilement que Tévinter abrite aussi une large classe de publicains, les fonctionnaires de l'empire et chefs des légionnaires. On y trouve également une caste de marchands très importante, des démunis tellement nombreux qu'ils pourraient peupler une petite nation, et les mystérieux voleurs appelés "praesumptors", qui sont traités avec un certain respect. Et enfin, il y a les esclaves. D'aucuns pourraient croire qu'ils sont égaux entre eux, mais ce n'est pas le cas. Il faut faire la distinction entre les liberati affranchis, les serviteurs personnels des magisters, ceux qui travaillent à la ferme et dans les ateliers, et les "servus publicus", chargés de toutes les tâches que refusent d'accomplir les honnêtes citoyens. Il est très difficile de se hisser au-dessus de son rang, mais les esclaves impériaux, peut-être inspirés par leurs propriétaires, feront tout pour essayer. Les castes de la société tévintide peuvent paraître futiles d'un point de vue extérieur, mais pour les citoyens de l'empire, c'est le système le plus souple de Thédas, et celui qui récompense le mieux le mérite personnel. — Extrait de À la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi |
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Le VoileJ’abhorre cette idée reçue selon laquelle le Voile est une sorte de "rideau" invisible séparant le monde des vivants de celui des esprits (qu'on lui donne pour nom l'Immatériel ou l'Après, vulgaire question de politique raciale dans laquelle je ne me risquerai pas). Il n'y a pas de "bon côté" ni de "mauvais côté" du Voile. Aucune description physique ne s'y prête, que ce soit celle d'une barrière ou d'un "mur radieux de lumière divine" (merci infiniment pour cette image, votre Perfection). Non, franchir le Voile est plutôt comme ouvrir les paupières. Avant de les ouvrir, vous voyiez notre monde comme vous le faites actuellement : statique, solide, immuable. Maintenant, vous voyez notre monde à la manière des esprits : chaotique, en perpétuelle mutation, un royaume où fantasmes et souvenirs ont autant, sinon plus de substance que la réalité. Pour un esprit, tout est défini par la volonté et le souvenir; c'est la raison pour laquelle ils sont totalement désemparés en franchissant le Voile. Dans notre monde, l'imagination est intangible. Les objets existent indépendamment du souvenir que nous en avons et des émotions que nous y associons. Les mages possèdent le pouvoir de changer le monde par la force de leur esprit et peut-être est-ce pour cela que les démons sont attirés vers eux, qui sait ? Quoi qu'il en soit, l'acte de traverser le Voile implique bien moins une transition physique qu'un changement de perceptions. Le Voile est un concept, c'est l'acte de transition en lui-même ; c'est seulement parce que vivants comme esprits ont du mal à effectuer cette transition que le Voile est vu comme une barrière physique. — Extrait de la Dissertation sur l'Immatériel en tant que manifestation physique de Maréno, enchanteur de rang du Cercle de Minrathie, 6:55 de l'acier |
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VitaarAprès un examen approfondi des spécimens qunari que vous m'avez gracieusement fournis, j'ai pu conclure que les motifs peints sur leur visage et leur corps ont certes une portée symbolique, mais aussi une utilité pratique. Oh, les dessins et les couleurs qu'ils choisissent ont une signification culturelle quelconque, c'est certain, mais les Qunari ne font rien sans raison précise, n'est-ce pas ? Ils appellent ces marques des "vitaar", ce qui signifie "armures de poison" dans leur langue. Ils ont en fait des propriétés magiques qui durcissent la peau, la rendant dure comme l'acier sans en altérer la flexibilité : d'après mes analyses, la peinture employée est principalement constituée de poison, même si l'ajout d'une autre substance (du sang, peut-être le leur) permet de le neutraliser. Cependant, le mélange reste hautement toxique pour les autres races : tout individu non qunari meurt presque instantanément à son contact là ce propos, pourriez-vous me fournir un nouvel esclave pour mes expérimentations, je vous prie ?). Le procédé active les qualités magiques du poison et ses vertus protectrices, un peu à la manière des runes de lyrium. Il faudra entreprendre de nouveaux examens pour détailler son fonctionnement et déterminer si nous pouvons l'utiliser d'une quelconque façon. Peut-être avec des spécimens vivants, cette fois ? — Extrait d'une lettre de Naméria Origanus, apprentie du magister Varas, 9:32 du dragon |
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Xénon l’AntiquaireJ'ai quitté le Palais des perles noires les mains vides pour deux raisons. Premièrement, la plupart des objets étaient bien au-dessus de mes moyens. Deuxièmement, j'ai passé le plus clair de mon temps là-bas à essayer de rassasier ma curiosité quant à leur propriétaire. Je ne pouvais pas m'empêcher de lui jeter des coups d'œil... derrière une pile de livres, entre deux étagères ou encore derrière un panier de chaussettes dépareillées. Il était assis au centre du Palais, pétrifié, la peau d'un gris lustré, les traits tirés et la voix frêle, sèche et fragile comme une brindille qui se casse après la sécheresse. Une fillette de douze ans tout au plus s'affairait autour de lui pour satisfaire ses demandes incessantes. Un autre client a remarqué ma fascination et m'a raconté que la fillette, certainement une gamine des rues, était censée répondre à tous les besoins de l'Antiquaire : le nourrir, le laver, et j'en passe. Étant donné son âge, sa peau est si fragile qu'il ne peut supporter que le plus doux des touchers par le plus doux de ses serviteurs. "Tel est son seul espoir de retrouver un semblant de sa jeunesse perdue", disait-il. J'étais entouré d'objets de légende, et pourtant, aucun ne me fascinait autant que l'Antiquaire. — Extrait d'une page de journal retrouvée à Sombrerue (Kirkwall), auteur inconnu |
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