Codex Dragon age origins : Magie et Religion



52 - Andruil, déesse de la chasse
53 - Dirthaman, gardien des secrets
54 - Elgar'nan, dieu de la vengeance
55 - Falon'din, chalant des morts
56 - Fen'Harel, le grand loup
57 - Ghilan'nain, mère des hahl
58 - June, dieu des façons
59 - Mythal, la Toute-protectrice
60 - Sylaise, le veilleur des foyers
61 - Aeonar
62 - Andrasté, Compagne du Créateur
63 - Le Droit d'oblitération
64 - Apostats
65 - La Cité Noire
66 - L'Enclin
67 - Les commandements du Créateur
68 - Le Créateur
69 - Le Cantique de la Lumière
70 - La Chantrie impériale
71 - Hiérarchie chantriste
72 - Templiers
73 - La fondation de la Chantrie
74 - La Fraternité des enchanteurs
75 - Hiérarchie du Cercle
76 - Histoire du Cercle
77 - L'Immatériel
78 - La Confrontation
79 - Lyrium
80 - Maléficiens
81 - Mana et magie
82 - Possession démoniaque
83 - Les règles cardinales de la magie
84 - La magie du sang : l'école interdite
85 - Ecoles magiques : création
86 - Ecoles magiques : entropie
87 - Ecoles magiques : instinct
88 - Ecoles magiques : esprit
89 - Par-delà le Voile
90 - Les Apaisés
91 - La Sainte urne cinéraire
92 - Le Voile

EntréeDétails
052Andruil, déesse de la chasseexaminez la statue d'Andrasil au campement dalatien de Breciliane
053Dirthaman, gardien des secretsexaminez les parchemins près de Varathorn au campement dalatien de Breciliane
054Elgar'nan, dieu de la vengeanceexaminez sa statue au campement dalatien de Breciliane
055Falon'din, chalant des morts, ami des mortsramassez le bras de Falon'din dans le Trésor du dragon à Breciliane, ruines niveau supérieur
056Fen'Harel, le grand loupexaminez sa statue au campement dalatien de Breciliane
057Ghilan'nain, mère des hahlexaminez sa statue au campement dalatien de Breciliane
058June, dieu des façonsexaminez sa statue au campement dalatien de Breciliane
059Mythal, la Toute-protectriceramassez le bouclier de Mythal sur un squelette dans la forêt de Breciliane Est
060Sylaise, le veilleur des foyersexaminez sa statue au campement dalatien de Breciliane
061Aeonar- examinez les parchemins sur la table des Merveilles de Thédas à Denerim
- Scénario Mage : obtenu lors de la confrontation avec Greagor, après avoir détruit le phylactère.
062Andrasté, Compagne du CréateurExaminez un livre :
- Scénario Humain Noble : dans la chapelle du château Cousland
- Scénario Mage : dans le quartier des mages de rang
- Darse (temple en ruines) : à l'entrée sur le sol
063Le Droit d'oblitérationExaminez un livre :
- Scénario Mage : dans le quartier des mages de rang
- dans L'Immatériel (le cauchemar du templier)
064Apostatsparlez avec Jowan dans sa cellule du sous sol du chateau de Golefalois
065La Cité Noireprès de l'endroit où on affronte Yevena dans L'immatériel primaire
066L'Enclin- Scénario Humain Noble : un livre dans la chapelle
- Scénario Mage : une bibliothèque dans le quartier des mages de rang
- Scénario Elfe : discutez avec Duncan
- un parchemin sur un banc, près de l'infirmerie à Ostagar
067Les commandements du Créateurexaminez un livre dans la Chantrie de Golefalois
068Le Créateurapprochez vous de l'autel dans la Chantrie de Lothering
069Le Cantique de la Lumière : rédemptionparlez avec mère Perpetia et soeur Theohilde devant la chantrie au quartier marchand de Denerim
070La Chantrie impérialeexaminez un livre dans la chantrie de Lothering
071Hiérarchie chantristetrouvé dans la maison de frère Genitivi au quartier marchand de Denerim
072Templiers- obtenu quand Alistair accepte d'enseigner la spécialisation templier
- en parlant avec les templiers devant la chantrie au quartier marchand de Denerim
073La fondation de la Chantrie- Scénario Mage : examinez l'autel de la chapelle du quartier des mages de rang
- examinez une pile de livres dans la chantrie de Golefalois
074La Fraternité des enchanteurs- Scénario Mage : discutez avec l'enchanteur Torrin
- examinez l'étagère dans l'étude d'Irving à la Tour du Cercle pendant la quête "le cercle brisé
075Hiérarchie du Cercle- examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez la bibliothèque de l'Immatériel : Le mage brisé dans la pièce contenant le bonus force (en haut à droite, accès par un trou de souris)
076Histoire du Cercle- examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez la bibliothèque de l'Immatériel : Le mage brisé dans la pièce de la zone circulaire contenant le bonus magie
077L'Immatériel- Scénario Mage : examinez un livre dans la salle de classe du quartier des apprentis
- parlez à Wynne à Ostagar
078La Confrontation- Scénario Mage : obtenu automatiquement au début
- examinez une note dans la première pièce de l'étage supérieur (après la forme Golem) de l'Immatériel : Le mage brisé
079Lyriumexaminez un gisement de lyrium
- Scénario Mage : pendant la confrontation
- L'enclume du Néant dans Tréfonds
- pendant la quête "Le rêve éveillé" dans L'immatériel
080Maléficiens- Scénario Mage : examinez un livre dans le laboratoire du quartier des mages de rang
- examinez un livre dans la 2ème pièce de l'Immateriel : Le cauchemar du templier
081Mana et magieScénario Mage : examinez un livre à coté de l'escalier du quartier des apprentis
082Possession démoniaqueexaminez un livre dans la chantrie de Golefalois
083Les règles cardinales de la magieexaminez un livre :
- Scénario Mage : sur un bureau dans le quartier des mages de rang
- dans la pièce qui mène au 2ème étage de l'Immatériel : Le mage brisé
084La magie du sang : l'école interdite- Scénario Mage : examinez une pile de livres dans l'étude d'Irving au quartier des mages de rang
- parlez à Jowan dans les sous sols du château de Golefalois
085Ecoles magiques : création- Scénario Mage : examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez une pile de livres dans la pièce située au nord est du dernier étage de l'Immatériel : Le mage brisé
086Ecoles magiques : entropie- Scénario Mage : examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez une pile de livres dans la pièce située au sud est du dernier étage de l'Immatériel : Le mage brisé
087Ecoles magiques : instinct- Scénario Mage : examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez une pile de livres dans la pièce la plus à l'ouest du dernier étage de l'Immatériel : Le mage brisé
088Ecoles magiques : esprit- Scénario Mage : examinez une étagère dans la bibliothèque du quartier des mages de rang
- examinez une pile de livres dans la première pièce de l'étage supérieur (après la forme Golem) de l'Immatériel : Le mage brisé
089Par-delà le Voile : esprits et démonsexaminez une statue :
- Scénario Mage : au début de la confrontation
- dans la première zone franchie en forme souris de L'immatériel primaire
090Les Apaisés- Scénario Mage : obtenu au début de la dernière quête
- discutez avec le mage apaisé à Ostagar
- examinez une bibliothèque dans l'Immatériel : Le mage brisé
091La Sainte urne cinéraire d'Andrastéexaminez une bibliothèque dans la chantrie de Lothering
092Le Voileutilisez le piédestal de l'immatériel pendant la quête "le rêve éveillé"


52 - Andruil, déesse de la chasse

Entendez-moi, fils et filles du peuple--
Je suis Soeur de la lune, Mère des lièvres,
Dame de la chasse : Andruil.

Rappelez-vous mes préceptes,
Rappelez-vous le Vir Tanadahl :
Les Trois Voies du chasseur
Que je vous ai enseignées.

Vir Assan : la Voie de la flèche,
Vive et silencieuse ;
Frappez de votre coeur, sans faillir
Et jamais ne faites souffrir votre proie.
Telle est ma Voie.

Vir Bor'assan : la Voie de l'arc,
Pliez tel l'arbrisseau.
Sachez trouver la force de fléchir,
La souplesse de ne pas rompre.
Telle est ma Voie.

Vir Adahlen : la Voie des bois,
Recevez les dons de la chasse avec déférence.
Respectez le sacrifice de mes enfants
Et sachez que votre mort les nourrira en retour.
Telle est ma Voie.

Rappelez-vous les Voies du chasseur
Et je serai avec vous.

--Tiré de la "Charge d'Andruil, déesse de la chasse".

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53 - Dirthaman, gardien des secrets

Les jumeaux Falon'Din et Dirthamen sont les aînés d'Elgar'nan notre Père à tous et de Mythal le protecteur. Inséparables dès leur conception, ces frères se témoignèrent toujours un amour incommensurable. Pour cette raison, nous parlons souvent de Falon'Din un instant et de Dirthamen le suivant, car ils ne sauraient être séparés même en contes.

Quand le monde était jeune, les dieux arpentaient souvent la terre, Falon'Din et Dirthamen parmi eux. Tous deux étaient enchantés par les nombreuses merveilles de ses contrées. Ils jouaient avec les animaux, murmuraient aux arbres, se baignaient dans les lacs et les cours d'eau. Leur quotidien n'était que jouissance, dépourvu de peine.

Puis vint un jour où, de passage en forêt, Falon'Din et Dirthamen rencontrèrent un vieux cerf chétif affalé sous un arbre. "Pourquoi restes-tu là sans bouger, petit frère ?" lui demanda Falon'Din.

"Viens jouer avec nous" ajouta Dirthamen.

"Hélas," répondit le cerf, "je ne puis. Je suis vieux ; j'ai beau vouloir rejoindre le repos, mes jambes ne peuvent m'y porter."

Apitoyé par le cerf, Falon'Din le prit contre son giron et l'emporta vers son repos outre-Voile. Dirthamen tenta de les suivre, mais les sentiers gris et sinueux se dérobaient à ses pas. Pour la première fois séparé de Falon'Din, Dirthamen erra, désemparé, jusqu'à rencontrer deux corbeaux.

"Tu es perdu, et bientôt tu disparaîtras" lança le corbeau nommé Peur.

"Ton frère t'a abandonné, il ne t'aime plus" renchérit son compère, Duperie.

"Je ne suis pas perdu et Falon'Din ne m'a pas abandonné" répliqua Dirthamen. Il soumit les corbeaux et les força à le porter jusqu'à Falon'Din, ce qu'ils firent, car il les avait vaincus et ils devaient désormais le servir.

Quand Dirthamen retrouva Falon'Din, il revit également le cerf, à nouveau vif et joyeux car son esprit avait été libéré de son corps las. Falon'Din et Dirthamen s'en réjouirent. L'un fit le serment de rester emporter les morts dans l'Après ; et l'autre resta à ses côtés, car les jumeaux ne sauraient être séparés.

--D'après le "Dit de Falon'Din et Dirthamen", selon la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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54 - Elgar'nan, dieu de la vengeance

Jadis, lorsque le temps lui-même était jeune, seuls existaient le Soleil et la terre. L'un, curieux de l'autre, approcha son visage du corps de la belle ; et ainsi naquit Elgar'nan, à l'endroit où ils se touchèrent. Le Soleil et la terre étaient très fiers d'Elgar'nan, de sa beauté et de son intelligence. Sa mère lui offrit grands oiseaux, animaux du ciel et de la forêt, faune et flore toujours plus merveilleuses. Reconnaissant de ses cadeaux, Elgar'nan passait le plus clair de son temps parmi eux.

Le Soleil contempla la terre fertile et vit la joie qu'Elgar'nan puisait dans ses bienfaits. Par jalousie, il découvrit son visage tout entier devant toutes les créatures de la terre et les réduisit en cendres. La terre se craquela de douleur et pleura des larmes de sel pour les enfants qu'elle avait perdus. Ces larmes donnèrent l'océan, les terres craquelées accueillirent fleuves et rivières.

Elgar'nan, furieux des actes de son père, jura de se venger. Il se hissa dans les cieux et lutta contre le Soleil, bien décidé à le vaincre. Une éternité durant, ils restèrent aux prises l'un à l'autre, jusqu'à ce que le Soleil faiblît face à l'inextinguible rage d'Elgar'nan. Ce dernier finit par faire tomber du ciel le Soleil et l'enfouit dans un profond abîme créé par la douleur de la terre. Sans le Soleil, le monde fut plongé dans les ténèbres ; il ne restait plus dans le ciel que les traces du combat entre Elgar'nan et son père : les gouttes du sang versé par ce dernier, qui scintillaient au milieu de la nuit.

--D'après le "Dit d'Elgar'nan et du Soleil", selon la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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55 - Falon'din, chalant des morts, ami des morts

"O Falon'Din
Lethanavir, chalant des morts
Guide mes pas, apaise mon âme,
Conduis-moi à mon repos."i

En des temps anciens, le peuple était éternel, insensible à l'âge. En lieu et place de mort, les anciens elfes s'adonnaient à l'uthenera, le "long sommeil", et arpentaient les sentiers tortueux de l'Après aux côtés de Falon'Din et de son frère Dirthamen. Ces doyens apprenaient les secrets des rêves et certains revenaient parmi les leurs, forts d'un savoir neuf.

Las, nous sommes déchus de cette immortalité. Ceux d'entre le peuple qui nous quittaient partaient arpenter à jamais l'Après avec Falon'Din. S'ils recevaient sur leur passage les enseignements de Dirthamen, ce savoir était perdu, car il les accompagnait dans l'Après et ne retournait jamais auprès du peuple.

Alors, Fen'Harel nous priva des dieux par la ruse et ceux qui nous quittaient n'eurent plus Falon'Din pour guide. Nous apprîmes à porter nos bien-aimés en leur dernière demeure munis d'un bâton de chêne pour leur éviter de trébucher au détour d'un sentier, ainsi que d'une branche de cèdre pour disperser les corbeaux Peur et Duperie, jadis serviteurs de Dirthamen, aujourd'hui privés de maître.

D'après la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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56 - Fen'Harel, le grand loup

Nous ne connaissons que peu de choses à propos de Fen'Harel qui, dit-on, n'avait cure de notre peuple. Elgar'nan et Mythal ont créé le monde que nous connaissons, Andruil nous a enseigné les Voies du chasseur, Sylaise et June nous ont donné le feu et les façons ; Fen'Harel, lui, n'avait d'yeux que pour lui-même. Après la destruction d'Arlathann, quand il trahit les dieux et les rendit sourds à nos prières, il est dit que Fen'Harel passa des siècles en un lieu reculé de la terre, tout à sa jubilation insensée.

Les légendes disent qu'avant la chute d'Arlathann, les dieux que nous connaissons et révérons s'étaient livrés à une guerre éternelle avec d'aucuns des leurs. Il n'est pas un hahren parmi nous qui se souvient encore de ces derniers : ce n'est que dans nos rêves que nous entendons murmurer les noms de Geldauran et Daern'thal et Anaris, car ce sont les Grands Déperdus, dieux de terreur, méchanceté, mépris et pestilence. En les temps anciens, seul Fen'Harel savait marcher sans peur parmi nos dieux comme parmi les Grands Déperdus, car si par son sang il était des dieux du peuple, les Grands Déperdus connaissaient sa malice et voyaient en lui l'un des leurs.

Et ainsi advint-il que Fen'Harel les dupa. Aux dieux, il affirma qu'ils devaient se retrancher dans les cieux pendant qu'il négociait une trêve, et eux qui l'embrassaient comme un frère le crurent. Aux Grands Déperdus, il prétendit qu'il allait faire chuter les dieux, pourvu que ces derniers se retirent un temps dans l'abîme, et ils le crurent. Tous prêtèrent foi à Fen'Harel, et tous furent trahis. Fen'Harel les enferma pour que jamais plus ils ne puissent marcher aux côtés du peuple.

Tiré du "Triomphe de Fen'Harel", d'après la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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57 - Ghilan'nain, mère des hahl

L'on dit que Ghilan'nain faisait partie du peuple d'avant Arlathann. Elue d'Andruil la chasseresse, elle était gracieuse comme une gazelle et d'une beauté radieuse, de par sa chevelure d'un blanc immaculé. Elle était toujours fidèle aux Voies d'Andruil qui, en retour, lui accordait la primeur de ses grâces.

Un jour qu'elle posait ses collets dans la sylve, Ghilan'nain rencontra un chasseur qui lui était inconnu. A ses pieds, un faucon dont il avait percé le coeur d'une flèche. Ghilan'nain bouillonnait de rage, car le faucon est avec le lièvre l'un des animaux bien-aimés d'Andruil ; aussi exigea-t-elle que le chasseur présentât une offrande à Andruil pour expier ce meurtre. Devant le refus du chasseur, Ghilan'nain invoqua sur lui la malédiction de la déesse, afin que plus jamais il ne pût chasser et tuer créature vivante.

Fidèle à la malédiction, le chasseur s'aperçut qu'il était devenu incapable de chasser : ses proies s'enfuyaient dès son arrivée et ses flèches s'égaraient. Bientôt, amis et parents se riaient de son impotence, car que vaut un chasseur s'il ne peut prendre de proies ? De honte, l'homme se jura de retrouver Ghilan'nain et lui revaloir ce qu'elle lui avait infligé.

Il débusqua Ghilan'nain alors qu'elle chassait avec ses soeurs et l'attira loin d'elles à force de mensonges et de promesses creuses. Il lui assura qu'il avait compris la leçon et la supplia de le suivre pour procéder à une offrande à Andruil en bonne et due forme. dau. Émue par sa supplique, Ghilan'nain suivit le chasseur qui, une fois loin des soeurs, se retourna contre elle. Il commença par l'aveugler puis la ligota comme on ligote une proie que l'on vient de tuer. Mais en vertu de la malédiction, le chasseur ne pouvait la tuer ; il se contenta donc de la laisser pour morte en forêt.

Ghilan'nain implora alors l'aide des dieux. Elle pria pour qu'Elgar'nan lui accorde la vengeance, pour que mère Mythal la protège, mais plus encore, elle pria Andruil. Celle-ci lui envoya ses lièvres qui rongèrent ses liens. Hélas, Ghilan'nain, blessée, aveuglée, ne pouvait rentrer chez elle. Aussi Andruil se changea-t-elle en un magnifique cerf blanc, le premier des halla. Alors, Ghilan'nain retrouva ses soeurs et les conduisit jusqu'au chasseur, qui reçut juste rétribution.

A dater de ce jour, les halla ont guidé le peuple. Jamais ils ne nous ont égarés, car ils entendent la voie de Ghilan'nain.

--D'après le "Dit de Ghilan'nain", selon la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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58 - June, dieu des façons

Nous dédions tous nos arts à June, car c'est lui qui a enseigné à notre peuple comment plier les branches d'arbres pour façonner nos arcs, comment créer des couvertures à partir de peaux et d'écorce de fer. Sans June, aurions-nous aravel, harnais pour nos hahl ?

Quand le peuple était jeune, nous errions indécis dans les forêts. Nous nous abreuvions aux ruisseaux, mangions les baies et noix sur notre chemin. Nous ne chassions pas, faute d'arc ; nous ne portions rien car rouet et couture nous étaient inconnus. Nous frissonnions par les nuits froides et avions le ventre vide dans la rude saison, quand le monde était recouvert de glace et de neige.

Alors vint Sylaise le veilleur des foyers, qui nous donna le feu et nous enseigna comment l'attiser avec le bois. June nous confia le secret des arcs, des flèches et des couteaux pour que nous puissions chasser. Nous apprîmes à cuire sur le feu de Sylaise la chair de nos proies, à nous vêtir de leurs fourrures et de leurs peaux. Dès lors, le peuple n'avait plus à redouter ni le froid ni la faim.

--D'après la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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59 - Mythal, la Toute-protectrice

Elgar'nan avait vaincu son père, le Soleil, et tout était baigné de ténèbres. Satisfait, Elgar'nan s'employa à consoler sa mère, la terre, en remplaçant tout ce que le Soleil avait détruit ; mais la terre savait que sans Soleil n'était nulle vie. Elle en fit part à Elgar'nan et l'implora de libérer son père, mais tels étaient l'orgueil et la soif de vengeance d'Elgar'nan qu'il refusa.

Alors, Mythal émergea de l'océan de larmes qu'avait pleurées sa mère. Elle plaça la main sur le front d'Elgar'nan et à son contact, celui-ci s'apaisa et comprit que sa colère l'avait dévoyé. Soulagé de son orgueil, Elgar'nan gagna l'endroit où était enfoui son père et lui promit de le libérer si, en retour, celui-ci faisait preuve de douceur et s'en retournait chaque nuit à la terre. Le Soleil, pris de remords, accepta.

Il advint ainsi que le Soleil reprit son essor et baigna la terre d'une douce lumière dorée. Elgar'nan et Mythal, avec l'aide de la terre et du Soleil, ramenèrent à la vie toutes les merveilles que l'astre avait détruites. Et cette nuit-là, lorsque le Soleil fut parti trouver le sommeil, Mythal recueillit la terre miroitante qui environnait son lit et en fit une sphère qu'elle plaça dans le ciel, humble reflet de sa gloire véritable.

--Tiré du "Dit de Mythal au doux toucher", d'après la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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60 - Sylaise, le veilleur des foyers

Sylaise le veilleur des foyers passe pour la soeur d'Andruil la chasseresse. Alors qu'Andruil aimait à courir parmi les hôtes des bois, Sylaise préférait rester auprès de son arbre d'attache, à s'adonner aux arts et au chant.

Ce fut Sylaise qui nous donna le feu et nous en enseigna les secrets ; elle aussi qui nous montra comment guérir grâce aux herbes et à la magie, comment soulager l'entrée des enfants en ce monde ; elle encore qui nous révéla comment tisser les fibres des plantes pour en faire fils et cordes.

Nous devons beaucoup à Sylaise, c'est pourquoi nous lui dédions un chant à chaque fois que nous attisons ou étouffons le feu, c'est pourquoi nous répandons sur nos aravels la mousse parfumée de Sylaise pour lui demander sa protection.

--D'après la tradition orale de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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61 - Aeonar

Du temps où l'Empire tévintide occupait la région que l'on appelle aujourd'hui Férelden, deux sites s'y consacraient à l'expérimentation magique, aux extrémités de la Voie impériale. Celui au sud était la forteresse d'Ostagar qui surplombait les terres sauvages de Korcari ; au nord, Aeonar, dont l'emplacement exact n'est plus connu que par une poignée de templiers.

Nul ne sait ce que les Tévintides cherchaient à découvrir à Aeonar, mais ils ne terminèrent jamais leur oeuvre : la forteresse fut envahie par les disciples d'Andrasté à l'annonce de sa mort. A en croire la légende, ce fut un massacre, mais un massacre d'un silence surnaturel, car les envahisseurs avaient surpris les mages alors que tous sauf un étaient dans l'Immatériel.

Le bâtiment en réchappa intact, mais gravement compromis dans son équilibre spirituel. C'est peut-être pour cette raison que la Chantrie en fit une prison pour maléficiens présumés et apostats ; ceux dont le lien avec l'Immatériel est fort y attirent inévitablement les démons, ce qui permet de séparer plus facilement le bon grain de l'ivraie.

--Extrait de "Des feux, des Cercles et des templiers : Histoire de la magie dans la Chantrie<" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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62 - Andrasté, Compagne du Créateur

Jadis existait sur la côte de la Mer d'écume un minuscule village de pêcheurs dont l'Empire tévintide réduisit les habitants en esclavage et les vendit sur les marchés de Minrathie, en n'épargnant que vieillards et infirmes. Parmi les captifs, la jeune enfant Andrasté.

Elle grandit donc esclave en une contrée lointaine, puis un jour parvint à s'échapper et entreprit seule le long et périlleux voyage pour retourner en sa terre natale. D'esclave, elle devint femme d'un seigneur alamarri.

Chaque jour, elle élevait aux dieux un chant pour les implorer d'aider les siens, restés esclaves à Tévinter. Les faux dieux des montagnes et des vents ne daignaient pas lui répondre, mais le dieu véritable vint à elle.

Le Créateur parla. Il lui montra tout ce qu'Il avait fabriqué de Sa main : l'Immatériel et le monde et toutes les créatures qui les peuplaient. Il lui fit voir que les hommes L'avaient oublié, qu'ils adoraient idoles muettes et démons, et qu'Il les avait abandonnés à leur sort. Mais sa voix Lui était parvenue et L'avait à ce point ravi qu'Il lui offrait un place à Ses côtés, en souveraine de la création.

Mais Andrasté ne pouvait se résoudre à abandonner son peuple.

Elle supplia le Créateur de revenir parmi Ses enfants, de les sauver du cruel Empire tévintide. A contrecoeur, le Créateur accepta de donner à l'homme une seconde chance.

Andrasté s'en retourna auprès de Maférath, son époux, et lui répéta tout ce que le Créateur lui avait révélé. Ensemble, ils rallièrent les Alamarri et marchèrent sur les seigneurs-mages de l'Empire, le Créateur à leurs côtés.

L'épée du Créateur était la création elle-même : feu et inondation, famine et tremblement de terre. Partout où ils allaient, Andrasté répandait la bonne parole du Créateur et les disciples d'Andrasté se faisaient de plus en plus nombreux, jusqu'à devenir une véritable marée qui se déversa sur l'Empire. Mais lorsque Maférath s'aperçut que toute l'attention était portée sur Andrasté, le serpent de la jalousie enserra son coeur.

Enfin, les armées d'Andrasté et de Maférath parvinrent aux portes de Minrathie, mais Andrasté n'était pas avec eux.

En effet, Maférath avait livré en secret Andrasté aux Tévintides ; en contrepartie, l'archonte lui donnait toutes les terres au sud de la Mer d'écume.

Ainsi donc, devant toutes les armées alamarri et tévintides, Andrasté fut attachée sur un bûcher et brûlée vive tandis que son époux ici-bas faisait détourner les yeux de son armée, car son coeur avait été dévoré. Mais en contemplant le bûcher, l'archonte fut pris de pitié pour Andrasté. Il dégaina son épée et lui offrit la miséricorde d'une mort rapide.

Le Créateur pleura la mort de Sa bien-aimée, maudit Maférath, maudit la trahison de l'humanité et se détourna à nouveau de Sa création en n'emmenant avec lui qu'Andrasté. Depuis lors, notre Dame siège à Ses côtés et l'exhorte inlassablement à avoir pitié de Ses enfants.

--Tiré des "Sermons de Justinia II".

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63 - Le Droit d'oblitération

En l'an 83 de l'Ere des gloires, l'un des mages du Cercle névarran fut surpris qui pratiquait les arcanes interdits ; aussi les templiers l'exécutèrent-ils sans tarder, faisant souffler un vent de colère sur le Cercle. Certains mages portèrent plusieurs attaques magiques contre les templiers pour venger leur confrère, sans que le chevalier-capitaine fût capable d'identifier les responsables.

Trois mois plus tard, les mages invoquèrent un démon qu'ils libérèrent sur leurs geôliers. Hélas, ne contrôle pas un démon qui veut. Après avoir tué la première vague de templiers qui tentait de le restreindre, le démon s'empara de l'un de ses invocateurs. L'abomination qui en naquit massacra templiers et mages sans distinction avant de fuir dans la campagne.

La Grande prêtresse envoya une légion de templiers aux trousses du fugitif, qui fit 70 victimes avant d'être occis un an plus tard.

Afin que plus jamais la catastrophe du Névarra ne se reproduisît, Divine Galatée accorda à toutes les Grandes prêtresses de la Chantrie le pouvoir d'annihiler un Cercle s'il devenait impossible de le sauver. Ce Droit d'oblitération a été mis en pratique à 17 reprises durant les 7 derniers siècles.

--Extrait de "Des feux, des Cercles et des templiers : Histoire de la magie dans la Chantrie" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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64 - Apostats

Il n'est pas rare que le néophyte, sans doute induit en erreur par les déclarations fallacieuses de la Chantrie, confonde apostats et maléficiens. Or si un apostat est souvent maléficien, ce n'est pas toujours le cas. Un maléficien est un mage qui emploie les arcanes interdits tels que la magie du sang et l'invocation des démons, tandis que par apostat, l'on désigne simplement le mage qui échappe à la gouverne du Cercle des mages, et donc de la Chantrie. Ils sont traqués par les templiers et, bien souvent, se tournent vers les arcanes interdits pour survivre, mais il serait mensonger de dire que tous les apostats commencent ainsi.

Historiquement, il existe deux types d'apostats : les mages qui ont quitté le Cercle, et ceux qui n'en ont jamais fait partie. Parmi ces derniers figurent notamment les "rebouteux", ces individus dotés de facultés magiques qui vivent dans les contrées reculées et suivent une tradition magique différente de la nôtre. Certains ne sont pas même au fait de leur nature : leurs facultés latentes peuvent s'exprimer de diverses façons que le rebouteux peut attribuer, qui à sa foi, qui à sa volonté, qui à une entité distincte. Certaines de ces traditions sont transmises de génération en génération, comme c'est par exemple le cas pour les prétendues "sorcières" des sauvages chasinds ou encore les "chamans" des barbares alvars.

Quelle que soit la provenance de l'apostat, la Chantrie ne fait aucune distinction : les templiers le traquent systématiquement pour faire régner l'ordre, ce qui dans la grande majorité des cas passe par son exécution. Si pour quelque raison impérieuse le mage doit rester en vie, il subit alors le Rite de l'apaisement. L'approbation du Cercle des mages n'a ici aucune valeur : c'est ainsi, voilà tout.

--Extrait du "Bon distinguer des récurrences" de Halden, Premier enchanteur d'Osterburg, 8:80 des bontés.

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65 - La Cité Noire

Qui se retrouve dans l'Immatériel ne peut manquer d'apercevoir la Cité Noire, l'une des rares constantes de ce lieu en perpétuelle mutation. Où que l'on se trouve, la Cité est toujours visible, quoique toujours au loin ; la seule règle géographique de l'Immatériel est, semble-t-il, que tout point est équidistant de la Cité Noire.

Le Cantique nous enseigne que la Cité Noire était autrefois le siège du Créateur d'où Il gouvernait l'Immatériel, dépeuplé lorsque les hommes se détournèrent de Lui. Ni rêveurs ni esprits ne s'y rendent. Même les démons les plus puissants semblent éviter cet endroit.

Jadis, dit-on, la Cité était toute d'or et de lumière, jusqu'au jour où un groupe de puissants inquisiteurs tévintides conçut le moyen d'y pénétrer. Ce faisant, la Cité se retrouva souillée et noircie. Mais gageons que la couleur était le moindre de leurs soucis.

--Tiré de "Par-delà le Voile : esprits et démons" de l'enchanteur Mirdromel.

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66 - L'Enclin

Pour grands que fussent leurs triomphes,
Les seigneurs-mages tévintides n'étaient qu'hommes
Condamnés à mourir.
Alors une voix susurra en leur coeur :
Allez-vous abandonner votre pouvoir
Au temps comme vulgaires animaux ?
Vous êtes seigneurs en ces terres !
Allez revendiquer le trône vacant
Des cieux et faites-vous dieux.

En secret ils oeuvrèrent
Sort après sort,
A force de pouvoir et de vanité
Ils érodèrent le Voile
Jusqu'à tant qu'il cédât.

Au-dessus d'eux, un fleuve de Lumière,
Par-devant eux le trône céleste, engageant,
Sous leurs pieds
Les pas du Créateur,
Alentour un infini, infini
Silence.

Mais à peine avaient-ils esquissé un geste
En direction du trône vacant
Que tonna une voix
Qui fit trembler jusques aux foundations
Des cieux et de la terre :

A chaque pas que vous faites ici,
Ma Cité d'Or est souillée.
Admirez la perfection, car elle est fugace.
Vous avez porté le péché aux cieux
Et les ténèbres au monde.

Ils furent jetés bas avec violence,
Car nul mortel ne peut pénétrer en son corps
Dans le royaume des rêves,
Arborant la marque de leur Crime :
Une apparence si vile
Et pervertie que nul ne pouvait plus
Les prendre pour hommes.

Ils se retranchèrent dans les profondeurs de la terre,
Loin de la Lumière.
Au tréfonds des ténèbres ils partirent
En quête de ceux qui les appelaient,
Jusqu'à trouver leur précieux,
Leur dieu, leur traître :
Dumat, le démon assoupi. Leur souillure
Pervertit même le faux dieu, et celui qui chuchotait
S'éveilla finalement, parmi la douleur et l'horreur,
Et les mena à l'assaut des nations du monde :
Le premier Enclin.

--"Oraisons" 8.

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67 - Les commandements du Créateur

Telles sont les vérités que le Créateur m'a révélées :
Comme il n'existe qu'un monde,
Une vie, une mort, il n'existe
Qu'un dieu, notre Créateur.
Ceux qui consacrent leur amour à de faux dieux,
Ceux-là sont des pécheurs.

La magie doit servir l'homme, et non l'asservir.
Bien méprisables sont ceux
Qui ont retourné Sa manne
Contre Ses enfants.
Ceux-là seront nommés maléficiens et leur nom sera maudit ;
Ils ne connaîtront le repos ni en ce monde,
Ni dans l'au-delà.

Du plus humble des esclaves au plus grand des rois,
Tous les hommes sont nés
Des mains du Créateur.
Qui sème le conflit et nuit
Au moindre de Ses enfants sans y avoir été contraint,
Celui-là est maudit par le Créateur.

Qui de ses actes est parjure, menteur,
Et cherche à duper, qu'il sache ceci :
Il n'est qu'une Vérité.
Notre Créateur est omniscient
Et jugera de leurs mensonges.

Rien n'est infini ici-bas.
Ce que gagne l'un, l'autre le perd.
Qui vole son prochain
Porte atteinte à son être et son esprit.
Notre Créateur le constate le coeur lourd.

--"Transfigurations" 1:1-5.

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68 - Le Créateur

Rien n'avait de nom
Ni les cieux, ni la terre, ni l'océan ni le Soleil.
Seul existait le silence.
Alors la Voix du Créateur retentit,
Le premier Verbe,
Et son Verbe devint tout ce qui serait jamais :
Rêve et idée, espoir et peur,
Possibilités infinies.
De cette matière, il créa ses premiers-nés.
Et il leur dit :
Je vous forge en Mon image
Et vous octroie gouverne
Sur toute Ma création.
Que votre volonté
Préside à toute chose.

Alors au centre des cieux,
Il fit jaillir
Une cité aux tours d'or,
Aux rues pavées de musique,
Aux bannières qui flottaient sans un souffle de vent.
En ce lieu Il trôna, à attendre
D'admirer les merveilles
Que créerait Sa progéniture.

Les enfants du Créateur se rassemblèrent
Au pied de Son trône d'or
Et chantèrent des hymnes et louanges sans fin.
Mais leur chant
Etait celui des pavés.
Ils brillaient des reflets
De l'or sur le trône du Créateur.
Ils portaient haut les bannières
Qui flottaient sans aide.

Et la voix du Créateur retentit
En l'Immatériel : J'ai façonné Mon premier-né
A Mon image. Vous avez reçu mainmise
Sur tout ce qui existe. La création est soumise
A votre vouloir.
Pourtant vous n'en faites rien.
Le royaume que Je vous ai donné
Est informe, inconstant.

Et Il sut que Son ouvrage avait failli.
Aussi le Créateur se détourna-t-Il de ses premiers-nés
Et prit à l'Immatériel
Une once de sa chair vivante
Qu'Il plaça loin des esprits. Et telles furent Ses paroles :
En ce jour, Je décrète
Qu'il est opposition en toute chose :
Pour la terre, le ciel
Pour l'hiver, l'été
Pour les ténèbres, la Lumière.
Seule Ma volonté peut rompre l'équilibre
Et insuffler au monde une nouvelle vie.

Et le monde n'était plus informe, inconstant,
Mais solide, immuable,
Doté de noms pour les cieux et la terre, l'océan et le Soleil.
Pour finir, le Créateur
Façonna dans le monde tangible
L'homme. Aussi immuable que la terre,
A l'âme peuplée de rêves et idées, espoirs et peurs,
Possibilités infinies.

Alors le Créateur dit :
A toi, mon deuxième enfant, Je lègue ce don :
En ton coeur brûlera
Une flamme inextinguible
Dévorante et jamais satisfaite.
Je t'ai façonné de l'Immatériel,
Et à l'Immatériel tu reviendras
Chaque nuit en songe
Pour te souvenir à jamais de Moi.

Alors le Créateur ferma à jamais les portes
De la Cité d'Or
Et en ce lieu Il trôna, à attendre
D'admirer les merveilles
Que créerait Sa progéniture.

--"Oraisons" 5:1-8.

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69 - Le Cantique de la Lumière : rédemption

Nombreux, ceux qui se vautrent dans le péché,
Persuadés d'être damnés de corps et d'âme,
Mais qui se repent, qui garde sa foi entière
Malgré les ténèbres du monde,
Qui traite les faibles sans veulerie ni dédain
Mais respecte la loi
Et les oeuvres du Créateur, celle-là connaîtra
La pureté bénite du Créateur.
La Lumière lui fera traverser dans la paix
Les voies de ce monde et de l'au-delà.
Pour celle qui s'en remet au Créateur, le feu est son eau.
Tout comme le papillon de nuit voit la lumière et s'approche de la flamme,
Elle doit voir le feu et s'approcher de la Lumière.
Le Voile ne lui réservera nulle incertitude,
Pas plus qu'elle ne redoutera la mort, car le Créateur
Sera son flambeau et son bouclier, ses fondations et son épée.

--"Transfigurations" 10.

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70 - La Chantrie impériale

D'aucuns prétendent que la Chantrie est pareille ailleurs qu'ici, que la Divine de Val Royeaux règne sans partage aux yeux du Créateur et que nul en Thédas n'en a jamais douté.

Ne les croyez pas.

"La magie doit servir l'homme, et non l'asservir" : ce deuxième commandement du Créateur n'a jamais revêtu le même sens dans l'ancien Empire tévintide que dans le reste du monde. Pour la Chantrie locale, il fallait comprendre que les mages ne doivent pas contrôler l'esprit d'autrui et s'efforcer en toute chose de mettre leur magie au service des souverains. Lorsque les prêtresses tévintides modifièrent le Cantique de la Lumière pour refléter cette interprétation du commandement, la Divine de Val Royeaux leur ordonna de s'en tenir au Cantique d'origine. Elles refusèrent, prétextant la déchéance de Val Royeaux ; en l'an 3:87 des tours, après une escalade constante du conflit, la Chantrie tévintide élut à sa tête un dirigeant "légitime et non corrompu", un homme et de surcroît l'un des membres les plus influents du Cercle des mages tévintide : le Divin Valhail. Inutile de dire que la simple existence de ce "Divin noir" passa pour un blasphème hors des frontières de Tévinter.

Après quatre Marches exaltées pour venir à bout de ces "rebelles", la Chantrie de Val Royeaux n'était parvenue qu'à entériner la séparation. Si les préceptes de la Chantrie impériale sont identiques dans les grandes lignes à ceux de la Chantrie traditionnelle, ils répriment moins la magie et cautionne les prêtres masculins. C'est aujourd'hui le Cercle des mages qui gouverne directement Tévinter, depuis qu'en 7:34 des tempêtes, l'archonte Nomaran fut élu directement parmi les rangs des enchanteurs, sous un tonnerre d'applaudissements de la populace, et ce malgré les anciennes règles qui interdisaient aux mages de se mêler de politique. En l'espace d'un siècle, les véritables souverains des diverses maisons impériales - les mages - assumaient leur place ouvertement au sein du gouvernement. Le Divin impérial continue à être nommé parmi les Premiers enchanteurs et endosse le double manteau de Divin et de Grand enchanteur.

Aux yeux de tout chantriste non tévintide, c'est là une suprême hérésie, un retour à l'ère des inquisiteurs qui nous a valu les Enclins. Mais le fait est que l'Empire tévintide, laissé à la merci des terribles Qunari, est parvenu à survivre. Tôt ou tard, les hostilités reprendront entre le Divin noir et la prétendue "Divine blanche".

--Extrait des "Edits du Divin noir" de père David le Qarinien, 8:11 des bontés.

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71 - Hiérarchie chantriste

La Divine est le chef attitré de la Chantrie, bien que depuis le schisme entre Val Royeaux et l'Empire tévintide, il existe de facto deux Divins simultanément : une femme que l'on appelle officieusement la Divine blanche, qui siège à la Grande Cathédrale de Val Royeaux, et le Divin noir, un homme qui trône dans la Flèche d'argent de Minrathie.

Ni la Divine, ni le Divin n'acceptent de reconnaître l'autre et les noms officieux passent pour sacrilèges. Homme ou femme, on appelle toujours un Divin "votre Sainteté" ou "votre Perfection".

Juste après les Divins viennent les Grandes prêtresses. Chacune préside sur de nombreuses chantries et représente la plus haute autorité religieuse à l'échelle régionale. Elles se rendent à Val Royeaux lorsque le Collège des prêtresses tient assemblée, mais restent la plupart du temps au poste qui leur a été attribué. Il convient de s'adresser à une grande prêtresse par "votre Grâce" ou "votre Excellence".

Vient ensuite la mère (ou, dans la Chantrie impériale, le père). Si une mère se voit confier une chantrie donnée, le terme "Révérende" est antéposé à son titre. Il s'agit là des prêtresses responsables du salut de leurs fidèles. Une mère ou Révérende mère est appelée "votre Révérence".

Frères et soeurs forment le tout-venant de la Chantrie. Ils sont répartis en trois groupes principaux : confirmés, initiés et prêtres. Les confirmés sont les frères et soeurs convers de la Chantrie, les petites gens qui se sont tournés vers la foi pour y trouver le secours. Ce sont souvent des individus qui ont mené une vie difficile ou impie et ont choisi de vivre en reclus, voire des orphelins et autres infortunés qui ont été élevés au sein de la Chantrie. Les confirmés s'occupent de la Chantrie en échange d'une vie de méditation et de tranquillité, loin de toute indiscrétion.

Seuls ceux qui prononcent leurs voeux deviennent initiés. Il s'agit là d'hommes et de femmes qui étudient, qui les sciences de l'esprit, qui les disciplines martiales. Tous les initiés reçoivent une éducation académique, mais seuls ceux qui souhaitent devenir templiers apprennent à combattre.

Véritables érudits de la Chantrie, les prêtres ont voué leur vie à la poursuite du savoir. On les trouve souvent dans les archives, à superviser les bibliothèques et autres dépositaires de savoir ancestral. Les plus âgés de ces prêtres, à qui l'on confie de telles archives, portent le titre de "doyen", bien qu'un tel rang reste inférieur à celui de mère. Tous les autres frères et soeurs sont appelés en antéposant leur titre à leur nom, par exemple "frère Génitivi".

Il est à noter en outre que le tutoiement est de mise au sein de la Chantrie ainsi qu'envers autrui, indépendamment de son rang et de son origine ; car aux yeux de la Chantrie, nous sommes tous frères et soeurs. Il reste néanmoins conseillé de vouvoyer les chantristes, sous peine de devenir immédiatement candidat à un prosélystisme effréné.

--Extrait d'un guide à l'intention des ambassadeurs riveniens.

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72 - Templiers

Bras armé de la Chantrie, l'Ordre des templiers a la réputation d'être stoïque et inflexible. Capables de dissiper et résister à la magie en sus de leurs puissantes aptitudes martiales, les templiers ont pour vocation principale de traquer les apostats, ces mages qui refusent de se plier à l'autorité du Cercle, ainsi que de lutter contre mages du sang et abominations.

Si les mages vouent souvent une certaine rancoeur aux templiers qui symbolisent la férule de la Chantrie sur la magie, les habitants de Thédas les considèrent comme des sauveurs et des guerriers saints, champions de toutes les vertus, armés d'une piété suffisant à protéger le monde des ravages de la magie impie. En réalité, l'Ordre recherche avant tout des guerriers chevronnés dotés d'une dévotion sans faille envers le Créateur, le sens moral n'étant pas le critère de choix principal : en effet, les templiers doivent faire preuve d'une certaine distance émotionnelle vis-à-vis de leurs missions, or la ferveur religieuse convient mieux à cette fin qu'un sens aigu de la moralité qui risque de les mener à contester certains ordres difficiles.

Les templiers tirent leur puissance du lyrium, un minerai que l'on dit source de toute création. Tandis que les mages s'en servent pour leurs sorts et rituels, les templiers l'ingèrent dans son état brut pour améliorer leur résistance à la magie. L'utilisation du lyrium est régulée par la Chantrie, mais cela n'empêche pas certains templiers de souffrir d'une dépendance dont les effets comprennent paranoïa, obsession et démence. C'est en toute connaissance de cause que les templiers se soumettent à ce "traitement" au service de l'Ordre et du Créateur.

C'est cette piété aveugle qui effraie le plus les mages lorsqu'ils s'attirent les attentions des templiers : il est alors impossible de les raisonner et pourvu qu'ils soient préparés, la magie est quasiment sans effet sur eux. Poussés par la foi, les templiers sont l'une des forces les plus craintes et respectées de Thédas.

--Extrait du "Bon distinguer des récurrences" de Halden, Premier enchanteur d'Osterburg, 8:80 des bontés.

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73 - La fondation de la Chantrie

Kordillus Drakan, roi de la cité-Etat d'Orlaïs, était un homme à l'ambition peu commune. En l'an -15 des anciens, le jeune souverain entama la construction d'un grand temple dédié au Créateur et jura qu'à son achèvement, il aurait non seulement uni les cités-Etats rivales du sud, mais aussi propagé le culte andrastien partout ici-bas.

En -3 des anciens, le temple était terminé. En son sanctuaire, Drakan s'agenouilla devant la flamme éternelle d'Andrasté et fut couronné souverain de l'Empire orlésien. Son premier acte en tant qu'empereur fut de déclarer la Chantrie religion andrastienne impériale.

Il fallut trois ans et plusieurs centaines de votes avant qu'Olessa de Montsimmard ne fût nommée à la tête de la Chantrie. Lors de son sacre au titre de Divine, elle prit le nom de Justinia, en l'honneur de la disciple qui avait recueilli les chants d'Andrasté. Le monde entrait alors de plain-pied dans l'Ere des Divines.

--Tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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74 - La Fraternité des enchanteurs

La fraternité est un autre aspect de la vie au Cercle. Lorsqu'un mage devient enchanteur, il peut s'allier à une fraternité, une clique de mages non limitée au Cercle dont il dépend, ayant pour but de porter leurs intérêts communs jusqu'au Collège des mages à Combrelande. Les plus grandes fraternités sont aujourd'hui :

- les Loyalistes, qui préconisent loyauté et obéissance envers la Chantrie ;
- les Equitables, défenseurs de la modération auquel tout mage devrait selon eux se conformer ;
- les Libertaires à l'influence croissante, qui revendiquent officiellement plus de pouvoir pour les Cercles, officieusement une séparation complète vis-à-vis de la Chantrie, opinion bien entendu dangereuse ;
- les Isolationnistes, petit groupe convaincu que les mages doivent se retirer dans un territoire éloigné pour éviter les conflits avec la populace ;
- les Lucrosiens, hérauts des intérêts économiques du Cercle, qui font passer en priorité l'accumulation de richesses et l'influence politique.

Jusqu'à aujourd'hui, une alliance entre Loyalistes et Equitables a empêché les Libertaires de gagner trop d'ascendant, mais certains signes indiquent que les Equitables envisagent de s'allier aux Libertaires. Si c'est le cas, bien des mages prédisent une guerre intestine parmi les Cercles.

--Extrait de l'"Histoire du Cercle des mages" du Premier enchanteur Asymbel.

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75 - Hiérarchie du Cercle

Il n'est pas simple de protéger le tout-venant des mages et les mages d'eux-mêmes. Chaque tour du Cercle doit être dotée d'un semblant d'autonomie, car le Créateur nous a donné à tous la responsabilité de nos actes : nous vautrer dans le péché, ou atteindre grâce et gloire par la seule force de notre volonté.

Vous, qui aurez pour tâche de protéger le Cercle, devez en comprendre les rouages. Chaque tour a le Premier enchanteur pour coeur. C'est à lui de déterminer la marche que suivra son Cercle, de choisir quels apprentis peuvent être mis à l'épreuve pour devenir mages de plein droit ; vous serez amené à coopérer étroitement avec lui.

Les enchanteurs de rang sont les assistants du Premier enchanteur, conseil restreint des mages les plus respectés et expérimentés de la tour. C'est ce groupe qui choisit le successeur du Premier enchanteur. Puis viennent les enchanteurs, précepteurs et mentors de la tour ; vous devez établir un dialogue avec eux pour connaître la conjoncture du Cercle, car les enchanteurs savent toujours ce qui se passe parmi les enfants.

Tous ceux qui ont surmonté leur Confrontation mais n'ont pas pris d'apprenti sont mages. C'est en ce groupe, en cette jeunesse oisive et inexpérimentée, que surviennent généralement les agitations. Enfin, les apprentis non éprouvés représentent la majeure partie de la tour, mais l'incomplétude de leur formation leur est plus nuisible à eux qu'à autrui.

--Chevalier-capitaine Serain, dans une lettre adressée à son successeur.

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76 - Histoire du Cercle

Comme le veut un axiome universel, il n'est rien qui incite plus à méfaire que de se voir interdire de faire quelque chose. Hélas, la Chantrie de l'Ere des Divines semblait avoir quelques problèmes à saisir ce concept : sans pour autant bannir la magie - bien au contraire, car elle en avait besoin pour entretenir la flamme éternelle qui brûle dans chaque chantrie - elle relégua les mages au rang d'allumeurs de bougies et de lampes, voire au besoin nettoyeurs de chevrons et de gouttières.

J'invite dès à présent mes lecteurs à considérer l'attitude des mages investis d'un tel rôle.

A la non-surprise générale, donc, les mages de Val Royeaux soufflèrent les flammes sacrées de la cathédrale et se barricadèrent dans le jubé ; générale, sauf pour Divine Ambroisie II qui, outrée, voulut ordonner une Marche exaltée sur sa propre cathédrale. Même les plus dévots de ses templiers l'en découragèrent. 21 jours durant, les feux restèrent éteints tandis que les négociations suivaient leur cours, à en croire la légende, à grands cris de part et d'autre du jubé.

Les mages consentirent de bon coeur à s'exiler dans une lointaine forteresse hors de la capitale, où ils vivraient sous la vigilance des templiers ainsi que d'un conseil de leurs propres doyens. En marge de la société normale, en marge de la Chantrie, les mages formeraient leur propre société fermée, le Cercle, séparés pour la première fois de l'Histoire humaine.

--Extrait de "Des feux, des Cercles et des templiers : Histoire de la magie dans la Chantrie" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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77 - L'Immatériel

De tout temps, l'homme a étudié l'Immatériel, car depuis lors que nous rêvons, nous arpentons ses chemins sinueux pour parfois apercevoir brièvement la cité en son coeur, toujours à portée de main comme nos propres pensées, mais à jamais séparée de notre monde.

L'Empire tévintide consacra jadis des fortunes colossales en or, en lyrium et en esclaves humains à la cartographie de l'Immatériel, entreprise qui se révéla totalement futile. Bien que ce domaine soit divisé entre puissants esprits, tout l'Immatériel est en constante mutation. L'Empire parvint à trouver les royaumes disparates et instables d'une douzaine de seigneurs démons, ainsi qu'à recenser quelques centaines de types d'esprits, avant de devoir abandonner le projet.

La relation du rêveur à l'Immatériel est complexe. Même lorsqu'un mortel pénètre dans ce monde à l'aide de lyrium, il n'est pas capable d'exercer une quelconque influence. Les esprits qui y résident n'ont pas cette entrave ; toutefois, la Chantrie nous enseigne que leur faille est de n'avoir ni imagination ni ambition. Ils créent ce qu'ils voient en leur visiteur assoupi, construisent des doubles complexes de nos cités, de nos congénères, de notre vécu. Mais comme le reflet que projette un miroir, ces doubles sont dénués de contexte, de vie propre. Même les démons les plus puissants ne font que plagier les noires pensées et les peurs des mortels, et construisent leurs royaumes sans autre ambition que de goûter à la vie.

--Tiré de "De l'apaisement et du rôle de l'Immatériel en la culture humaine" du Premier enchanteur Asymbel.

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78 - La Confrontation

Rien ne terrifie les apprentis du Cercle plus que la Confrontation. L'on ne sait guère en quoi consiste ce rite de passage, une incertitude déjà inquiétante ; mais il est établi que si les apprentis qui réussissent cette épreuve deviennent membres à part entière du Cercle des mages, les autres disparaissent à jamais sans que l'on connaisse leur sort. Peut-être sont-ils tués sur le coup. Au Cercle du Riveïn, j'entendis une rumeur d'un ridicule consommé selon laquelle les apprentis infructueux étaient transformés en pourceaux, engraissés et servis à dîner aux enchanteurs de rang. Rien n'indiquait pourtant que le Cercle du Riveïn mangeât du porc à l'excès.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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79 - Lyrium

Plus de la moitié des richesses d'Orzammar sont dues à une substance d'une extrême rareté : le lyrium. La Chantrie y voit les "eaux de l'Immatériel" dont fait état le Psaume des oraisons, l'essence même de la création dont s'est servi le Créateur pour façonner le monde. Seule une poignée de familles parmi la caste des mineurs se risquent à extraire ce minerai, en trouvant des filons "à l'oreille" ; car dans sa forme brute, le lyrium chante et ceux qui en ont la disposition peuvent l'entendre malgré les strates rocheuses.

Les nains ont beau jouir d'une résistance naturelle, le lyrium brut est à ce point dangereux à manipuler que seuls les mineurs vétérans s'en chargent. Même chez les nains, l'exposition à ce minerai non traité peut provoquer surdité ou perte de mémoire. Chez les humains et les elfes, tout contact direct avec le lyrium engendre des nausées, des cloques et la démence. Quant aux mages, ils ne peuvent pas même s'approcher du lyrium non traité sous peine de mourir sur l'heure.

Malgré ses dangers, le lyrium est le minerai le plus précieux au monde. Dans l'Empire tévintide, il valait plus cher que le diamant. Les nains vendent une infime partie du minerai traité à ceux de la surface et gardent la majorité de leur production pour leurs forgerons qui en créent les meilleures armes et armures naines. Le lyrium traité qui parvient en surface est expédié exclusivement à la Chantrie qui veille à sa régulation. Il est ensuite fourni aux templiers qui s'en servent pour traquer et combattre les maléficiens, ainsi qu'aux mages.

C'est aux mains de ces derniers que le lyrium livre tout son potentiel. Leurs artisans formori en font toute une palette d'objets utiles, depuis les plus pratiques comme les pierres de construction magiquement durcies, jusqu'à la légendaire armure d'argent du roi Calenhad.

Mélangé à un liquide et consommé, le lyrium permet aux mages de pénétrer conscients dans l'Immatériel, où les autres n'arrivent qu'en rêve. Ces potions peuvent également contribuer à lancer certains sorts particulièrement difficiles en démultipliant temporairement les capacités du mage.

Toutefois, la consommation prolongée de lyrium engendre une dépendance, un besoin irrésistible. Au fil du temps, les templiers perdent leurs repères, n'arrivent plus à distinguer le passé du présent, le rêve de la réalité. Leurs pires souvenirs et cauchemars hantent leur quotidien et les font sombrer dans la folie de la persécution. Il est également arrivé que les mages subissent des mutations physiques : ainsi, les inquisiteurs de l'Empire tévintide auraient été à ce point affectés par leurs abus de lyrium que leur propre famille ne parvenait plus à les reconnaître, ni même à retrouver la trace de leur humanité passée.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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80 - Maléficiens

Il a été demandé : "que sont les maléficiens ? Comment les reconnaître ?" Cette question m'a troublée tout autant que vous. C'est en quête de la sagesse du Créateur que vous venez à moi, mais seule notre sainte Andrasté a jamais vu son coeur. J'ai donc fait comme le font tous les mortels et cherché les réponses dans les paroles de Sa prophétesse. Là, mon âme troublée a trouvé le réconfort.

Car ne nous a-t-elle pas enseigné : "la magie doit servir l'homme, et non l'asservir" ? Aussi, je vous le dis, celui qui de la magie domine l'esprit et le coeur d'autrui transgresse la loi du Créateur.

Notre Dame a dit également : "qui sème le confit et nuit au moindre de Ses enfants sans y avoir été contraint, celui-là est maudit par le Créateur". Il ne peut donc exister de doute : la magie qui pour être assouvie doit nuire à autrui, se gorger de son sang, cette magie est maudite par le Créateur.

Les mages qui honorent le Créateur et sont garants de Ses lois, nous les accueillons en frères et en soeurs. Ceux qui rejettent les lois du Créateur et les mots de Sa prophétesse sont des apostats. Seul l'ostracisme et la plus grande sévérité sont de mise face à eux.
--Tiré des "Sermons de Justinia I".

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81 - Mana et magie

La mana est ce qui définit un mage, un potentiel qui réside en chacun mais ne se manifeste pas toujours. Tous les hommes ont un lien avec l'Immatériel, ne serait-ce que par leurs rêves. La mana est la mesure de la faculté à canaliser la puissance de l'Immatériel ; c'est cette puissance qui est utilisée pour lancer un sort.

Comme en toute chose, elle a ses limites. De même qu'un homme ne peut soulever qu'un poids donné, un mage ne peut lancer plus de sorts qu'il n'en a la mana. S'il veut avoir recours à une magie au-delà de ses forces, il doit stimuler sa mana à l'aide de lyrium. A défaut, les plus téméraires peuvent également consacrer leur énergie vitale à invoquer la magie ; de temps à autre, quelque apprenti ambitieux se blesse ou meurt ainsi par surmenage.

--Tiré des "Cours magistraux du Premier enchanteur Wenselus".

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82 - Possession démoniaque

Pourquoi les démons cherchent-ils à posséder les vivants ?

L'Histoire affirme qu'il s'agit d'esprits malfaisants, premiers enfants du Créateur, qui nous témoignent jalousie et ressentiment d'avoir accaparé à leurs dépens Son attention. Ils épient les vivants à travers le Voile sans comprendre ce qu'ils voient, animés pourtant par l'envie de s'en emparer. Ils désirent la vie, attirent les vivants par-delà le Voile durant leur sommeil et se repaissent de leur inconscient à l'aide de cauchemars. Dès que possible, ils franchissent le Voile pour passer dans notre monde et s'en saisir.

Nous savons que tout démon qui rencontre un mage cherche invariablement à le posséder ; il en résulte une abomination. Ce que l'on sait moins, c'est que la force d'une abomination dépend de la puissance du démon possesseur. Il en va d'ailleurs de même pour toutes les créatures possédées. Tous les démons ne se valent pas.

Il est en effet possible d'établir une catégorisation des démons. Celle de l'enchanteur Brahm, dressée selon la portion de l'inconscient dont ils se repaissent, prévaut depuis l'Ere des tours.

Selon Brahm, les démons les plus faibles et les plus communs sont ceux de la colère. Ce sont les moins intelligents, les plus prompts aux actes de violence à l'encontre des vivants. Ils épuisent rapidement leur énergie, bien que les plus puissants d'entre eux soient capables de manifester une force impressionnante, voire la faculté de matérialiser le feu.

Viennent ensuite les démons de la faim. Incarnés dans un hôte en vie, ils deviennent cannibales et vampires ; dans un mort, ils se repaissent des vivants. Ils ont le pouvoir de drainer l'énergie vitale et la mana de leurs proies.

Les démons de la paresse, quant à eux, sont les premiers de la classification de Brahm à manifester une réelle intelligence. Sous sa forme véritable, ce démon est appelé ombre, entité quasi indistincte et invisible, car telle est la nature de la paresse. Elle se cache pour mieux ferrer sa proie ; contrainte au combat, elle sème épuisement et apathie.

Les démons du désir, enfin, font partie des plus puissants de leur hiérarchie. Ce sont aussi les plus prompts à proposer un marché aux vivants, en exploitant toutes leurs convoitises - richesse, pouvoir, désir sexuel ; marché qui se retourne généralement contre les vivants. Le démon du désir est maître des illusions et du contrôle mental.

Les démons les plus puissants et les plus redoutés sont ceux de l'orgueil. Maîtres de la magie et dotés d'un intellect surdéveloppé, ils agissent par la ruse et la manipulation. Ce sont eux qui s'emploient le plus activement à posséder les mages et ils n'hésitent pas à faire franchir le Voile à d'autres démons pour parvenir à leurs propres fins... bien que nul ne sache quelles sont au juste ces fins. Un démon majeur de l'orgueil qui franchit le Voile représente un danger d'ampleur mondiale.

--Tiré des "Premiers enfants du Créateur" de Bader, enchanteur de rang d'Ostwick, 8:12 des bontés.

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83 - Les règles cardinales de la magie

N'en venez surtout pas à croire que la magie est toute-puissante. Elle a ses limites dont même les plus grands mages ne peuvent s'affranchir.

Nul n'a ainsi trouvé un moyen de voyager - que ce soit sur de longues ou de courtes distances - autre que de mettre un pied devant l'autre. L'immuable nature du monde physique nous en empêche. Vous ne pouvez donc pas apparaître brusquement à Minrathie pour emprunter une tasse de thé, encore moins faire venir jusqu'à votre pupitre la dissertation que vous avez "oubliée" au dortoir des apprentis. Il vous faudra simplement être préparés.

De même, lorsque vous dépêchez votre esprit dans l'Immatériel, votre corps reste à sa place. Cette barrière n'a été surmontée qu'une seule fois, moyennant dit-on les deux-tiers du lyrium de tout l'Empire tévintide ainsi que le sang de plusieurs centaines d'esclaves. Le résultat fut un désastre complet.

Enfin, toute vie a un début et une fin. Le guérisseur doué peut ramener quelqu'un qui a un pied dans la tombe, dont le coeur a cessé de battre mais dont l'esprit s'accroche encore à la vie ; en revanche, lorsque l'esprit a quitté le corps, on ne peut l'y rappeler. N'y voyez pas un échec personnel, mais une loi de l'univers.

--Tiré des "Cours magistraux du Premier enchanteur Wenselus".

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84 - La magie du sang : l'école interdite

"Tel est vil et perverti
Qui a reçu Mon don
Pour le retourner contre Mes enfants."

--"Transfigurations" 18:10.

A l'origine, les Tévintides d'antan ne considéraient pas la magie du sang comme une école magique à part entière, mais plutôt comme un moyen de parvenir à augmenter la puissance de toute magie. Si elle porte ce nom, c'est bien évidemment parce qu'elle utilise la vie, plus précisément le sang, en lieu et place de mana. Les inquisiteurs avaient ainsi coutume de conserver des esclaves dont ils utilisaient le sang pour lancer les sorts qui dépassaient leurs capacités.

Au fil du temps, toutefois, l'Empire découvrit divers sorts que seul le sang rendait possibles. Bien que le lyrium fût capable d'envoyer l'esprit conscient d'un mage dans l'Immatériel, le sang lui permettait de trouver l'esprit assoupi d'autrui, de pénétrer dans ses rêves et même d'influencer voire de dominer ses pensées. Pire encore, la magie du sang permet d'ouvrir totalement le Voile pour permettre aux démons de s'engouffrer physiquement dans notre monde.

L'avènement du Cantique de la Lumière et la chute de l'ancien Empire qui en résulta a quasiment éradiqué la magie du sang ; c'est indéniablement un bienfait, car elle représente un danger tout aussi grand pour qui la pratique que pour le reste du monde.

--Tiré du "Traité sur les quatre écoles" du Premier enchanteur Asymbel.

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85 - Ecoles magiques : création

"Il est opposition en toute chose :
Pour la terre, le ciel
Pour l'hiver, l'été
Pour les ténèbres, la Lumière.
Seule Ma volonté peut rompre l'équilibre
Et insuffler au monde une nouvelle vie."

--"Oraisons" 5:5.

L'école de la création, également appelée école de la nature, est l'une des deux écoles de la matière, force d'équilibre et complément de l'entropie. La magie de la création manipule les forces naturelles, transforme ce qui est et crée ce qui n'est pas.

La création nécessite beaucoup de finesse, plus que pour toute autre école, aussi ses maîtres sont-ils rares. Les mages qui ont étudié la création avec assiduité sont les plus demandés, car ils servent aussi bien en temps de paix que de guerre.

--Tiré du "Traité sur les quatre écoles" du Premier enchanteur Asymbel.

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86 - Ecoles magiques : entropie

"A toi, mon deuxième enfant, Je lègue ce don :
En ton coeur brûlera
Une flamme inextinguible
Dévorante et jamais satisfaite."

--"Oraisons" 5:7.

La deuxième des deux écoles de la matière est celle de l'entropie, force opposée à la création ; pour cette raison, elle est souvent appelée école de la négation. Rien ne vit qui jamais ne meurt. Le temps met fatidiquement un terme à toute chose du monde matériel ; et pourtant, en cette fin, est le germe d'un commencement. La rivière en crue qui dévaste ses rives ne les irrigue pas moins. Le feu qui engloutit une forêt n'en fertilise pas moins le sol. Il en va de même pour la magie de l'entropie, qui manipule les forces de l'érosion, de la désintégration et de la destruction pour créer un renouveau.

--Tiré du "Traité sur les quatre écoles" du Premier enchanteur Asymbel.

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87 - Ecoles magiques : instinct

Ceux qui s'opposeront à toi
Connaîtront le courroux des cieux.
Champ et forêt brûleront,
Les mers viendront les engloutir,
Le vent arrachera leur nation
A leur repos terrestre,
La foudre s'abattra du ciel.
Ils imploreront leurs faux dieux
Et n'auront que silence.

--"Andrasté" 7:19.

Parfois appelée école de la puissance, l'école de l'instinct fait partie, avec son contraire l'esprit, des écoles de l'énergie ; elle concerne les forces de la nature, bien visibles, bien matérielles.

Cette magie se prête à la guerre : feu, glace et foudre. Dévastation, voilà ce qu'évoque pour la plupart le mot "magie".

--Tiré du "Traité sur les quatre écoles" du Premier enchanteur Asymbel.

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88 - Ecoles magiques : esprit

"Et la voix du Créateur retentit
En l'Immatériel : J'ai façonné mon premier-né
A Mon image. Vous avez reçu mainmise
Sur tout ce qui existe. La création est soumise
A votre vouloir.
Pourtant vous n'en faites rien.
Le royaume que Je vous ai donné
Est informe, inconstant."

--"Oraisons" 5:4.

Première des deux écoles de l'énergie, l'esprit s'oppose à l'instinct. C'est l'école du mystère, de l'éphémère ; l'étude des énergies invisibles qui nous entourent en permanence mais échappent aux lois de la nature. C'est de l'Immatériel lui-même que cette magie tire son pouvoir ; ses étudiants sont amenés à manipuler directement les énergies de la mana et des sorts, voire à invoquer les esprits.

De par son caractère ésotérique - l'Immatériel est pour ainsi dire inconnu des non-mages - la populace en vient trop souvent à se méprendre sur cette école, voire à l'assimiler à la magie du sang. Triste sort pour cette branche ô combien utile.

--Tiré du "Traité sur les quatre écoles" du Premier enchanteur Asymbel.

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89 - Par-delà le Voile : esprits et démons

L'observateur non averti aura bien du mal à distinguer l'Immatériel des créatures qui l'habitent, sans parler des différents types d'esprits. En vérité, ces distinctions sont très subtiles, même pour les mages les plus perspicaces. Puisque les esprits ne sont pas des entités physiques et ne sont donc pas tenus de revêtir une forme donnée (voire une forme tout court), on ne peut jamais être sûr de ce qui est vivant et de ce qui fait partie du décor ; à ce titre, il est d'ailleurs conseillé au chercheur inexpérimenté de saluer tous les objets qu'il rencontre.

Nous avons souvent tendance à désigner, par le terme "esprit", les créatures inoffensives ou du moins peu offensives de l'Immatériel, mais en réalité, tous ceux qui résident par-delà le Voile sont des esprits. Comme le remarque le Cantique de la Lumière, tout ce qui se trouve dans l'Immatériel n'est qu'un reflet de notre monde ; un reflet maladroit, car les esprits n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils copient, aussi une bonne partie de l'Immatériel ressemble-t-elle à un manuscrit traduit puis rétrotraduit du tévintide en orlésien par des initiés saouls.

En règle générale, les esprits sont tout sauf complexes, du moins en l'état actuel de nos connaissances. Chacun s'attache à une facette particulière de l'expérience humaine : colère, faim, compassion, espoir, etc. Cette seule idée devient leur identité. Nous appelons démons les esprits qui s'identifient aux émotions et idées négatives de l'esprit humain.

Le démon le plus commun et le plus faible que l'on rencontre dans l'Immatériel est celui de la colère. Ils ressemblent à des cocottes-minute toujours sous pression, qui n'existent que pour répandre la haine sans avoir forcément d'objet. Les démons de la faim sont un peu plus redoutables : ils ne font guère que manger ou tenter de manger tout ce qui leur passe sous la main, y compris les autres démons (la plupart du temps sans grand succès). Viennent ensuite les démons de la paresse, premières créatures intelligentes que l'on rencontre généralement dans l'Immatériel. Ils ne sont dangereux qu'en ces rares occasions où ils daignent faire l'effort de se lever pour nuire. Les démons du désir sont plus rusés et nettement plus puissants. Ils utilisent toutes sortes d'appâts pour attirer les mortels en leur royaume : richesse, amour, vengeance, selon ce que recèle le coeur de chacun. Les démons les plus puissants que l'on ait rencontrés à ce jour sont ceux de l'orgueil, peut-être parce que de tous leurs congénères, ce sont eux qui ressemblent le plus aux hommes.

--Tiré de "Par-delà le Voile : esprits et démons" de l'enchanteur Mirdromel.

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90 - Les Apaisés

si le/la garde des ombres est mage ...
Les apprentis ont beau ne pas connaître la nature de la Confrontation, ils sont tous conscients de ses conséquences : devenir mage de plein droit ou disparaître à jamais. Ceux qui craignent d'entreprendre ce rite de passage et ceux que l'on estime trop faibles ou trop instables subissent à la place le Rite de l'apaisement.

A l'instar de la Confrontation, la procédure effective est tenue secrète, mais les résultats sont là encore connus de tous : le rite coupe le lien avec l'Immatériel. L'Apaisé ne rêve pas, il n'est donc plus susceptible d'attirer des démons par-delà le Voile, danger principal chez les mages faibles ou mal préparés. Mais c'est là le moindre des effets de l'apaisement, car l'absence de rêve met également fin à toute faculté magique ainsi qu'à toute émotion.

Ironiquement, les Apaisés ressemblent à des somnambules, jamais ni totalement réveillés ni totalement assoupis. Néanmoins, ils font toujours partie du Cercle ; c'en est même, d'après certains, le maillon le plus important. Ils disposent de facultés de concentration stupéfiantes dans la mesure où il est tout bonnement impossible de distraire un Apaisé, ce qui les prédispose à devenir artisans à ce point chevronnés qu'ils peuvent en remontrer même aux nains. Les Formori, mages du Cercle dévoués à l'enchantement d'objets, se composent exclusivement d'Apaisés et génèrent tous les revenus de nos tours.

--Tiré de "De l'apaisement et du rôle de l'Immatériel en la culture humaine" du Premier enchanteur Asymbel.

si le/la garde des ombres n'est pas mage ...
Les Apaisés sont les membres les moins compris mais les plus visibles du Cercle. Chaque cité de taille respectable possède une échoppe du Cercle des mages, administrée par un Apaisé.

Ce terme n'est guère approprié, car ce sont moins des mages ayant trouvé la paix que des objets inanimés doués de parole. Si une table cherchait à vendre un canif enchanté, elle pourrait se faire passer pour l'un d'eux. Leurs yeux sont dénués d'expression, leur voix monocorde. Ce sont peut-être des artisans incomparables, mais à leur contact, la populace est prise d'une irrésistible envie d'être ailleurs.

--Extrait de "A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste" de frère Génitivi.

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91 - La Sainte urne cinéraire

Une seule personne assista à la trahison de Maférath : Havard l'Egide. Ami d'enfance de Maférath, il avait accompagné son chef à la rencontre des Tévintides sans se douter de ce qui se préparait. Lorsqu'il comprit que Maférath comptait sacrifier Andrasté, Havard, peu disposé à croiser les armes avec son ami et suzerain, se plaça entre Andrasté et les soldats tévintides. Ces derniers le passèrent par le fer et Maférath le laissa pour mort.

Grièvement blessé, Havard se traîna jusqu'aux portes de Minrathie pour empêcher l'exécution. A son arrivée, le martyre avait déjà été perpétré, les armées des plaines s'étaient depuis longtemps dispersées. Maudissant sa faiblesse, le visage inondé de larmes, Havard collecta les restes d'Andrasté qui avaient été laissés aux quatre vents. Quand ses doigts touchèrent le tas de cendres, ses oreilles s'emplirent d'un chant et il vit lui apparaître Andrasté, vêtue d'un habit d'étoiles. Elle s'agenouilla à ses côtés et lui dit : "le Créateur ne t'oubliera jamais tant que je te porterai en ma souvenance."

Le chant prit fin et la vision avec lui. Havard était seul, mais ses plaies avaient guéri. Sa force retrouvée, Havard prit les cendres de notre Dame et les rapporta en terre alamarri.

Craignant que les partisans de Maléfath ne profanent les cendres d'Andrasté, Haward les porta en un lieu isolé au sommet des montagnes ; arrivé là, il tailla dans la roche vivante une urne pour les renfermer.

Le temps passa et l'emplacement de l'urne se perdit. Peut-être était-ce la volonté du Créateur de n'accorder qu'aux plus méritants la connaissance de la dernière demeure de Sa bien-aimée. Aujourd'hui, il ne nous reste plus que les légendes, comme celle du berruier Lothair qui, parti en quête de la Sainte urne pour sauver sa fille mourante, la trouva à temps pour la guérir ou revint un siècle après sa mort. Les ballades ne sont pas toutes du même avis à ce sujet.

--tiré de "Férelden : folklore et Histoire" de soeur Pétrine, érudite chantriste.

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92 - Le Voile

J'abhorre cette idée reçue selon laquelle le Voile est une sorte de "rideau" invisible séparant le monde des vivants de celui des esprits (qu'on lui donne pour nom l'Immatériel ou l'Après, vulgaire question de politique raciale dans laquelle je ne me risquerai pas). Il n'y a pas de "bon côté" ni de "mauvais côté" du Voile. Aucune description physique ne s'y prête, que ce soit celle d'une barrière ou d'un "mur radieux de lumière divine" (merci infiniment pour cette image, votre Perfection).

Non, franchir le Voile est plutôt comme ouvrir les paupières.

Avant de les ouvrir, vous voyiez notre monde comme vous le faites actuellement : statique, solide, immuable. Maintenant, vous voyez notre monde à la manière des esprits : chaotique, en perpétuelle mutation, un royaume où fantasmes et souvenirs ont autant, sinon plus de substance que la réalité. Pour un esprit, tout est défini par la volonté et le souvenir ; c'est la raison pour laquelle ils sont totalement désemparés en franchissant le Voile. Dans notre monde, l'imagination est intangible. Les objets existent indépendamment du souvenir que nous en avons et des émotions que nous y associons. Les mages possèdent le pouvoir de changer le monde par la force de leur esprit et peut-être est-ce pour cela que les démons sont attirés vers eux, qui sait ?

Quoi qu'il en soit, l'acte de traverser le Voile implique bien moins une transition physique qu'un changement de perceptions. Le Voile est un concept, c'est l'acte de transition en lui-même ; c'est seulement parce que vivants comme esprits ont du mal à effectuer cette transition que le Voile est vu comme une barrière physique.

--Tiré de la "Dissertation sur l'Immatériel en tant que manifestation physique" de Maréno, enchanteur de rang du Cercle de Minrathie, 6:55 de l'acier.

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