Codex Dragon age origins : Culture et histoire (fin)


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137 - Les Hauts


Au fil de mes études parmi les nains, je m'aperçus que leur système social était aussi rigide que la pierre qui les entourait. Du plus humble serviteur au roi d'Orzammar, chacun appartenait à une caste, un statut social inaltérable, qui dictait sa vie et ses actes. Mais pour obstinés et fiers qu'ils fussent, les nains avaient trouvé le moyen d'incorporer à ce système un moyen d'accéder au sommet de la hiérarchie, indépendamment de leur origine. Tout nain auteur d'un acte de grande valeur pouvait en effet devenir Haut, ce qui le plaçait au-dessus de tous.

Un Haut n'est ni plus ni moins qu'un ancêtre vivant. Ses paroles passent pour ineffables, son être relève du divin. Sa famille, qui l'accompagne dans son élévation, fonde une nouvelle lignée noble ; en effet, toute maison noble naine a un Haut pour ancêtre fondateur. Toutefois, l'élévation est rare. Pendant ma visite, j'appris qu'un seul Haut avait été élu depuis plusieurs générations : Branka, femme forgeron louée pour sa découverte d'un charbon non polluant.

Je n'eus qu'une seule fois l'occasion de rencontrer cette Haute Branka durant mon séjour et j'en ressortis pour le moins désarçonné. Entourée de sa maisonnée, cette femme grincheuse était drapée de somptueux vêtements et de parures exquises ; elle dépassait visiblement en statut les plus hauts des nobles - et peut-être même le roi - mais paraissait pourtant insatisfaite. Il faut croire qu'il est lourd, le fardeau d'être une légende vivante.

L'on voit partout à Orzammar des statues des Hauts, mais c'est au Panthéon des héros, à l'orée de la ville, qu'il s'en trouve le plus. C'est un endroit proprement extraordinaire, regorgeant de magnifiques oeuvres de pierre qui semblent soutenir le plafond. J'imagine qu'il a pour vocation d'accueillir les visiteurs à Orzammar par une spectaculaire évocation de son passé ; peut-être aussi de rappeler aux nains qui se rendent en surface - et abandonnent donc à jamais leurs frères - ce qu'ils laissent derrière eux.

--Tiré de "Entre nains et pierre" de frère Génitivi, érudit chantriste.

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138 - Politique d'Orzammar


Il est dangereux de se méprendre sur la caste d'un nain, mais plus dangereux encore de faire erreur sur ses alliances parmi les maisons nobles d'Orzammar. Tout un chacun dans la cité est allié avec quelqu'un, que ce soit par le sang ou la parole. Les nobles ne se livrent pas eux-mêmes au commerce, car c'est là la tâche de la caste marchande, mais ils servent de mécènes. Ils investissent, qui dans une échoppe, qui dans le travail d'un artisan, pour ensuite récupérer une part des bénéfices ainsi qu'un pourcentage du crédit. Marchands comme guerriers ont fort à gagner d'avoir un mécène prestigieux.

La répartition des pouvoirs entre les différentes maisons fluctue en permanence ; la maison noble détentrice du trône tient généralement le haut du pavé, mais en deçà, les choses se compliquent. Les maisons s'allient par mariage. Elles gagnent en rang et en prestige lorsque des combattants qui leur sont loyaux ou appartiennent à leur famille gagnent une Lice, lorsque des artisans qu'elles financent ont un succès critique ou commercial. L'ampleur du pouvoir conféré ce faisant est telle qu'il n'est pas rare que des Lices se tiennent pour déterminer qui a les meilleurs forgerons de boucles de ceinture, qui a les serviteurs les plus polis. Il n'est pas non plus extraordinaire de voir deux marchands débattre avec véhémence du mécène le plus reconnu, car la stature du mécène fait la stature du protégé.

C'est à l'Assemblée, où siègent les représentants de chaque maison appelés dashyrs, que ces jeux de pouvoir sont les plus évidents. Même si en théorie, c'est le roi qui gouverne Orzammar, il est élu par l'Assemblée, aussi s'évertue-t-il en permanence à conserver le soutien des dashyrs. Un roi impopulaire auprès de l'Assemblée n'a que peu de chances de voir son fils lui succéder. Le trône est alors confié à une autre maison.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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139 - La Lice


Le valos atredum. En l'an 23 du règne de sa Majesté Ragnan Aeducan, un vieillard de la caste des serviteurs fut accusé d'avoir volé une bague en saphir au seigneur Dace, son employeur. Le serviteur perdit son rang, sa famille et lui furent jetés à la rue et l'homme eut tôt fait de mourir.

Quelques années plus tard, le fils de ce serviteur disgracié défia le seigneur Dace à une Lice d'honneur en déclarant que son père avait été victime d'une injustice cruelle, et que les ancêtres lui en seraient témoins. Le seigneur Dace n'avait d'autre choix que d'accepter.

Sur la pierre sacrée de la Lice, le noble affronta le jeune serviteur. Le seigneur Dace était muni d'une épée forgée pour nulle autre main que la sienne, ceint de l'armure de son arrière-grand-père. Le serviteur, lui, n'avait ni arme ni protection. Lorsque commença la bataille, il se jeta sur le noble interdit, lui fit lâcher son épée et ôta son armure à mains nues. Plus violent qu'une meute de chattemites enragées, il projeta le seigneur Dace au sol et le roua de coups jusqu'à ce qu'il implorât pitié.

Le garçon et sa famille retrouvèrent leur place auprès de la maisonnée Dace et plus jamais la vertu du père ne fut remise en question. Les ancêtres avaient parlé, et nul ne pouvait douter de leur sentence.

--Récité par le Façonneur Vortag.

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140 - Foi naine


si le/la garde des ombres est un(e) nain(ne)...
Nous sommes les enfants de la Pierre. Elle nous nourrit, nous abrite, nous offre les plus précieux joyaux de la terre. Les vertueux sont rappelés à elle à leur mort pour devenir ancêtres ; les autres sont chassés pour que leurs failles n'érodent pas la Pierre. Jamais ils ne trouveront le repos.

Il en a été ainsi depuis l'origine des mémoires. Nous vivons par la Pierre, sous l'égide des ancêtres qui s'expriment lors des Lices et dont le Façonnat conserve à jamais les mémoires dans le lyrium.

Nous n'acceptons pas les promesses creuses des cieux comme le font les elfes sauvages, pas plus que nous ne briguons les faveurs de dieux absents. Nous marchons dans les pas de nos Hauts, les plus grands de nos ancêtres, guerriers, artisans, chefs dont la vie exemplaire a été vouée au service de leurs congénères. Nos Hauts ont rejoint la Pierre de leur vivant et veillent à présent à nos portes pour accueillir les surfaciens qui ont le privilège de visiter Orzammar. Nous savons qu'il n'existe pas d'honneur plus grand, pas de meilleure preuve d'une vie exceptionnelle.

--Récité par le Façonneur Vortag.

si le/la garde des ombres n'est pas un(e) nain(ne)...
Le Cantique de la Lumière ne résonne pour ainsi dire jamais à travers Orzammar. L'on ne peut guère s'en étonner car, contrairement aux elfes qui ont été littéralement abandonnés par leurs déités, ou aux Tévintides qui vénéraient les dragons, les nains n'ont aucun dieu.

Même le concept de culte est étranger à Orzammar. En lieu et place, les nains paraissent vénérer "la Pierre", nom par lequel ils désignent la terre elle-même. Une idée bien pratique, quoique guère imaginative, pour un peuple souterrain.

Pour les affaires spirituelles, les nains s'en remettent à leurs ancêtres. Ces derniers, que la Pierre a dit-on rappelés à elle, font connaître leur volonté aux vivants par l'entremise d'épreuves martiales brutales nommées Lices. Le savoir collectif des ancêtres est consigné par le Façonnat, qui est apparemment capable de tenir des archives dans le lyrium.

Au-dessus des ancêtres, au-dessus même des rois : les Hauts, des nains qui ont atteint un tel mérite de leur vivant qu'ils sont élevés à un statut quasi divin. Ce sont ces grands êtres que représente le passage entre Orzammar et la surface, premier panorama de la cité que les étrangers aperçoivent.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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141 - Stalata Negat


9:13 du dragon - L'Enclin gronde, même s'il ne sera pas nommé ainsi à la surface avant des années, mais les mémoires en ont noté les signes. La Légion a laissé échapper Bownammar, bien que les vivants l'aient en réalité perdue depuis longtemps déjà. Les engeances se déplacent à leur gré, en nombres que même les mémoires n'ont pu consigner. Elles vont tenter une percée ; nous nous fortifierons et endurerons. Telle est la voie, telle elle sera toujours jusqu'à tant que nous périssions ; alors, la surface aura conscience d'un changement, sans savoir lequel.

--Extrait du chapitre 49 du "Stalata negat : les insoucieux de la Pierre - glose sur le flux des années" du Façonneur Erden.

7:0 des tempêtes - Les guerres se poursuivent dans les profondeurs. Les thaigs frontaliers sont tombés. Orzammar se fortifie et endure, mais nous ne regagnons pas les terres que nous avons perdues, où les engeances sont libres de proliférer. Elles ont tenté une percée, mais sans atteindre la surface ; l'archidémon n'était pas à leur tête. L'Enclin n'a pas été déclaré, les cris de ralliement n'ont pas retenti. Les Gardes des ombres ont sommeillé.

Après des siècles d'échauffourées constantes, une tendance s'est dégagée. La première ligne de défense, restée dans l'ombre depuis des siècles, s'affaiblit.

--Extrait du chapitre 40 du "Stalata negat : les insoucieux de la Pierre - glose sur le flux des années" du Façonneur Erden.

5:12 des exaltés - La surface a prononcé le quatrième Enclin, nombre qui est sans signification pour la Pierre. Dans les profondeurs, les événements sont inversés : notre Enclin dure pendant les années de quiétude en surface. Sept générations de sables mouvants et de ténèbres. C'est grâce à nos ancêtres que les royaumes de la surface ne connaissent pas les engeances de visu, que même leurs doyens n'ont jamais entendu un témoignage direct de leur présence. Ils croient les Enclins vaincus par un groupe d'alliés poursuivant le même but. A terme, ils seront oubliés et succomberont aux ténèbres.

Les engeances tentent une percée ; nous nous retranchons pour tenir, même si des voix sceptiques s'élèvent.

--Extrait du chapitre 27 du "Stalata negat : les insoucieux de la Pierre - glose sur le flux des années" du Façonneur Erden.

3:10 des tours - Ils lui donnent pour nom Enclin, troisième selon leur Histoire. Nos ancêtres ne le nommaient que "combat", un combat perpétuel qui ne fait que changer d'environnement. Les hordes qui assaillent leurs frontières tentent une percée et se déversent à la surface. Ils se fortifient et endurent. Ils n'ont jamais été de ceux qui laissent se reposer l'ennemi.

3:25 des tours - Les royaumes de la surface se sont déclarés victorieux. La horde est vaincue, leur avancée est stoppée, les humains se réjouissent en remerciant les cieux et leur Créateur. Sous leurs pieds, loin de leur regard, les engeances battent en retraite dans nos thaigs. Elles se préparent à s'y reproduire, disent les mémoires, comme elles l'ont fait par deux fois déjà après avoir conquis nos terres.

--Extrait des chapitres 14 et 17 du "Stalata negat : les insoucieux de la Pierre - glose sur le flux des années" du Façonneur Erden.

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142 - Histoire d'Orzammar - 1er chapitre


Les mémoires nous enseignent que notre royaume s'étendait jadis loin à travers le sous-sol des montagnes, et que les thaigs étaient pratiquement impossibles à compter. Nous avions alors pour capitale Kal Sharok, foyer de toutes les maisons nobles ; quant à Orzammar, elle n'abritait que les castes des mineurs et des forgerons.

L'avènement de l'Empire tévintide changea la donne. Le Haut Garal transféra le siège du pouvoir à Orzammar pour superviser de plus près les échanges commerciaux naissants avec la surface. Notre peuple semblait à la veille d'une nouvelle ère de prospérité.

A propos de l'arrivée des engeances, les mémoires se contentent de poser des questions, sans rien expliquer. Ce furent d'abord des rumeurs, des bruits dans les Tréfonds, la disparition d'un voyageur ça et là. La caste des guerriers envoya des troupes patrouiller les tunnels et pensa l'affaire entendue. Nous ignorions que pendant nos recherches, d'autres d'un genre bien différent avaient aussi lieu.

Au plus profond de la Pierre sommeillait l'archidémon. Les engeances le trouvèrent, le réveillèrent, et ainsi commença l'Enclin.

Soudain, les Tréfonds vomirent des monstres sans discontinuer, que nos guerriers eurent bien du mal à repousser. D'innombrables thaigs nous furent arrachés durant ce premier Enclin. Mais comme de coutume dans les heures funestes, un Haut se dressa : Aeducan, qui dirigea la défense d'Orzammar et eut raison de la sombre horde.

Hélas, la victoire préleva un lourd tribut. Il fallut condamner une grande partie des Tréfonds pour couper la voie aux engeances, quitte à perdre tout contact avec les thaigs et même les autres cités.

--"Le royaume d'Orzammar", récité par le Façonneur Czibor.

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143 - Histoire d'Orzammar - 2ème chapitre


Nous perdions face aux engeances. Lentement. Inexorablement. Des guerriers venaient à mourir dans la force de l'âge, sans descendance. A chaque génération, leur caste s'amenuisait : à chaque génération, il fallait condamner de nouveaux pans des Tréfonds, se résoudre à perdre de nouveaux thaigs. Les rois d'Orzammar ne pouvaient que se demander combien de temps encore nous tiendrions avant que notre peuple fût réduit à ses simples mémoires.

C'est alors que de la caste des forgerons, le Haut Caridin découvrit une nouvelle arme : les golems. Chacun de ces soldats géants de pierre et de métal constituait à lui seul une armée. Grâce aux golems de notre Haut, nous parvînmes à reprendre les terres que nous avions perdues. Pendant quelque temps, nous nous prîmes à espérer la victoire, la victoire finale.

Mais au plus fort de la guerre, le Haut Caridin disparut ; et avec lui, le secret des golems. L'on envoya plusieurs expéditions à sa recherche dans les Tréfonds, mais en vain. Au fil du temps, les golems dont nous disposions subirent des dégâts irréparables et nous reprîmes notre lente descente vers l'extinction.

--"Le royaume d'Orzammar", récité par le Façonneur Czibor.

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144 - Ostagar


Au plus fort des incursions tévintides en terre barbare du sud-est, la forteresse d'Ostagar fut autrefois l'un des bastions défensifs les plus importants dans le sud de la Mer d'écume. Il avait été érigé à l'orée des terres sauvages de Korcari pour surveiller tout signe d'invasion des barbares nommés aujourd'hui sauvages chasinds. Nichée dans un étroit défilé parmi les collines, la forteresse était un point d'accès incontournable vers les basses terres fertiles au nord ; aussi, en raison de son caractère inexpugnable, représentait-elle la pierre d'achoppement entre les sauvages et leurs velléités de conquête.

Comme la plupart des domaines impériaux au sud, Ostagar fut abandonnée lorsque l'Empire s'effondra pendant le premier Enclin. Elle fut mise à sac par les Chasinds puis, la menace de ces derniers décroissant après la création du Férelden moderne, tomba en ruines.

Voilà quatre siècles qu'Ostagar n'a pas accueilli de garnison. Malgré tout, la plupart de ses murailles sont encore debout, ainsi que la haute tour d'Ishal, ainsi nommée en l'honneur du grand archonte qui en ordonna la construction. Ostagar reste le testament du pouvoir magique dont disposait son Empire créateur.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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145 - Par Vollen : le septentrion occupé


En l'an 30 de l'Ere de l'acier, l'on aperçut les premiers voiles qunari au large de la côte de Par Vollen, dans le grand septentrion. C'était le début d'une nouvelle ère guerrière.

L'Histoire nomme cette période Première guerre qunari, mais c'était plutôt un bain de sang déséquilibré, une avancée ennemie impitoyable jusqu'en plein coeur du continent. Les guerriers qunari, ceints d'une armure d'acier rutilante, fendaient les armées sans mal. Leurs canons, sans commune mesure, éventraient les murs des cités en l'espace de quelques secondes.

Les récits de l'occupation qunari sont très contradictoires. On dit qu'ils démantelaient les familles et envoyaient les captifs dans des "camps d'apprentissage" où ils étaient endoctrinés et convertis à leur religion. Ceux qui refusaient de coopérer disparaissaient dans les mines ou les camps de construction.

Mais pour chaque récit de souffrance, il en est un d'édification tirée du "Qun", code philosophique ou peut-être écrit qui régit tous les aspects de la vie qunari, sinon les deux. Un Séhéran affirma ainsi éprouver de la pitié pour qui refusait d'adopter le Qun, comme si ses conquérants l'avaient conduit à quelque illumination personnelle. "De toute ma vie, j'ai suivi le Créateur où son chemin me portait" écrivait-il, "mais c'est dans le Qun que j'ai trouvé le moyen de suivre ma propre voie."

On dit que la meilleure arme pour exterminer un peuple n'est pas une épée, mais un livre. Par chance, un monde qui avait repoussé quatre Enclins ne courberait pas facilement l'échine devant un assaillant étranger. Ainsi commencèrent les Marches exaltées.

Les forces chantristes avaient pour plus grand avantage le Cercle des mages. En dépit de toute leur technologie, les Qunari semblaient vouer une haine farouche envers la magie. Face aux canons, la Chantrie riposta à coups d'éclairs et de boules de feu.

Les armées qunari ne disposaient pas des effectifs de l'humanité. La bataille de Marnus Pell fit tant de morts de part et d'autre que l'on dit le Voile irrémédiablement déchiré, les ruines toujours infestées de cadavres ambulants. dau. Mais chaque année, la Chantrie enfonçait peu à peu les lignes qunari ; hélas, les habitants du cru convertis au Qun se montrèrent réticents à retourner aux préceptes d'Andrasté.

Ce fut au sortir de l'Ere des tempêtes que l'on parvint à repousser véritablement les Qunari. Le Riveïn était la seule contrée humaine à conserver la religion qunari après sa libération, et ses souverains tentèrent de négocier un accord de paix. La plupart des terres humaines signèrent l'Edit de Llomerryn à l'exception de l'Empire tévintide. Il en résulta une paix fragile qui s'est maintenue jusqu'à ce jour.

--Tiré des "Marches exaltées : examen des méthodes militaires chantristes" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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146 - Les Qunaris


Quiconque chemine suffisamment en direction du septentrion finira par rencontrer les Qunari, ces géants à la chevelure blanche et à la peau de bronze qui dépassent les humains d'une tête et agissent avec un calme effrayant que vient démentir la lueur ardente brûlant dans leurs yeux.

Longtemps, l'on crut que tous les Qunari étaient masculins, ou qu'hommes et femmes étaient impossibles à différencier. Il fallut attendre l'Ere des bontés pour que des diplomates riveniens fussent autorisés, brièvement, à visiter Par Vollen ; ils y découvrirent qu'il n'en était rien, qu'il existait quantité de femmes bien distinctes des hommes. Les Riveniens affirment que les Qunari ne sont pas dénués de bonté, ou du moins qu'ils sont étrangement dépourvus de cruauté. Moi-même, je n'ai pas eu l'occasion de les observer suffisamment pour évaluer leur caractère.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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147 - Golefalois


Sa Majesté le roi Calenhad Theirin est connu pour avoir déclaré : "le sort de Golefalois est celui de tout Férelden". Effectivement, le château représente la première et la dernière ligne de défense de la seule voie d'accès en Férelden et jamais nul envahisseur n'a pris Férelden sans s'être au préalable emparé de Golefalois.

Le château, qui passe toujours pour imprenable après avoir été capturé à trois reprises, surplombe en outre l'une des bourgades les plus grandes et prospères de Férelden. Le village de Golefalois jouit d'un bel emplacement, près du col montagneux menant à Orzammar ainsi qu'à la frontière orlésienne, ce qui en fait une plaque tournante du commerce extérieur. Par conséquent, Golefalois jouit d'un statut de comté malgré la petite taille du domaine.

Les habitants du village de Golefalois soit en majorité pêcheurs ou marchands qui acheminent des produits nains à Dénérim via le col d'Orlaïs. Lorsque certains matins vers la fin de l'automne, tout le village fleure le poisson fumé, les marchands dans leurs plus beaux atours s'évertuent à n'en rien laisser paraître.

--Extrait de A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi.

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148 - Le Riveïn


Il n'est nul endroit, pas même au coeur de l'Empire tévintide ou dans les rues d'Orzammar, où j'ai eu plus qu'en Riveïn le sentiment d'être étranger.

Jamais le Cantique de la Lumière n'est réellement parvenu aux oreilles des Riveniens. Les années qu'ils ont passées sous le joug des Qunari ont converti une bonne partie du pays à la voie du Qun. Mais la résistance au Cantique ne s'arrête pas à la guerre qunari : les Riveniens refusent de se départir de leurs aruspices, des femmes sages qui tiennent surtout du rebouteux, communient avec les esprits et vont jusqu'à se laisser volontairement posséder. La Chantrie interdisant expressément pareilles pratiques, elle va à l'encontre de traditions millénaires riveniennes.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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149 - L'empire tévintide


L'Empire n'est plus guère qu'une vieille souillon vérolée, affalée dans le grand septentrion de Thédas, qui invective les passants prisonnière de sa beauté passée.

Jadis, Minrathie était le centre du monde, ce dont attestent encore les vestiges de sa puissance et de son art ; mais ceux-ci sont enfouis sous les strates d'obscénités que l'Empire décadent a accumulées au fil des siècles. Les tyrans inquisiteurs vivent dans d'élégantes tours de pierre, surplombant à tout point de vue le stupre des esclaves et des paysans. Les environs de Minrathie sont noyés sous un océan de réfugiés plongés dans le dénuement par la guerre éternelle entre Tévintides et Qunari.

Et pourtant, l'Empire se dresse toujours. L'épée tévintide, la magie tévintide sont autant de forces avec lesquelles il faut compter. Minrathie a été assiégée par les humains, par les Qunari, par Andrasté elle-même, mais jamais elle n'est tombée.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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150 - La légende du Titan


L'Empire tévintide a le bras long.

Jadis, du temps où les tribus barbares des Claynes dominaient encore la contrée, il s'étendit jusqu'en cette sylve. Les inquisiteurs tévintides affrontèrent de leur terrible magie les Claynes, bien décidés à conquérir leurs terres pouce par pouce. L'inquisiteur Harach dépêcha en cette forêt une armée conduite par Alaric, son ami et général. Pour lui, Harach avait fait forger un ensemble d'armure exceptionnel, imbu de lyrium et de sa propre magie du sang, qu'il avait nommée Titan en hommage aux invincibles golems géants qui gardent les portes de Minrathie. Ainsi équipé, Alaric remporta moult victoires sur les Claynes.

Ce fut de l'intérieur qu'arriva la défaite. Les propres lieutenants d'Alaric se liguèrent contre lui, jaloux de la faveur que lui témoignaient les inquisiteurs et résolus à s'emparer de l'armure Titan. Alaric périt, puis tout successeur qui héritait de l'armure. L'avant-poste tévintide finit ainsi par succomber à ces rivalités intestines. Furieux, l'inquisiteur Harach se rendit en personne à l'avant-poste et tua les trois lieutenants survivants.

Cependant, les Claynes s'amassaient pour prendre d'assaut l'avant-poste. Le chef barbare des Claynes convoitait lui aussi l'armure mythique ; malgré tout le pouvoir dont jouissait Harach, il n'était pas de taille contre la horde barbare. Harach consacra alors ce qu'il lui restait d'énergie vitale à lancer un sort de magie du sang pour inviter des démons à prendre possession des trois lieutenants défunts, ainsi que de son propre corps sans vie. Ces revenants dissimulèrent les morceaux de l'armure Titan et les barbares eurent beau mettre à sac l'avant-poste, leur chef ne retrouva ni l'armure, ni les revenants.

La légende de l'armure Titan suscite aujourd'hui encore les convoitises de bien des aventuriers, qui s'aventurent au plus profond de la forêt de Bréciliane... pour ne jamais en revenir.
--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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151 - Géographie de Thédas


Thédas est bordée à l'est par l'océan d'Amaranthine, à l'ouest par la forêt de Tirasha et les montagnes du Corn ; au sud par les plaines enneigées qui s'étendent par-delà la chaîne des Orcades, et au nord par la forêt de Donark.

Le nom "Thédas" est d'origine tévintide et désignait initialement les terres frontalières de l'Empire. A mesure que les Tévintides perdaient leur emprise sur les nations qu'ils avaient annexées, Thédas compta de plus en plus de terres, jusqu'à tant que l'on appliquât ce nom au continent tout entier.

Le nord de Thédas comprend les Anderfels, l'Empire tévintide, Antiva et le Riveïn, ainsi qu'à quelque distance du rivage les îles détenues par les Qunari. Au centre de Thédas, les Marches libres, le Névarra et Orlaïs ; au sud, Férelden.

Nul ne sait ce que recèlent les plaines enneigées, dont la température glaciale et la stérilité a dissuadé les plus intrépides des cartographes. De même, l'ouest des Anderfels n'a jamais été exploré de long en large, même par les Anders. Nous ne savons si ces steppes desséchées sont ombragées par des montagnes ou si elles mènent droit à quelque océan inconnu.

Il doit y avoir d'autres terres, continents ou îles, peut-être de l'autre côté de l'Amaranthine ou au nord de Par Vollen, car les Qunari avaient bien une patrie avant d'arriver en Thédas ; mais outre cette déduction, nous n'en savons rien.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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152 - Le vénadahl : l'arbre du peuple


La plupart des anciennes traditions ont disparu. Chaque génération en vient à oublier un peu plus encore notre ancienne langue, nos coutumes ancestrales ; ce que nous conservons ne devient que vagues habitudes dont la signification a été perdue de longue date.

Il en va ainsi du vénadahl, l'arbre du peuple. Chaque bascloître, m'a-t-on dit, en possède ou en possédait un. Lorsque j'étais petite fille, ma mère affirmait que c'était le symbole d'Arlathann, mais elle-même n'en savait pas plus. Aujourd'hui, nous n'entretenons plus le vénadahl que par habitude. Bien des cités ont laissé le leur flétrir et mourir, puis l'ont réduit en bois de chauffage sans remords.

--Sarethia, hahren du bascloître de Hautecime.

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153 - Les Gardes des ombres


Voilà déjà 90 ans que le premier Enclin faisait rage. Le monde était en proie au chaos d'un dieu perverti, dans le silence obstiné des autres dieux tévintides. Les rares écrits datant de cette époque que nous avons retrouvés sont emplis de désespoir, car tous, des plus grands archontes aux plus humbles esclaves, étaient persuadés que la fin du monde était arrivée.

La forteresse de Weisshaupt, parmi la désolation des Anderfels, fut le théâtre d'une réunion, celle de soldats tévintides, de vétérans qui n'avaient connu de tout leur vivant que guerre et tourment. Ils quittèrent Weisshaupt après avoir renoncé à leur serment envers l'Empire. Ce n'étaient plus des soldats : c'étaient les Gardes des ombres.

C'est ainsi que les Gardes des ombres se lancèrent dans une campagne agressive contre l'Enclin, à attaquer où l'on ne faisait jusque-là que se défendre, à reconquérir des terres que l'on croyait perdues. L'Enclin était loin d'être terminé, mais leurs victoires firent grand bruit ; bientôt, tout Thédas se portait à leur aide.

Leur nombre et leur réputation allèrent croissant. Enfin, en l'an 992 de l'Empire tévintide, ils affrontèrent l'archidémon Dumat à la bataille des Champs silencieux. Le nord de Thédas y perdit un tiers de ses armées, mais Dumat tomba et les engeances se replièrent sous terre.

Toutefois, les Gardes des ombres étaient loin d'avoir terminé leur office.

L'Empire vénérait jadis sept dieux : Dumat, Zazikel, Toth, Andoral, Razikaal, Lusacan et Urthëmiel. Quatre sont devenus archidémons. Les Gardes des ombres ont veillé à travers les ères, par trop conscients que la paix est fugace et que leur guerre n'aura de cesse avant la mort du dernier dieu-dragon.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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154 - Les terres sauvages de Korcari


Il est dit qu'au milieu de l'Ere des ténèbres, lorsque les garous terrorisaient Férelden en nombres tels qu'ils confinaient chez lui tout fermier, un chien devant sa porte, un puissant iarl des tribus alamarri se fit fort de mettre un terme à cette menace. Il affirmait que les loups-garous utilisaient la sombre forêt bordant au sud la vallée de Férelden - forêt à laquelle son comté était attenant - pour lancer leurs assauts nocturnes sur l'humanité.

20 années durant, ce iarl sonda les entrailles de la forêt à la tête d'une armée de guerriers et de chiens. Dans sa quête des garous, il extermina non seulement tous les loups qu'il rencontrait, mais aussi tous les Chasinds, sauvages de la forêt, prétextant que chacun pouvait renfermer un démon et donc être un garou déguisé. 20 années durant, la forêt retentit de hurlements et les rivières charrièrent le sang.

Les récits affirment qu'une vieille femme chasind, trouvant ses enfants passés par le fer du iarl, se jeta à son tour sur son fer tout en maudissant son nom. De la terre où coula son sang, une brume s'éleva alors, qui se répandit jusqu'à envelopper toute la forêt. L'armée du iarl perdit son chemin et, selon les versions du récit, y mourut ou continue aujourd'hui encore à y errer. Les ruines de son comté se dressent encore, peuplées par les fantômes des femmes qui attendent à jamais le retour de leur époux.

La forêt dont fait état la légende est bien sûr celle de Korcari. Comme le veut l'adage, cette grande forêt du sud a inspiré autant de légendes qu'elle compte d'ombres. Les Chasinds en ont fait leur foyer depuis que l'humanité a posé pied en ces lieux, et les terres sauvages s'étendent à perte de vue vers le sud, défiant les cartographes. Les brumes dissimulent de vastes étendues glacées, bordées de montagnes couronnées de neige. C'est là une terre trop froide pour que l'homme y survive ; pourtant, les Chasinds parviennent tant bien que mal à y habiter et font état d'horreurs que les habitants des basses terres ne sauraient imaginer.

Pour la plupart, ce sont les terres sauvages de Korcari qui définissent la limite de Férelden. Passé les grands arbres, les marais et les monstres, il n'est rien d'autre.

--Extrait de la "Terre des sauvages" de Mère Ailis, érudite chantriste, 9:18 du dragon.

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155 - Engeances


si le/la garde des ombres est un(e) nain(ne)...
Les surfaciens affirment, avec force histoires remplies de magie et de péché, que les premières engeances sont tombées des cieux. Mais les enfants de la Pierre connaissent la vérité. C'est de la terre que sont sorties les engeances, car ce fut dans les Tréfonds qu'elles apparurent pour la première fois : des créatures à notre image, portants arme et armure, mais sans plus d'intelligence qu'une tezpedam, bestiales et sauvages.

Au commencement, elle étaient peu nombreuses et nos guerriers en venaient à bout facilement. Mais dans les recoins des Tréfonds, elles prospérèrent, en nombre comme en audace. Nos thaigs éloignés furent attaqués, et soudain ce n'étaient plus quelques guerriers, mais l'armée qu'on envoyait affronter les monstres. La victoire, pour autant, n'était guère difficile à arracher, aussi pensions-nous être vite débarrassés de cette menace.

Nous avions tort.

--Récité par le Façonneur Czibor.

si le/la garde des ombres n'est pas un(e) nain(ne)...
"Ceux qui voulaient par la force s'emparer
Des cieux les pervertirent. Où était
Or ne fut plus que noirceur.
Ceux qui avaient été seigneurs-mages,
L'élite de leur ère,
Ne furent plus hommes, mais monstres."

--"Oraisons" 12:1.

Le péché fut la sage-femme qui délivra les engeances ici-bas. Quand les inquisiteurs tombèrent de la Cité d'Or, le monde entier partagea leur sort ; car ils n'étaient pas seuls.

Nul ne sait d'où proviennent les engeances. Ces parodies d'humains prolifèrent tels une infestation de sauterelles dans les endroits les plus sombres. Elles font souvent des captifs qu'elles tirent vivants jusque dans les Tréfonds, pour les dévorer comme le feraient les araignées. Peut-être sont-elles simplement le fruit des ténèbres. Toujours est-il que cette malédiction n'a guère de difficulté à se perpétuer.

Le dernier Enclin eut lieu durant l'Ere des tours. Une fois encore, ce fut au coeur de Tévinter qu'il apparut pour se propager vers Orlaïs au sud et les Marches libres à l'est. Le fléau s'étendit jusqu'en Férelden, mais la dévastation, la perversion des terres cessa bien avant nos frontières. Ici, les engeances relèvent toujours de la légende. Dans les terres du septentrion, toutefois, en particulier Tévinter et les Anderfels, on dit que les engeances hantent les Marches solitaires, menace constante qui fond sur les fermiers et les villages isolés.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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156 - Les Enclins


Ma chère Anika,

Ne nous soucions pas de l'Assemblée : laissons les nobles conférer et se chamailler sur les maisons et les thaigs les plus importants. Ainsi, ils ne cèdent pas à la panique, ce qui serait assurément le cas sinon, aussi n'est-ce là qu'un moindre mal. La guerre est le commerce des guerriers.

Il me paraît que l'ennemi change de stratégie, si tant est qu'il en avait une hormis tout détruire sur son passage. Des semaines durant, leur nombre a paru diminuer. Nous commencions à croire que nous allions bientôt en venir à bout ; mais nous nous trompions lourdement. En ce jour, nous avons rencontré le gros de leur effectif. Les mots me manquent pour le décrire, Anika. Jamais je n'avais encore vu tant de mort en un même lieu : des engeances en nombre qui dépassait l'entendement, et au coeur de la horde un énorme animal, grand comme le palais d'Orzammar, au souffle de feu. Un Haut des engeances, peut-être, car elles semblaient le traiter avec déférence.

Elles s'apprêtaient à partir, à emprunter les puits de mine qui mènent à la surface. Mais à les voir, j'ai su qu'une fois le là-haut dévasté, elles nous reviendraient.

--Tiré des "Lettres du Haut Aeducan".

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