Dragon Age Inquisition : codex Histoire

Dragon Age Inquisition codex Histoire

Seuls les imbéciles ignorent l'histoire des terres qu'ils foulent et des gens qu'ils rencontrent.


 1. Anciennes écritures elfiques
 2. Andrasté, l'Épouse du Créateur
 3. Andruil, déesse de la chasse
 4. Arlathann : 1re partie
 5. Arlathann : 2e partie
 6. Caprices orlésiens
 7. Ce que l'orgueil avait forgé
 8 DLC. Chroniques de guerres oubliées
 9 DLC. ou  8. Colonnes délabrées
10 DLC. Célébration des Gardes
11 DLC. ou  9. Dirthamen, gardien des secrets
12 DLC. ou 10. Elgar'nan, le Père de tous
13 DLC. ou 11. Extrait du Psaume des oraisons
14 DLC. ou 12. Extrait du Psaume des transfigurations
15 DLC. ou 13. Falon'Din, le chalant des morts
16 DLC. ou 14. Fen'Harel, le loup implacable
17 DLC. ou 15. Fort Hargrave
18 DLC. ou 16. Ghilan'nain, mère des hahl
19 DLC.
20 DLC. Inquisiteur Améridan
21 DLC. ou 17. Inscriptions naines des Plaines sifflantes
22 DLC. ou 18. Journal dans des ruines naines
23 DLC. ou 19. June, dieu des façons
24 DLC. ou 20. L'empereur Florian
25 DLC. ou 21. L'énigme des huit soies
26 DLC. ou 22. La Dalatie : Une promesse perdue
27 DLC. ou 23. La longue marche vers Halamshiral
28 DLC. ou 24. La Marche exaltée de Dalatie
29 DLC. ou 25. La guerre de Perendale
30 DLC. ou 26. La langue secrète des esclaves
31 DLC. ou 27. La première Inquisition
32 DLC. ou 28. La reine Asha d'Antiva
33 DLC. ou 29. La tour des rituels
34 DLC. ou 30. La voie de l'artificière
35 DLC. ou 31. La voie de l'assassin
36 DLC. ou 32. La voie de la Tempête
37 DLC. ou 33. La voie du Héraut
38 DLC. ou 34. La voie du chevalier-enchanteur
39 DLC. ou 35. La voie du mage des failles
40 DLC. ou 36. La voie du nécromancien
41 DLC. ou 37. La voie du psychomancien
42 DLC. ou 38. La voie du templier
43 DLC. ou 39. Le Colosse d'Orlaïs
44 DLC. ou 40. Le Conclave
45 DLC. ou 41. Le Créateur
46 DLC. Le Gardien
47 DLC. ou 42. Le Palais d'hiver
48 DLC. ou 43. Le Qun
49 DLC. ou 44. Le dieu rebelle
50 DLC. ou 45. Le lion d'Orlaïs
51 DLC. ou 46. Le mystère de June
52 DLC. ou 47. Le premier Enclin : chapitre 1
53 DLC. ou 48. Le premier Enclin : chapitre 2
54 DLC. ou 49. Le premier Enclin : chapitre 3
55 DLC. ou 50. Le premier Enclin : chapitre 4
56 DLC. Le premier Grand enchanteur
57 DLC. ou 51. Les chevaliers d'émeraude
58 DLC. ou 52. Les Gardiens de la porte
59 DLC. ou 53. Les champions de la justice
60 DLC. ou 54. Les femmes de la guerre
61 DLC. ou 55. Les jumeaux de l'ombre
62 DLC. ou 56. Montavelan
63 DLC. ou 57. Monuments aux morts de la seconde Marche exaltée
64 DLC. ou 58. Mythal, la Toute-protectrice
65 DLC. ou 59. Par Vollen : le septentrion occupé
66 DLC. Périodique illustré
67 DLC. ou 60. Reville, l'empereur dément
68 DLC.
69 DLC. ou 61. Récits du maçon : Invasion
70 DLC. ou 62. Récits du maçon : L'archidémon
71 DLC. ou 63. Récits du maçon : La Chute
72 DLC. ou 64. Récits du maçon : Libérés sont les esclaves
73 DLC. ou 65. Récits du maçon : Sacrifice
74 DLC. ou 66. Sans héros : Division et distance
75 DLC. ou 67. Sans héros : La mort de la diversité
76 DLC. ou 68. Sans héros : Maférath et le sacrifice
77 DLC. ou 69. Sans héros : Unis dans la haine
78 DLC. ou 70. Superstitions de la famille royale
79 DLC. ou 71. Sylaise, la veilleuse des foyers
80 DLC. Titans
81 DLC. ou 72. Un Cantique pour les défunts
82 DLC. ou 73. Vieilles écritures elfiques
83 DLC. ou 74. Vieux indicateurs de la Chantrie
84 DLC. Vir Dirthara : duel de cent ans
85 DLC. Vir Dirthara : exil des Grands proscrits
86 DLC. Vir Dirthara : inséparables
87 DLC. Vir Dirthara : le toit du Sonallium
88 DLC. Vir Dirthara : les profondeurs de l'Immatériel
89 DLC. Vir Dirthara : oreilles attentives
90 DLC. Vir Dirthara : retour au pays
91 DLC. Vir Dirthara : signes de victoire
92 DLC. Vir Dirthara : un imago en fleurs
93 DLC. ou 75. Yeux sombres et coeur cruel
94 DLC. ou 76. En ton coeur brûlera
95 DLC. ou 77. Et les ténèbres au monde
96 DLC. ou 78. Ici gît l'abîme
97 DLC. ou 79. Le courroux des cieux
98 DLC. ou 80. Tractations secrètes
99 DLC. ou 81. A quel prix
100 DLC. ou 82. Écriture elfique illisible
101 DLC. ou 83. Écritures elfiques intraduisibles
102 DLC. ou 84. Équipement de siège à Thédas
103 DLC. ou 85. Étude de l'Histoire du 5ème Enclin, Tome I
104 DLC. ou 86. Étude de l'Histoire du 5ème Enclin, Tome II


Anciennes écritures elfiques

Ces écritures elfiques trouvées dans les Terres d'Arbor semblent être trop anciennes pour être déchiffrées.

Si L'Inquisitrice/eur a bu à la Source :

Des murmures proviennent de la Source des Lamentations. Il est impossible de tout comprendre, mais certaines parties révèlent soudainement un fragment de leur sens originel.

"Il est coupable de haute trahison. Il a revêtu une apparence réservée aux dieux et à leurs élus, il a osé s'envoler tel le divin. Le prêcheur appartient à Dirthamen. Il prétend avoir pris des ailes à la demande de Ghilan'nain et implore la protection de Mythal. Elle ne lui accorde aucune faveur, et entend laisser Elgar'nan le juger."

L'espace d'un instant, une image apparaît, celle d'une masse sombre et mouvante aux yeux embrasés, qui pourrait cacher un ou plusieurs êtres. Puis elle disparaît.

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Andrasté, l'Épouse du Créateur

Jadis existait sur la côte de la Mer d'écume un minuscule village de pêcheurs dont l'Empire Tévintide réduisit les habitants en esclaves et les vendit sur les marchés de Minrathie, en n'épargnant que vieillards et infirmes. Parmi les captifs, la jeune enfant Andrasté.

Elle grandit donc esclave en une contré lointaine, puis un jour parvint à s'échapper et entreprit seule le long et périlleux voyage pour retourner en sa Terre natale. D'esclave, elle devint femme d'un Seigneur Alamarri.

Chaque jour, elle élevait aux dieux un chant pour les implorer d'aider les siens, restés esclaves à Tévinter. Les faux dieux des montagnes et des vents ne daignaient pas lui répondre, mais le dieu véritable vint à elle.

Le Créateur parla. Il lui montra tout ce qu'Il avait fabriqué de Sa main : l'Immatériel et le monde et toutes les créatures qui les peuplaient. Il lui fit voir que les hommes L'avaient oublié, qu'ils adoraient idoles muettes et démons, et qu'Il les avait abandonnés à leur sort. Mais sa voix Lui était parvenue et L'avait à ce point ravi qu'Il lui offrait une place à Ses côtés, en tant que souveraine de la création.

Mais Andrasté ne pouvait se résoudre à abandonner son peuple.

Elle supplia le Créateur de revenir parmi Ses enfants, de les sauver du cruel Empire Tévintide. À contrecoeur, le Créateur accepta de donner à l'homme une seconde chance.

Andrasté s'en retourna auprès de Maférath, son époux, et lui répéta tout ce que le Créateur lui avait révélé. Ensemble, ils rallièrent les Alamarri et marchèrent sur les Seigneurs-mages de l'Empire, le Créateur à leurs côtés.

L'Épée du Créateur était la création elle-même : feu et inondation, famine et tremblements de Terre. Partout où ils allaient, Andrasté répandait la bonne parole du Créateur et les disciples d'Andrasté se faisaient de plus en plus nombreux, jusqu'à devenir une véritable marée qui se déversa sur l'Empire.
Mais lorsque Maférath s'aperçut que toute l'attention était portée sur Andrasté, le serpent de la jalousie enserra son coeur.

Enfin, les armées d'Andrasté et de Maférath parvinrent aux portes de Minrathie, mais Andrasté n'était pas avec eux.

En effet, Maférath avait livré en secret Andrasté aux Tévintides. En contrepartie, l'Archonte lui donnait toutes les Terres au sud de la Mer d'écume.

Ainsi donc, devant toutes les armées Alamarri et Tévintides, Andrasté fut attachée sur un bûcher et brûlée vive tandis que son époux ici-bas faisait détourner les yeux de son armée, car son coeur avait été dévoré. Mais en contemplant le bûcher, l'Archonte fut pris de pitié pour Andrasté. Il dégaina son épée et lui offrit la miséricorde d'une mort rapide.

Le Créateur pleura la mort de Sa bien-aimée, maudit Maférath, maudit la trahison de l'humanité et se détourna à nouveau de Sa création en n'emmenant avec Lui qu'Andrasté. Depuis lors, notre Dame siège à Ses côtés et l'exhorte inlassablement à avoir pitié de Ses enfants.

- Extrait des Sermons de Justinia II.

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Andruil, déesse de la chasse

Entendez-moi, fils et filles du peuple.
Je suis Soeur de la lune, Mère des lièvres,
Dame de la chasse : Andruil.

Rappelez-vous mes préceptes,
Rappelez-vous le Vir Tanadahl :
Les Trois Voies du chasseur
Que je vous ai enseignées.

Vir Assan : la Voie de la flèche,
Vive et silencieuse ;
Frappez de votre coeur, sans faillir
Et jamais ne faites souffrir votre proie.
Telle est ma Voie.

Vir Bor'assan : la Voie de l'arc,
Pliez tel l'arbrisseau.
Sachez trouver la force de fléchir,
La souplesse de ne pas rompre.
Telle est ma Voie.

Vir Adahlen : la Voie des bois,
Recevez les dons de la chasse avec déférence.
Respectez le sacrifice de mes enfants
Et sachez que votre mort les nourrira en retour.
Telle est ma Voie.

Rappelez-vous les Voies du chasseur
Et je serai avec vous.

- Tiré de la Charge d'Andruil, déesse de la chasse"

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Arlathann : 1re partie

Du temps où les ères ne portaient ni nom, ni chiffre, notre peuple était glorieux, éternel, inaltérable. Comme le grand chêne, ils manifestaient constance dans leurs traditions, force dans leurs racines et un essor perpétuel vers les cieux.

La précipitation n'a pas lieu d'être lorsqu'on a l'éternité devant soi. Leurs cérémonies de culte duraient des mois. Toute décision nécessitait des décennies de débats. Une initiation pouvait durer des années. De temps à autre, nos ancêtres sombraient dans un sommeil de plusieurs siècles, sans mourir pour autant, car nous savions qu'ils arpentaient l'Immatériel en songe.

En ces temps, notre peuple appelait la contrée Elvhenan, soit "les terres de notre peuple" dans l'ancien langage ; par extension, ils utilisaient aussi ce terme pour se désigner. Au centre du monde, l'immense cité d'Arlathann, lieu de savoir et de débat où les plus sages des anciens elfes se retrouvaient pour partager leurs connaissances, retrouver de vieux amis et résoudre des désaccords qui duraient depuis des millénaires.

Mais alors que nos ancêtres étaient pris dans le cycle éternel des ères, d'une vie qui, à nos yeux, se déroulait avec une lenteur insoutenable, le monde au-delà des forêts luxuriantes et des arbres immémoriaux était en plein changement.

Les humains, d'abord, arrivèrent de Par Vollen au nord. Appelés shemlens ("êtres vifs") par les anciens, c'étaient de bien pitoyables créatures à la vie éphémère. Lorsqu'ils rencontrèrent les elfes pour la première fois, les humains étaient bravaches et belliqueux, prompts à s'emporter et plus encore à dégainer, trop impatients pour l'allure sereine de la diplomatie elfe.

Mais les humains apportèrent avec eux pire que la guerre : nos ancêtres se révélèrent vulnérables aux maladies humaines. Pour la première fois de notre Histoire, des elfes mouraient de causes naturelles. En outre, ceux qui s'étaient employés à marchander et négocier avec les humains s'aperçurent qu'ils vieillissaient, affectés par leur vie impulsive et effrénée. Beaucoup crurent que leurs dieux les avaient jugés indignes de leur longue vie et leur avaient fait partager le sort des shemlens. Nos ancêtres en vinrent à considérer les humains comme des parasites, tout comme les humains considèrent aujourd'hui les nôtres qui vivent parmi eux. Les anciens elfes entreprirent immédiatement de fermer Elvhenan aux humains, de crainte que cette accélération de leur métabolisme ne marquât la fin de leur civilisation.

- La chute d'Arlathann, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan Dalatien Ralafeïrin.

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Arlathann : 2ème partie

Qu'est-il advenu d'Arlathann, me demandez-vous ? Las, nous n'en savons rien. Même nos dépositaires du savoir d'antan ne possèdent aucune archive à ce sujet. Nous ne disposons que de comptes-rendus des jours avant la chute et d'une fable évoquant le bon plaisir des dieux.

Le monde humain changeait alors même que les elfes sommeillaient. De clans et tribus épars était né le puissant Empire tévintide qui, pour une raison inconnue, partit à la conquête d'Elvhenan. Quand ils envahirent la grande Arlathann, notre peuple, redoutant la maladie et la perte de son immortalité, décida de fuir plutôt que de prendre les armes. Fort de sa magie, de ses démons et même de ses dragons, l'Empire tévintide marcha sur Arlathann sans rencontrer de résistance, détruisant demeures, galeries et amphithéâtres millénaires. Les nôtres furent parqués comme des esclaves et la promiscuité avec les humains accéléra leur métabolisme jusqu'à tant que chaque captif devînt mortel. Les elfes invoquèrent leurs dieux, mais en vain.

Nos ancêtres ont laissé la légende suivante pour expliquer le silence des dieux : Fen'Harel, le grand loup, seigneur des duperies, approcha les dieux du bien et du mal pour leur proposer une trêve. Les dieux du bien acceptaient de s'isoler dans les cieux, ceux du mal de s'exiler dans l'abîme, pour ne jamais plus pénétrer en terre adverse. Mais les dieux ne savaient pas que Fen'Harel comptait les trahir ; lorsqu'ils s'aperçurent de son stratagème, ils étaient confinés dans leur royaume, incapables d'interagir avec le monde des mortels. A n'en pas douter, il s'agit d'une fable, mais les elfes qui voyagent dans l'Après affirment que Fen'Harel hante toujours le monde des rêves pour veiller à ce que jamais les dieux ne quittent leur prison.

Toujours est-il qu'Arlathann était tombée devant ces mêmes humains qui n'étaient que vulgaires nuisibles aux yeux de nos ancêtres. Il est dit que les magisters tévintides usèrent de leur immense pouvoir destructeur pour forcer le sol à engloutir Arlathann tout entière, au mépris d'éternités de connaissances, de culture et d'art. Tout le savoir des elfes n'était plus que souvenirs.

- La chute d'Arlathann, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan Dalatien Ralafeïrin.

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Caprices Orlésiens

La victoire dans le Noble Jeu n'est pas déterminée parles gens que l'on commande, les réseaux dont on dispose ou les plans que l'on ourdit, mais par ce que l'on est prêt à sacrifier.

L'exemple le plus parlant est le Caprice : traditionnellement, chaque pièce est un cadeau. Elles représentaient autrefois des gages de considération, des faveurs offertes aux berruiers par leurs amours ou leurs mécènes. Les jeter dans une fontaine était un geste de superstition : la pièce était offerte en sacrifice à Andrasté, afin qu'elle protège le berruier sur le champ de bataille. Plus on en jetait dans la fontaine, plus on avait de chances d'échapper aux caprices du destin, d'où leur nom. Avec le temps, le côté superstitieux de la coutume disparut. Les Caprices sont maintenant un signe de statut social. Plus on possède de pièces, plus leur sacrifice public est marquant et plus on affiche sa force dans le Jeu.

- Extrait de Petit guide de la bonne société pour les douairières de Dame Alcyone.

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Ce que l'orgueil avait forgé

Et tandis que les ténèbres se rassemblaient au-dessus d'eux,
Ils regardèrent ce que l'orgueil avait forgé
Et furent pris de désespoir.

L'oeuvre de l'homme et de la femme,
Issue de leur propre arrogance.
Le chagrin, un fléau insupportable.

- Psaume des oraisons 7 : 10-11.


L'orgueil ? Quel autre péché nous marque aussi profondément que l'orgueil ? C'est lui qui conduisit les Magisters Tévintides d'antan à noircir la Cité d'Or, qui poussa Maférath à trahir sa bien-aimée Andrasté, et qui se joue des rois et des paysans depuis le jour où le Créateur nous a façonnés à partir de rien.

L'orgueil se niche dans la sécurité. Qui parmi nous n'a jamais contemplé notre beau territoire en songeant : "Nous sommes assurément en sécurité ici, nous ne risquons rien. Notre monde durera pour toujours, car nous détenons la puissance et la sagesse". Ces versets disent aux fidèles : allez contempler les ruines anciennes et demandez-vous qui se souvient des visages de ceux qui y vivaient. Seule la connaissance du Créateur est totale. Les paroles qu'Il nous a offertes par le biais de la Sainte Andrasté sont la seule chose immuable en ce monde. Une contrée sans Cantique est condamnée à l'oubli.

- Notes sur Le Cantique de la Lumière de mère Bezoria de la Grande Cathédrale, 9:37 du Dragon.

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Chroniques de guerres oubliées

Le commandant Othon nous a dit de lever le camp. Il n'a pas donné de détails, seulement qu'il y avait eu des attaques au nord de Cad'Halash et que des renforts envoyés par la couronne étaient en route. Père a saisi nos haches, et nous sommes partis. Je n'étais alors qu'un jeune garçon, l'orgueil gonflé par quelques victoires à la Lice. J'ignorais ce que j'étais sur le point de perdre.

Le voyage jusqu'à Cad'Halash s'est révélé particulièrement long et éreintant. Dans les camps, les guerriers blasés n'avaient guère l'alcool aimable. Père et moi restions à l'écart, quoique j'avoue avoir plus d'une fois rêvé de noyer mes soucis dans une bonne pinte de bière, ne fût-ce que pour m'occuper à autre chose qu'à affuter ma hache.

- Extrait des Chroniques de guerres oubliées, auteur inconnu.


Le lendemain de notre départ de Cad'Halash, nous avons remarqué un changement. Les Tréfonds étaient pratiquement déserts. Les torches s'éteignaient subitement, nous laissant avancer dans le noir et trébucher sur des caravanes abandonnées. C'est alors que les attaques ont commencé, soudaines et brutales.

Père a été l'un des premiers. Nous avons entendu une respiration, lente et profonde, celle d'une créature bien plus grande que nous. Père a tendu son bras et saisi mon armure pour m'arrêter. J'ai vu son ombre bouger, poussé vers l'avant. Il n'avait laissé que le bras de Père, encore accroché à mon plastron.

- Extrait des Chroniques de guerres oubliées, auteur inconnu.


Les Écailleux. Je ne me rappelle plus qui a trouvé ce nom, mais c'est resté. Drohg allumait une torche quand l'un d'eux a attaqué. Nous avons enfin pu apercevoir un peu plus que son ombre. Á la lumière de la flamme est apparu un corps d'homme, semblable à celui des humains Tévintides, mais couvert d'écailles. Il portait une armure et une dague à sa taille. Sa mâchoire a englouti le visage de Drohg et lui a tordu le cou. Le craquement a semblé résonner jusqu'aux confins des Tréfonds. La torche est tombée de ses mains, et nous nous sommes déchaînés.

De toutes mes forces, j'ai abattu ma hache, qui a rebondi sur l'armure de l'Écailleux, mon bras accusant le contrecoup. Il a rugi, et d'autres sont venus le rejoindre. La lumière de la torche couchée au sol semblait dessiner une vingtaine d'entre eux, tous équipés d'une armure et d'armes aussi affûtées que leurs dents et leurs griffes. Celui qui avait tué Drohg aboyait des ordres que je ne comprenais pas. J'ai attaqué de plus belle.

C'est Othon, le meilleur d'entre nous, qui est venu à bout du premier Écailleux, en lui fendant le crâne. S'en suivit un bref silence, comme lors d'un retournement de situation à la Lice. J'ai alors compris que ces bêtes ne devaient pas avoir l'habitude de voir l'un des leurs mourir. Le tueur de Drohg a grogné, puis a éteint la torche d'un lourd coup de pied au sol, et les Écailleux se sont fondus dans l'obscurité.

- Extrait des Chroniques de guerres oubliées, auteur inconnu.


Nous étions tous exténués, mais Othon décida d'avancer. Maintenant qu'il avait vu l'ennemi, notre commandant voulait retourner la tactique des Écailleux contre eux en passant à l'attaque. Il laissa des gardes veiller sur les blessés et mena le reste de la troupe en reconnaissance, afin de localiser le repaire des Écailleux.

Après des jours à progresser dans le noir, nous aperçûmes enfin une lueur ambrée et tremblotante au loin. Othon fit signe à tout le monde de s'arrêter et me demanda de l'accompagner. Nous avançâmes prudemment : il pouvait y avoir des gardes. D'un signe de la tête, Othon m'indiqua un surplomb. Je l'escaladai en retenant mon souffle, terrifié à l'idée que les Écailleux entendent l'écho de mes bottes sur la pierre. Je ne fus guère soulagé en arrivant au sommet.

- Extrait des Chroniques de guerres oubliées, auteur inconnu


Les Écailleux avaient installé leur camp à une intersection des Tréfonds. Au milieu se trouvait un autel doré représentant un feu. Un frisson me parcourut le corps. Á la pointe de chaque flamme était suspendue les dépouilles de nos disparus, dont Père et Drohg. Vidés de leur sang, il ne restait d'eux que des os enveloppés d'une fine peau grise. Un Écailleux vêtu d'une robe se tenait devant l'autel. Sa voix était différente de celle des autres : plus douce, presque féminine. En psalmodiant, il éleva une vasque de sang en direction de l'autel. Les autres s'inclinèrent. Du feu sortit des paumes et de la bouche du maître de cérémonie, et il enflamma le sang.

Othon m'attrapa l'avant-bras et me fit signe de redescendre. Nous rejoignîmes le reste de la troupe, et il rapporta ce dont nous avions été témoins. Nous devions nous reposer pendant une heure pour reprendre des forces, avant de frapper.

Le souvenir du visage vidé, décharné, de Père m'empêcha de trouver le sommeil. L'heure me sembla une éternité, mais elle finit par passer. Othon nous guida jusqu'au surplomb. Je préparai ma hache au sang et mon esprit à la vue de l'autel. Mais il n'était pas là. Le camp, Père et Drohg, les Écailleux... tout avait disparu. Il ne restait que la vasque aux bords carbonisés.

- Extrait des Chroniques de guerres oubliées, auteur inconnu

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Colonnes délabrées

Un croquis des piliers, suivi d'un autre imaginant les colonnes au sein d'un grand monument intact. Les dessins sont accompagnés des notes manuscrites suivantes :

Les vestiges de la structure sont sans doute antérieurs au deuxième Enclin, peut-être plus anciens encore. Mes connaissances en architecture de la Tévinter antique sont limitées. On trouve des similitudes, mais je ne suis pas sûr de leurs origines. L'un des mineurs prétend qu'ils sont elfiques, mais je ne suis pas certain que quelques bas-reliefs qui, je cite, "ressemble à du travail d'elfe" suffisent à tirer une telle conclusion. Les colonnes sont différentes de ce que l'on peut voir en Dalatie. De toute façon, celles-ci seraient bien plus anciennes que tout ce que l'on peut trouver là-bas.

- Extrait du journal d'Henri Ducette, représentant de la Compagnie minière Envers et historien amateur.

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Célébration des Gardes

En dehors des périodes d'Enclin, les Gardes des Ombres enquêtent sur des apparitions supposées d'engeances. Ser Kiersten des Marches Libres mena une expédition au Cirque des Dorsales de Givre pour étudier un témoignage de ce type. Ses compagnons Gardes et elle s'allièrent à un village Alvar assiégé par des engeances après qu'un séisme dans les montagnes avait ouvert un nouveau passage vers la surface. Après dix jours de combat, les Gardes et les Alvars parvinrent à repousser les engeances et scellèrent l'entrée, empêchant ainsi d'autres invasions. Pour honorer son courage, les Alvars organisèrent un festin pour Ser Kiersten et ses Gardes des Ombres. La fête fut tellement bruyante que des peintures et des statues dédiées à cette alliance parsèment encore le Cirque.

- Extrait des Voyages des Gardes : histoire complète de Dame Locke.

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Dirthaman, gardien des secrets

Les jumeaux Falon'Din et Dirthamen sont les aînés d'Elgar'nan notre Père à tous et de Mythal la protectrice. Inséparables dès leur conception, ces frères se témoignèrent toujours un amour incommensurable. Pour cette raison, nous parlons souvent de Falon'Din un instant et de Dirthamen le suivant, car ils ne sauraient être séparés même en contes.

Quand le monde était jeune, les dieux arpentaient souvent la terre, Falon'Din et Dirthamen parmi eux. Tous deux étaient enchantés par les nombreuses merveilles de ses contrées. Ils jouaient avec les animaux, murmuraient aux arbres, se baignaient dans les lacs et les cours d'eau. Leur quotidien n'était que jouissance, dépourvu de peine.

Puis vint un jour où, de passage en forêt, Falon'Din et Dirthamen rencontrèrent un vieux cerf chétif affalé sous un arbre. "Pourquoi restes-tu là sans bouger, petit frère ?" lui demanda Falon'Din.

"Viens jouer avec nous" ajouta Dirthamen.

"Hélas," répondit le cerf, "je ne puis. Je suis vieux ; j'ai beau vouloir rejoindre le repos, mes jambes ne peuvent m'y porter."

Apitoyé par le cerf, Falon'Din le prit contre son giron et l'emporta vers son repos outre-Voile. Dirthamen tenta de les suivre, mais les sentiers gris et sinueux se dérobaient à ses pas. Pour la première fois séparé de Falon'Din, Dirthamen erra, désemparé, jusqu'à rencontrer deux corbeaux.

"Tu es perdu, et bientôt tu disparaîtras" lança le corbeau nommé Peur.

"Ton frère t'a abandonné, il ne t'aime plus" renchérit son compère, Duperie.

"Je ne suis pas perdu et Falon'Din ne m'a pas abandonné" répliqua Dirthamen. Il soumit les corbeaux et les força à le porter jusqu'à Falon'Din, ce qu'ils firent, car il les avait vaincus et ils devaient désormais le servir.

Quand Dirthamen retrouva Falon'Din, il revit également le cerf, à nouveau vif et joyeux car son esprit avait été libéré de son corps las. Falon'Din et Dirthamen s'en réjouirent. L'un fit le serment de rester emporter les morts dans l'Au-delà ; et l'autre resta à ses côtés, car les jumeaux ne sauraient être séparés.

- Extrait de L'histoire de Falon'Din et Dirthamen, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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Elgar'nan, le Père de tous

Elgar'nan, dieu de la vengeance

Jadis, lorsque le temps lui-même était jeune, seuls existaient le Soleil et la terre. L'un, curieux de l'autre, approcha son visage du corps de la belle ; et ainsi naquit Elgar'nan, à l'endroit où ils se touchèrent. Le Soleil et la terre étaient très fiers d'Elgar'nan, de sa beauté et de son intelligence. Sa mère lui offrit grands oiseaux, animaux du ciel et de la forêt, faune et flore toujours plus merveilleuses. Reconnaissant de ses cadeaux, Elgar'nan passait le plus clair de son temps parmi eux.

Le Soleil contempla la terre fertile et vit la joie qu'Elgar'nan puisait dans ses bienfaits. Par jalousie, il découvrit son visage tout entier devant toutes les créatures de la terre et les réduisit en cendres. La terre se craquela de douleur et pleura des larmes de sel pour les enfants qu'elle avait perdus. Ces larmes donnèrent l'océan, les terres craquelées accueillirent fleuves et rivières.

Elgar'nan, furieux des actes de son père, jura de se venger. Il se hissa dans les cieux et lutta contre le Soleil, bien décidé à le vaincre. Une éternité durant, ils restèrent aux prises l'un à l'autre, jusqu'à ce que le Soleil faiblît face à l'inextinguible rage d'Elgar'nan. Ce dernier finit par faire tomber du ciel le Soleil et l'enfouit dans un profond abîme créé par la douleur de la terre. Sans le Soleil, le monde fut plongé dans les ténèbres ; il ne restait plus dans le ciel que les traces du combat entre Elgar'nan et son père : les gouttes du sang versé par ce dernier, qui scintillaient au milieu de la nuit.

- Extrait du Dit d'Elgar'nan et du Soleil, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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Extrait du Psaume des oraisons

Un exemplaire enluminé du Cantique de la Lumière. Quelques passages sont accompagnés d'un marque-page.

En secret ils oeuvrèrent,
Sort après sort
Á force de pouvoir et de vanité
Ils érodèrent le Voile
Jusqu'à tant qu'il cédât.

Au-dessus d'eux, un fleuve de Lumière,
Par-devant eux, le trône céleste, engageant,
Sous leurs pieds,
Les pas du Créateur,
Alentour un infini, infini
Silence.

- Psaume des oraisons, 8:2-3

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Extrait du psaume des transfigurations

Nombreux, ceux qui se vautrent dans le péché,
Persuadés d'être damnés de corps et d'âme,
Mais qui se repent, qui garde sa foi entière
Malgré les ténèbres du monde,
Qui traite les faibles sans veulerie ni dédain
Mais respecte la loi
Et les oeuvres du Créateur, celle-là connaîtra
La pureté bénite du Créateur.

- Psaume des transfigurations, 10:1

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Falon'Din, le chalant des morts

"O Falon'Din
Lethanavir, chalant des morts
Guide mes pas, apaise mon âme,
Conduis-moi à mon repos."

En des temps anciens, le peuple était éternel, insensible à l'âge. En lieu et place de mort, les anciens elfes s'adonnaient à l'Uthenera, le "long sommeil", et arpentaient les sentiers tortueux de l'Au-delà aux côtés de Falon'Din et de son frère Dirthamen. Ces doyens apprenaient les secrets des rêves et certains revenaient parmi les leurs, forts d'un savoir neuf.

Las, nous sommes déchus de cette immortalité. Ceux d'entre le peuple qui nous quittaient partaient arpenter à jamais l'Au-delà avec Falon'Din. S'ils recevaient sur leur passage les enseignements de Dirthamen, ce savoir était perdu, car il les accompagnait dans l'Au-delà et ne retournait jamais auprès du peuple.

Alors, Fen'Harel nous priva des dieux par la ruse et ceux qui nous quittaient n'eurent plus Falon'Din pour guide. Nous apprîmes à porter nos bien-aimés en leur dernière demeure munis d'un bâton de chêne pour leur éviter de trébucher au détour d'un sentier, ainsi que d'une branche de cèdre pour disperser les corbeaux Peur et Duperie, jadis serviteurs de Dirthamen, aujourd'hui privés de maître.

- D'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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Fen'Harel, le loup implacable

Nous ne connaissons que peu de choses à propos de Fen'Harel qui, dit-on, n'avait cure de notre peuple. Elgar'nan et Mythal ont créé le monde que nous connaissons, Andruil nous a enseigné les Voies du chasseur, Sylaise et June nous ont donné le feu et les façons ; Fen'Harel, lui, n'avait d'yeux que pour lui-même. Après la destruction d'Arlathann, quand il trahit les dieux et les rendit sourds à nos prières, il est dit que Fen'Harel passa des siècles en un lieu reculé de la terre, tout à sa jubilation insensée.

Les légendes disent qu'avant la chute d'Arlathann, les dieux que nous connaissons et révérons s'étaient livrés à une guerre éternelle avec d'aucuns des leurs. Il n'est pas un hahren parmi nous qui se souvient encore de ces derniers : ce n'est que dans nos rêves que nous entendons murmurer les noms de Geldauran et Daern'thal et Anaris, car ce sont les Grands Déperdus, dieux de terreur, méchanceté, mépris et pestilence. En les temps anciens, seul Fen'Harel savait marcher sans peur parmi nos dieux comme parmi les Grands Déperdus, car si par son sang il était des dieux du peuple, les Grands Déperdus connaissaient sa malice et voyaient en lui l'un des leurs.

Et ainsi advint-il que Fen'Harel les dupa. Aux dieux, il affirma qu'ils devaient se retrancher dans les cieux pendant qu'il négociait une trêve, et eux qui l'embrassaient comme un frère le crurent. Aux Grands Déperdus, il prétendit qu'il allait faire chuter les dieux, pourvu que ces derniers se retirent un temps dans l'abîme, et ils le crurent. Tous prêtèrent foi à Fen'Harel, et tous furent trahis. Fen'Harel les enferma pour que jamais plus ils ne puissent marcher aux côtés du peuple.

- Extrait du Triomphe de Fen'Harel, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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Fort Hargrave

En 6:52 des Tempêtes, les chevaliers de la Banne Hargrave repoussèrent les envahisseurs Alvars des plaines Féreldiennes. Quand le roi demanda à Hargrave de poursuivre les tribus en déroute, elle refusa et exigea un financement pour construire un fort. Entre une cour fracturée, une famine imminente et les chevaliers d'Hargrave, le roi ne savait que faire. Il lui accorda à contrecoeur une grande parcelle de terre vers le sud.

Après avoir vaincu les Alvars dans les tourbières, la Banne fit bâtir son propre château. Alors que la famine s'aggravait, le choix de son emplacement devint évident : à Fort Hargrave, le poisson et le gibier abondaient, contrairement aux terres agricoles où l'on mourait de faim.

La lignée d'Hargrave périt au combat contre les envahisseurs Orlésiens à l'Ère des Bontés. Le Fort tomba en ruine, et aujourd'hui, seul le village voisin est encore habité.

- Extrait du recueil Forteresses, châteaux, tours et autres édifices notables de Férelden d'Henry Lannon.

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Ghilan'nain, mère des hahl

L'on dit que Ghilan'nain faisait partie du peuple d'avant Arlathann. Elue d'Andruil la chasseresse, elle était gracieuse comme une gazelle et d'une beauté radieuse, de par sa chevelure d'un blanc immaculé. Elle était toujours fidèle aux Voies d'Andruil qui, en retour, lui accordait la primeur de ses grâces.

Un jour qu'elle posait ses collets dans la sylve, Ghilan'nain rencontra un chasseur qui lui était inconnu. A ses pieds, un faucon dont il avait percé le coeur d'une flèche. Ghilan'nain bouillonnait de rage, car le faucon est avec le lièvre l'un des animaux bien-aimés d'Andruil ; aussi exigea-t-elle que le chasseur présentât une offrande à Andruil pour expier ce meurtre. Devant le refus du chasseur, Ghilan'nain invoqua sur lui la malédiction de la déesse, afin que plus jamais il ne pût chasser et de tuer créature vivante.

Fidèle à la malédiction, le chasseur s'aperçut qu'il était devenu incapable de chasser : ses proies s'enfuyaient dès son arrivée et ses flèches s'égaraient. Bientôt, amis et parents se riaient de son impotence, car que vaut un chasseur s'il ne peut prendre de proies ? De honte, l'homme se jura de retrouver Ghilan'nain et lui revaloir ce qu'elle lui avait infligé.

Il débusqua Ghilan'nain alors qu'elle chassait avec ses soeurs et l'attira loin d'elles à force de mensonges et de promesses creuses. Il lui assura qu'il avait compris la leçon et la supplia de le suivre pour procéder à une offrande à Andruil en bonne et due forme. Émue par sa supplique, Ghilan'nain suivit le chasseur qui, une fois loin des soeurs, se retourna contre elle. Il commença par l'aveugler puis la ligota comme on ligote une proie que l'on vient de tuer. Mais en vertu de la malédiction, le chasseur ne pouvait la tuer ; il se contenta donc de la laisser pour morte en forêt.

Ghilan'nain implora alors l'aide des dieux. Elle pria pour qu'Elgar'nan lui accorde la vengeance, pour que mère Mythal la protège, mais plus encore, elle pria Andruil. Celle-ci lui envoya ses lièvres qui rongèrent ses liens. Hélas, Ghilan'nain, blessée, aveuglée, ne pouvait rentrer chez elle. Aussi Andruil se changea-t-elle en un magnifique cerf blanc, le premier des hahl. Alors, Ghilan'nain retrouva ses soeurs et les conduisit jusqu'au chasseur, qui reçut juste rétribution.

A dater de ce jour, les hahl ont guidé le peuple. Jamais ils ne nous ont égarés, car ils entendent la voie de Ghilan'nain.

- Extrait de La légende de Ghilan'nain, d'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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Inquisiteur Améridan

Ce que nous savons sur l'Inquisiteur Améridan tiendrait à peine sur une page. C'était un ami de l'Empereur Drakan. Il était l'Inquisiteur lorsque les Chercheurs de la Vérité ont été intégrés à la Chantrie, conformément au Traité du Névarra, leur Ordre servant de précurseur à l'Ordre des templiers et aux Cercles des mages. Peu de temps après la signature du Traité, entre 1:22 et 1:24 des Divines, Améridan quitta son poste et partit pour ne plus jamais revenir.

Seuls ces faits ne sont pas remis en question. Tout le reste n'est que rumeurs infondées, spéculations douteuses et ragots salaces.

- Améridan n'a pas cédé son pouvoir de son plein gré. Drakan a forcé les Chercheurs de la Vérité à dissoudre leur organisation sous peine de mort, puis il a destitué l'Inquisiteur plutôt que de risquer de provoquer une rébellion dans les rangs de la nouvelle Chantrie.

- Améridan a été contraint de se retirer à cause des restrictions de la jeune Chantrie, notamment sur le célibat, parce qu'il entretenait une relation avec une mystérieuse "mage" que la Chantrie a effacé de l'Histoire.

- Améridan était un noble bagarreur qui s'intéressait plus aux loisirs tapageurs qu'aux Chercheurs. Il avait obtenu son poste uniquement parce que Drakan voulaitun ami loyal aux commandes de l'Ordre, et quand les Chercheurs entrèrent dans la Chantrie, Améridan fut libre de se retirer pour consacrer sa vie à chasser les dragons et la gueuse.

Il se peut que certaines de ces anecdotes soient vraies, et sans preuve supplémentaire, nous avons peu d'espoir de démêler avec certitude le vrai du faux. Néanmoins, je vais proposer quelques remarques qui sont souvent négligées, car les érudits s'immergent dans leurs propres spécialités historiques jusqu'à en perdre de vue le contexte principal :

Tout d'abord, l'Empereur Drakan, justement reconnu comme l'homme qui a façonné la Chantrie pour en faire l'Institution que nous connaissons aujourd'hui, était un homme pieux, engagé à répandre le Cantique de la Lumière et à façonner un monde où la magie et les hommes seraient gouvernés par les principes d'Andrasté. Toutes les sources s'accordent sur le fait qu'Améridan était un ami proche de Drakan et, même s'il est possible qu'Améridan ait été plus pragmatique que pieux, il est plus qu'improbable que Drakan soit devenu ami avec un opposant actif de la Chantrie, sans même parler de lui accorder un poste de pouvoir au sein de l'Empire Orlésien.

Deuxièmement, l'Inquisiteur Améridan était universellement renommé pour ses talents au combat, quelle que fût sa foi (ou son manque de foi). Les mauvaises langues qui suggèrent qu'Améridan a été exilé nous demandent de croire que l'Empereur Drakan n'aurait vu aucune utilité dans un guerrier puissant avec des années d'expérience du commandement. Compte tenu du fait que le deuxième Enclin existait depuis plus de 15 ans à l'époque de la disparition d'Améridan, avec des engeances qui se déversaient par vagues croissantes des Anderfels dans le nord d'Orlaïs. Il est franchement absurde de suggérer que Drakan se serait débarrassé purement et simplement d'un tel atout militaire.

Sans autre preuve, nous n'en saurons peut-être jamais plus sur le départ d'Améridan. Néanmoins, j'espère que nous pourrons faire taire le scepticisme actuel, au moins lorsque des preuves irréfutables sont présentées pour le contrer et montrer que sa disparition doit avoir une autre cause.

- Extrait de Á la recherche d'Améridan du professeur Bram Kenric (Presses universitaires d'Osterburg).

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Inscription naines des Plaines Sifflantes

Le soleil brûlait au-dessus d'océans de sable, mais dans le sable se trouvait la Pierre, forte et fidèle.
Fairel tailla la Pierre et construisit un Thaig aussi grand que ceux qui s'étendent sous terre.
Et avec l'aide de ses fils, il s'assura que le Thaig grandirait et prospérerait.

Fairel, le Haut, fuit les conflits provoqués par son propre génie.
Il fuit les Thaigs ravagés et les maisons détruites par les armes des clans qui s'entredéchiraient.
Son propre clan et ses deux fils le suivirent jusqu'à la surface impitoyable.
Là où ils pourraient se cacher de la guerre qui leur avait pris leur foyer.

Après de nombreuses années, Fairel, le plus grand des Hauts, ne pouvait plus supporter le poids de la vie.
Croulant sous ce fardeau grandissant, il appela ses fils à son chevet.
Il ordonna à chacun de jurer de prendre soin de l'autre,
Et les frères donnèrent leur parole et portèrent le deuil lorsque leur père retourna à la Pierre.

Les fils de Fairel construisirent des monuments à la gloire de leur père où ils enfermèrent ses oeuvres,
et ils travaillèrent ensemble, pendant un moment, côte à côte. Chacun régnait sur la moitié du Thaig, mais chacun régnait différemment. Ils se disputèrent, et des paroles de colère provoquèrent un duel entre frères.
Et là où un frère tomba, l'autre se leva, seul, sa hache maculée de sang à la main.

Tel est le récit de Fairel, Haut parmi les Hauts, père de deux fils,
qui malgré les souhaits de leur père, se battirent pour des paroles et une fierté idiotes.
Ces halls furent construits par fierté, pour honorer les actions d'un père et pleurer sa perte.
Et ces halls furent construits pour la perte, pour honorer le deuil d'un frère

Un père emporté par le temps, un frère tué de ma propre main.
Que cette oeuvre incarne mon chagrin, dans la Pierre et le sable changeant.

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Journal dans des ruines naines

Je ne pensais pas que les Plaines Sifflantes seraient aussi animées, mais il y a des chasseurs qui rôdent dans les dunes. L'une d'entre eux m'a montré un point d'eau caché et de bons coins pour établir un campement. Je lui ai demandé si elle connaissait le vieux Thaig, mais elle ne savait même pas de quoi il s'agissait avant que je lui explique que les nains avaient d'autres cités qu'Orzammar. Visiblement, elle me trouve un peu timbrée d'être venue jusqu'ici pour étudier les ruines. Mais elle reste polie.

Les statues qui se trouvent ici ont été taillées il y a des millénaires, j'en suis certaine. Soit ces gens aimaient l'architecture naine, soit ce "fait bien connu" que les nains n'ont jamais construit de cités à la surface est faux. C'est de ça que sont faits les traités mondialement connus.
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Les inscriptions sur les ruines sont toutes en ancienne langue (merci, grand-mère, d'avoir enseigné le nain ancien à la sale gamine que j'étais). Elles parlent de la "triste séparation d'avec la Pierre". Il y a des siècles, plusieurs maisons ont quitté leur Thaig pour s'installer ici sous le commandement d'un seul et unique chef. Elles fuyaient une guerre... Ou alors, elles fuyaient pour éviter qu'une guerre n'éclate ? J'ai lu ces piliers en long, en large et en travers jusqu'à ce que la lumière décline, mais je sais qu'il y a quelque chose qui m'échappe.

Je reviendrai demain. Si seulement la soeur de Félicité ne l'avait pas dissuadée de m'accompagner ! J'aurais bien besoin d'une deuxième paire d'yeux pour monter la garde la nuit.
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C'est un Haut. Celui qui a mené le peuple ici et qui a construit cette cité était le Haut Fairel, un maître forgeron.

D'après la légende, il est mort dans les Tréfonds au cours d'une guerre entre deux Thaigs qui se servaient de son travail sur les runes pour construire des armes de destruction incroyable. S'il s'est réfugié ici, ça veut dire que les récits sont faux ou que quelqu'un a essayé d'étouffer la vérité sur son départ il y a mille ans. Le façonneur de runes le plus talentueux de l'Histoire des nains qui s'échappe à la surface avec toute sa maison... Le genre de chose qui ne manquerait pas de leur défriser la barbe, au Façonnat !

Mon père m'a dit que l'ancienne affaire familiale se trouvait près d'une voûte appartenant à la statue du Haut Fairel. J'aurais bien aimé lui montrer ça. C'est lui qui voulait croire que nos ancêtres de la Pierre nous guidaient toujours. Ça me ferait plaisir de savoir que mon vieux père avait raison.
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Je décalquais des blasons gravés sur un mur lorsque j'ai remarqué des dessins d'armes décorées de lézards ailés. J'ai passé le reste de la journée à traduire les inscriptions. Apparemment, cette strophe était transmise de père en fils dans la maison Fairel, sur des centaines de générations :

"Ne craignez rien qui vient de la Pierre,
Mais le ciel sans pierre nous trahit avec des ailes de feu.
S'il faut aller à la surface, s'il n'y a pas d'autre moyen,
Brandissez vos armes contre les urtok et écoutez leurs cris."

"Urtok" signifie "dragon". Pourquoi y en avait-il sur un vieux blason ? Pourquoi ces nains s'inquiétaient-ils d'un monstre qu'ils ne verraient jamais au point de le graver sur leurs armes ?

Cet endroit devient chaque jour plus incompréhensible.
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Il y a quelques jours, quand je me suis détournée d'une statue que j'examinais, j'ai vu une humaine qui m'observait. Elle n'a pas réagi quand j'ai hurlé, ni quand je me suis mise à courir dans tous les sens pour ramasser les notes que j'avais échappées. Quand je lui ai demandé qui elle était et depuis combien de temps elle était là, elle a récité des vers du Cantique d'une voix très polie. Je lui ai proposé de l'eau, mais elle a hoché la tête en signe de refus et dit, indiquant l'est : "Bénis soient ceux dotés de force d'âme, car ils persévèrent au nom du Créateur". Lorsque je me suis retournée vers elle, elle était partie.

La pauvre femme doit avoir l'esprit dérangé. Elle semble inoffensive, mais je ne sais pas comment elle fait pour se déplacer aussi vite par cette chaleur.
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Je viens de découvrir le tombeau de Fairel à l'est. Je n'ai jamais rien vu d'aussi fichtrement grandiose de toute ma vie. Ce n'est pas un essai que je vais écrire sur cet endroit, mais un livre, voire plusieurs. Je serai riche, j'emmènerai toute une expédition ici, et l'Université d'Orlaïs me suppliera de donner des conférences lorsque je ne dînerai pas avec l'Impératrice pour lui présenter mes découvertes.

Enfin, à condition que j'arrive à entrer dans le tombeau de Fairel. Les portes sont bien fermées. On dirait qu'il y a une serrure, mais aucune des ruines que j'ai vues ne mentionne la moindre clé. En partant, j'ai aperçu par terre des os que je n'avais pas remarqués à l'aller. Il y avait encore du sang dessus. J'ai vraiment eu de la chance que la créature qui vit là ait été absente à mon arrivée.
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Un groupe de mages humains s'est installé ici. Ils déterrent des bâtiments profondément enfouis dans le sable. Lorsque j'ai voulu les aborder, l'un des ouvriers m'a emmenée à l'écart et a murmuré que je devais partir avant que les "Venatori" m'attrapent. Je ne comptais pas en faire cas, jusqu'à ce qu'il me montre ses blessures. Les mages le saignent pour créer des sorts !

J'ai pris mes jambes à mon cou. J'aimerais pouvoir faire quelque chose. Que veulent ces "Venatori" ? Les bâtiments que j'ai vus ressemblent à des tombeaux de style ancien. Fairel était un maître façonneur de runes. La cité admirait peut-être suffisamment son travail pour le mettre hors de portée...
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Mauvaise journée. Une tempête de sable a fait rage pendant des heures, et j'ai bien failli me faire dévorer par l'une de ces horribles araignées. Je vais faire un bon gros feu, ce soir. J'ai pansé ma blessure, mais elle est chaude au toucher. J'ai la tête qui tourne. Quelques jours de repos ?

J'ai découvert quelque chose d'intéressant dans tout ce chaos : le nom de cet endroit. Je l'ai déduit à partir de gravures sur les portes du tombeau de Fairel : "Kal Repartha", un lieu où nous pourrons nous retrouver en paix".

J'espère qu'ils ont effectivement trouvé la paix.

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June, dieu des façons

Nous dédions tous nos arts à June, car c'est lui qui a enseigné à notre peuple comment plier les branches d'arbres pour façonner nos arcs, comment créer des couvertures à partir de peaux et d'écorce de fer. Sans June, aurions-nous aravel, harnais pour nos hahl ?

Quand le peuple était jeune, nous errions indécis dans les forêts. Nous nous abreuvions aux ruisseaux, mangions les baies et noix sur notre chemin. Nous ne chassions pas, faute d'arc ; nous ne portions rien car rouet et couture nous étaient inconnus. Nous frissonnions par les nuits froides et avions le ventre vide dans la rude saison, quand le monde était recouvert de glace et de neige.

Alors vint Sylaise le veilleur des foyers, qui nous donna le feu et nous enseigna comment l'attiser avec le bois. June nous confia le secret des arcs, des flèches et des couteaux pour que nous puissions chasser. Nous apprîmes à cuire sur le feu de Sylaise la chair de nos proies, à nous vêtir de leurs fourrures et de leurs peaux. Dès lors, le peuple n'avait plus à redouter ni le froid ni la faim.

- D'après les récits de Gisharel, Archiviste du clan dalatien Ralafeïrin.

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L'Empereur Florian

Le Grand-Duc Florian n'était pas destiné à monter sur le trône d'Orlaïs. Son frère aîné, l'Empereur Judicaël II, avait deux fils jumeaux et donc une descendance assurée, laissant toute liberté à Florian de consacrer sa vie à autre chose que le Noble Jeu. De fait, la Cour Impériale l'ignorait la plupart du temps, et cela lui convenait parfaitement. De cette période de sa vie, l'histoire re tiendra uniquement qu'il se maria et enfanta une fille unique dont il se désintéressa rapidement.

C'est alors qu'une épidémie de la Toux de Cent Jours, survenue en 8:77 des Bontés, vint changer ses plans. Les deux fils de Judicaël périrent, ainsi que la fille de Florian. Accablé de chagrin, l'Empereur se détourna des affaires de l'Empire et délégua la gestion de la rébellion de Férelden à ses conseillers, préférant passer le plus clair de son temps à chasser dans les campagnes. En l'an 8:84 des Bontés, Judicaël II fit une chute de cheval mortelle lors d'une chasse au renard et Florian fut propulsé bien malgré lui sur le trône. Les mots qu'il aurait alors prononcés devant les berruiers venus lui annoncer la nouvelle sont restés dans l'histoire : "Ça ne va pas, ça ne va pas du tout."

Homme de nature secrète et quelque peu excentrique, Florian comptait ses apparitions devant la Cour et traitait presque exclusivement avec des membres de sa famille. Il avait des habitudes très singulières concernant ses tenues et sa présentation, préférant le confort aux vêtements à la mode et refusant de porter fards et autres formes de maquillage, qui lui donnaient l'insupportable sensation d'être "sale". Des nobles puissants et influents, déjà au service de l'Empereur depuis feu son père, furent congédiés et remplacés par son frère cadet Reynaud, sa soeur Mélissandre et ses cousins. Il fit bannir les enfants du palais, y compris ceux des domestiques, à la seule exception de ses neveux et nièces, qu'il tolérait à condition qu'ils ne se montrent jamais en sa présence.

Les allégations qui prétendent que Florianet son jeune cousin, Meghren, étaient amants n'ont jamais pu être vérifiées. Si une telle relation a existé, elle fut certainement gardée secrète par Florian et son aversion de la vie publique, plutôt que par réelle crainte des rumeurs. Après tout, ces rumeurs découlaient sans doute du refus de l'Empereur d'engendrer un nouvel héritier et d'assurer sa descendance, refus qui, pour de nombreux observateurs, risquait de plonger l'Empire dans la guerre civile. La seule véritable preuve d'une éventuelle relation entre les cousins est une violente dispute en public, survenue avant la nomination de Meghren (ou, à ses yeux, son exil) au trône de Férelden. Selon un témoignage, Meghren aurait appelé Florian "mon chéri", témoignage qu'aucun des deux hommes n'a souhaité commenter par la suite.

Les craintes de guerre civile ont bien failli se concrétiser à la mort de Florian, en 9:19 du Dragon. Sans héritier indiscutable, le trône revint à la fille unique du Grand-Duc Reynaud, Célène, au terme de tractations violentes qui manquèrent d'entraîner la chute de l'Empire.

- Extrait d'Empereurs d'Orlaïs de frère Harlon Ascari.

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L'énigme des huit soies

Huit soies s'étendent à travers Belle-Marche. Huit soies qui protègent du soleil le calme du commerce. Mais pourquoi huit ? Cette question est posée à répétition par les visiteurs et les philosophes. Quel aspect de la grande histoire de notre capitale se cache dans ce choix subtil ? Les Ères ? Il y en a pourtant neuf. Et puis quel fou aurait pu faire une telle prédiction ? Il n'est pas dans la mentalité Orlésienne d'accepter l'éventualité de note déclin.

Alors peut-être quelque chose de moins flatteur, de plus subtil ? Certains y voient les jumeaux de l'Impératrice Yvette, nés en 7:99 peu de temps avant le début de l'Ère des Bontés et qui symboliseraient les boucles entrelacées du chiffres "8", plutôt que sa valeur. Une théorie moins pertinente affirme même que le "8" serait un affront envers la silhouette d'Yvette, qui était apparemment charnue, mais portait des corsets des plus serrés. Les deux hypothèses sont raillées par les historiens, qui n'y voient qu'un simple fétiche numérique.

Ce qui ressort lorsque l'on pense à la longévité, de la question, ce n'est pas tant qu'il y a un sens caché, mais plutôt qu'il est dans notre nature de le chercher. Car nous avons besoin de croire qu'un détail aussi important du patrimoine de la plus grande cité que le monde ait jamais connue est porteur d'un sens, quel qu'il soit. Et notre certitude nous fait même oublier l'architecte, que la question a tant exaspéré qu'il a fait graver la réponse sur son monument :

"Il y avait seize piliers."

Peut-on comparer ce "fait" à notre recherche de "la vérité" ?

- Extrait de Notre coeur Orlésien de (anciennement) soeur Laurine.

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La Dalatie : Une promesse perdue

Là-bas, le Palais d'hiver d'Halamshiral. Admirez ses murs blancs et ses flèches dorées, érigés sur les rêves brisés de tout un peuple. Notre peuple.

La prophétesse humaine Andrasté était une esclave de l'Empire Tévintide, comme nos ancêtres. Quand elle s'est élevée contre eux, nous avons pris les armes avec elle et ensemble, nous nous sommes battus pour la liberté. En signe de reconnaissance, Andrasté avait promis aux elfes une nouvelle Terre : la Dalatie, et même après sa mort, ses fils se sont efforcés de tenir sa promesse.

Notre peuple est venu des quatre coins de Tévinter, et notre périple s'est arrêté ici. C'était notre Halamshiral. Nous avons posé la première pierre de la cité et juré qu'aucun humain n'y mettrait jamais les pieds. Nos plus grands guerriers ont promis de faire respecter ce voeu. Les uns après les autres, ils ont invoqué le nom d'Elgar'nan, de Mythal, d'Andruil ou encore de Ghilan'nain. Devant tous nos dieux, ils se sont dévoués à Halamshiral et sont devenus nos protecteurs, nos "Chevaliers d'émeraude", qui assureraient à jamais la liberté de la Dalatie.

Et libre, elle l'a été. Pendant plus de trois siècles; Et puis sont arrivés les humains et leur nouvelle Chantrie andrastienne. Ils ont attaqué nos frontières, envoyé des missionnaires prêcher la parole de leur prophétesse. Ils ont cherché à soumettre notre peuple, une fois encore. Et face à notre refus, ils ont perdu patience.

Ils nous ont anéantis. Même les Chevaliers d'émeraude n'ont pas pu tenir tête à la puissance de leur armée portée par la foi. Au nom de leur Andrasté, ils ont réduit Halamshiral en cendres et nous ont dispersés au vent. Ils ont oublié qu'autrefois, les disciples d'Andrasté et les elfes marchaient côte à côte. Ils ont oublié qu'Andrasté appelait Shartan "mon frère".

- Une promesse perdue, racontée par l'Archiviste Gisharel aux jeunes chasseurs du clan Ralafeïrin, aux abords d'Halamshiral.

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La longue marche vers Halamshiral

De notre groupe, seuls soixante-cinq sont arrivés à Halamshiral. Certains ont abandonné en chemin. D'autres sont tombés malades, des enfants pour la plupart. Des bandits nous ont attaqués. Que ma mère me pardonne, mais j'ai dû voler de quoi me nourrir. Une fillette m'a attaqué pour des miettes de pain. Quelques jours plus tard, je l'ai portée sur plusieurs lieues parce qu'elle ne parvenait plus à tenir sur ses jambes. Elle est morte dans mes bras, son petit corps tremblotant jusqu'à son dernier souffle.

J'avais un maître, autrefois, un mage. Il me nourrissait bien, ne me battait jamais et m'a même appris à lire pour que je l'aide à faire ses comptes. Mais quand il avait une théorie ou un sort à expérimenter, il sortait ses dagues, demandait aux autres domestiques de me ficeler à un poteau et entaillait profondément ma peau pour recueillir du sang. J'avais tellement peur. Á chaque fois, je pensais que c'était la dernière, que j'allais mourir. Mais dans le pire des cas, je perdais connaissance, on bandait mes plaies et je restais au lit des jours durant, jusqu'à ce que je retrouve la force de me lever. Les autres esclaves venaient me voir en secret pour surveiller mon état. On me laissait guérir juste ce qu'il fallait avant que le maître ait encore besoin de sang. C'est pour ça que j'ai fui Vol Dorma pour la Dalatie, avec quelques haillons pour tout bagage.

C'est pour ça que j'ai pris la route avec cent-quatre compagnons elfes, et c'est pour ça que je suis tombé à genoux en pleurant quand j'ai passé la porte de mon nouveau foyer, un village pour mon peuple.

- Récit oral anonyme de la Longue Marche, recueilli et retranscrit par le frère Pekor de Férelden aux alentours de -140 des Anciens.

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La Marche Exaltée de Dalatie

Le récit que fait la Chantrie de la Marche Exaltée de Dalatie dépeint une armée de fidèle vertueux déployée contre des sauvages païens. Or, j'ai longtemps étudié la Dalatie et je trouve que la version "acceptable" de ce récit est un ramassis de préjugés ouvertement pro-Chantrie et pro-humains. Il est donc de mon devoir moral de proposer une interprétation différente: la Marche Exaltée de Dalatie n'était rien de plus qu'un stratagème expansionniste dissimulé derrière le masque de la foi.

La Dalatie est d'une taille remarquable, ce que l'on peut voir sur n'importe quelle carte. Mais surtout, elle se situe entre Orlaïs et le reste du Sud, une position qui aurait fait d'elle un obstacle considérable à l'expansion de l'Empire dans Férelden. Naturellement, il était dans notre intérêt de présenter les Dalatiens comme un peuple hostile qui attaquait sans raison des missionnaires innocents et sacrifiait des bébés andrastiens. La vérité probable, c'est que les elfes souhaitaient simplement maintenir leur souveraineté sur des Terres que leur avait promises la Sainte Andrasté elle-même, alors que les humains avaient clairement montré leur intention de saper leur autonomie.

Évidemment, les elfes se montrèrent de plus en plus isolationnistes, une réaction avantageuse pour l'Empire : un royaume qui rejetait toute proposition diplomatique et avait refusé d'apporter son aide lors du deuxième Enclin, quand les engeances avaient attaqué Montsimmard, ne pouvait être qu'une menace latente qui devait être écrasée avant de se réveiller.

Les érudits pensent que c'est le massacre d'Aunevermes qui a poussé la Chantrie à entreprendre une Marche Exaltée sur le royaume elfique de Dalatie. Ils se gardent bien de chercher ce qu'il s'est
véritablement passé à Aunevermes et ce qui a causé l'attaque des elfes. La réaction de la Chantrie à ce massacre qui a fait des centaines de victimes était prévisible. Toutefois, à la lumière de ma thèse, nous devrions peut-être réexaminer les évènements d'Aunevermes et nous demander si l'attaque ne répondait véritablement à aucune provocation, ou s'il est possible que quelqu'un ait cautionnait le sacrifice d'un village entier pour justifier la soumission de tout un peuple.

- Extrait de Nouveau regard sur la Marche Exaltée, tract anonyme publié par l'Université d'Orlaïs en 9:12 du Dragon

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La guerre de Perendale

La grande majorité des voyageurs qui empruntent la route de l'ouest en direction de Perendale ne le font pas de gaieté de coeur. Bien peu d'êtres vivants peuplent ces terres rocailleuses, si ce n'est quelques mineurs d'argent, des wyvernes et une espèce particulièrement combative de chèvre des montagnes. Jadis, les pics qui encerclent la cité grouillaient de dragons, et c'est sans doute ce qui a éveillé l'intérêt des rois Pentaghast.

En tout cas, ils ne sont sûrement pas venus pour les chèvres.

Bien que la région ait été dans le giron du Névarra depuis la fin de l'Ère des Bontés, ceux qui visitent Perendale pour la première fois ont souvent l'impression de se trouver dans une ville de province Orlésienne typique. Un bas-relief monumental représentant les lions terrassant le dragon orne sa porte, et une abondance de lions Orlésiens décore les murs de la cité. D'ailleurs, de nombreux habitants espèrent encore que l'Impératrice viendra un jour les rallier à l'Empire.

Toutefois, la plupart des historiens s'accordent à dire que ce ne sont ni les dragons, ni les mines d'argent et encore moins les chèvres qui furent à l'origine des siècles de conflit qui opposèrent Orlaïs et le Névarra, mais plutôt l'Empereur Étienne Valmont et les Pentaghast.

En 7:82 des Tempêtes, la famille Pentaghast, retrouvant le trône pour la première fois depuis plusieurs générations et impatiente de reformer les alliances rompues par la dynastie Van Markham, se rapprocha de l'Empereur dans l'espoir de consolider un traité de paix par la voie du mariage. L'Empereur, pour qui l'absence d'héritier se faisait de plus en plus cruellement sentir, congédia son Impératrice de dix-sept ans pour épouser la princesse Sotiria Pentaghast, promettant ainsi une ère de paix et de coopération entre le Névarra et Orlaïs.

Mais les promesses sont parfois difficiles à tenir. En 7:97 des Tempêtes, Sotiria n'avait toujours pas engendré d'enfant, et l'Empereur l'envoya au convent pour épouser sa maîtresse. Les Névarrans accueillirent fraîchement la nouvelle, ce qui ne surprit qu'Étienne. Des lettres courroucées affluèrent au palais par chariots entiers, et un petit détachement armé mené par les Pentaghast entra à Orlaïs pour ravir la princesse Sotiria. Toutefois, les Névarrans n'étaient pas encore prêts à entrer en guerre. En fins stratèges, ils savaient attendre leur heure.

En 8:46 des Bontés, alors que la majeure partie de l'armée Orlésienne était engagée dans la guerre contre Férelden, les Pentaghast décidèrent de marcher sur Orlaïs. Les Orlésiens parvinrent à organiser leurs défenses et à chasser l'ennemi de Ghislain et d'Arlesans, mais ils durent céder une grande partie de leurs territoires du nord. Perendale fut perdue et jamais reprise, devenant peu à peu le symbole d'une paix impossible entre les deux nations.

- Extrait de A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantriste de frère Génitivi.

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La langue secrète des esclaves

Malgré un illettrisme répandu, les esclaves de Tévinter ont mis au point une série de petits pictogrammes qu'ils gribouillent sur les murs ou sous les meubles, à l'abri des regards de leurs durs maîtres. Les variations régionales sont telles que leur déchiffrage est un réel défi. Par exemple, un poing fermé peut représenter un maître aux tendances meurtrières dans une ville, ou simplement un maître sévère dans un autre.

L'indifférence générale de la classe régente vis-à-vis des humeurs et des pleurs de ses esclaves fait de cet argot graphique un mode de communication important. Il est donc d'autant plus étrange qu'autant de comédies Tévintides tournent autour de l'interprétation grotesque d'un symbole mal écrit, mettant en scène de malins esclaves qui s'efforcent de dissimuler leur faute pour échapper à la décapitation. Cela rassure peut-être les riches de Tévinter de penser que des esclaves ne peuvent être aussi futés, et humain, que dans la fiction.

- Extrait d'un livre de leçons écrit par Besha de Riveïn.

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La première Inquisition

La naissance de la Chantrie a eu lieu il y a plus de neuf ères, et le temps a obscurci certains faits autrefois connus de tous. Il est communément admis que la Chantrie a créé à elle seule les templiers et le Cercle des mages. La plupart des gens ont oublié qu'il y avait une Inquisition. Les rares qui s'en souviennent pensent qu'elle datait d'avant la Chantrie et chassait les cultistes et les mages dans un règne de terreur qui ne prit fin que lorsqu'elle devint l'Ordre des templiers. La vérité est légèrement différente.

Il ne faut pas oublier l'état dans lequel se trouvait Thédas avant la création de la Chantrie : un monde où le seul ordre établi, l'Empire Tévintide, venait de s'effondrer. Les gens tenaient la magie pour responsable de la mort d'Andrasté, de l'Enclin, de la terreur dans laquelle ils vivaient, et c'était compréhensible. Les abominations et les démons ravageaient la campagne. Personne n'était à l'abri. Plusieurs groupes distincts se rassemblèrent pour former les Chercheurs de la Vérité, déterminés à prendre les choses en main pour rétablir l'ordre, car personne d'autre ne semblait être prêt à faire le nécessaire. La vérité qu'ils cherchaient, la question à laquelle ils voulaient répondre, c'était : comment ramener à la raison un monde devenu fou ?

Participaient-ils à la terreur ? Peut-être. Les preuves suggèrent qu'ils protégeaient les mages et le reste du peuple avec autant de vigilance. Quand ils intervenaient, c'était pour organiser un procès ad hoc qui déterminerait le coupable. C'est cette justice équitable qui valut aux Chercheurs leur mauvaise réputation. Ils s'en prenaient à tous les groupes, et on commençait à dire de leur "Inquisition" qu'elle n'était du côté de personne, sinon du sien.

Pourtant, ils avaient une haute estime d'eux-mêmes et s'efforçaient d'accomplir les vrais commandements du Créateur. Ils le prouvèrent en déposant leur bannière pour se rallier à la jeune Chantrie, persuadés que l'Ordre des templiers était la clé de la crise qui frappait Thédas. En définitive, l'Inquisition était composée d'idéalistes indépendants, pas de fanatiques chantristes.

- Extrait de A la poursuite du savoir : pérégrination d'un érudit chantriste de frère Génitivi.

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La reine Asha d'Antiva

Certains croient au récit selon lequel l'Antiva doit son indépendance à la menace pesante des Corbeaux. Largement répandue par les Corbeaux eux-mêmes, cette histoire n'est pourtant pas plus crédible que les promesses farfelues d'un marchand ambulant. Pour découvrir la vérité, intéressons-nous plutôt au Palais des rois de la ville d'Antiva. Une grande statue de femme en tenue royale rivenienne surplombe l'entrée, veillant attentivement sur les lieux : il s'agit d'Asha Subira Bahadur Campana, reine mère de Thédas.

Lorsque les matriarches du Riveïn arrangèrent l'union entre la princesse Asha d'Acélie et le roi Alonzo Campana d'Antiva, le peuple de Thédas n'y prêta guère attention, trop occupé par les affrontements opposant Orlaïs au Névarra. Qui pouvait s'intéresser aux épousailles d'une insignifiante princesse de Riveïn à un roi sans envergure ? Pourtant, avec le recul, ce mariage fut sans doute l'un des événements les plus importants de l'Histoire de Thédas depuis le noircissement de la Cité d'Or.

La reine Asha était une tacticienne émérite. Ayant appris les ambitions militaires de Tévinter, d'Orlaïs et du Névarra, elle élabora un plan. L'Antiva était assez prospère pour stimuler l'avarice de ses voisins, mais ne disposait pas des moyens nécessaires pour lever une armée capable de repousser Tévinter et Orlaïs sans vider les caisses du royaume. Pour protéger son peuple, elle devrait compter sur des mesures plus fortes que l'acier.

La reine passa des décennies à nouer des alliances à la façon des Riveniens anciens : par le mariage. Elle répartit stratégiquement ses enfants et petits-enfants dans les maisons nobles à travers le continent. Au bout de trente ans, les liens de l'Antiva étaient si solides que tout geste hostile à son encontre aurait provoqué une guerre impliquant la moitié de Thédas.

Le sang de la reine Asha coule dans les veines de l'Impératrice d'Orlaïs, du prince d'Osterburg, du roi du Névarra, ainsi que de sept ducs des Anderfels. Même certains Magisters de l'Empire Tévintide possèdent des liens avec la famille royale Antivanne. Cette toile des liens du sang qu'Asha a soigneusement tissée force une grande partie du continent à rester en paix avec l'Antiva, à moins d'en subir les terribles conséquences lors des repas de famille.

- Extrait de A la poursuite du savoir : pérégrinations d'un érudit chantristede frère Génitivi.

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La tour des rituels

Les terres inhabitées du sud-ouest d'Orlaïs sont parsemées de structures Tévintides. Au cours de l'Ère qui a précédé le premier Enclin, l'Empire s'est étendu vers le sud à une vitesse impressionnante et de nombreux sites d'expérimentation magique ont commencé à fleurir dans les régions les plus éloignées de Minrathie, où des faiblesses naturelles du Voile et l'éloignement de la supervision de l'Archonte permettaient de laisser libre cours aux recherches les plus dangereuses. Comme pour Aeonar à Férelden, les laboratoires d'Orlaïs ont été la cible des adeptes d'Andrasté lors de la révolte, et il n'en reste aujourd'hui guère plus que des ruines.

- Extrait d'Histoire des deux empires de soeur Pétrine, chantriste.

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La voie de l'artificière

Extrait de l'ouvrage "De la mécanique obscure". Les mots de Trois-Yeux mettent en exergue un passage :

"Que peut-on faire de ça?" Celui que se pose cette question prouve qu'il est artisan, quelqu'un qui ne s'arrête pas à la vision brute, mais qui pense à l'avenir de la matière. Le point de vue de l'artificière est différent : en voyant cette même matière, elle se demandera non pas comment la transformer, mais comment la rendre utile. Il n'y a rien d'autre à ajouter.

Suivent de nombreux schémas.

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La voie de l'assassin

Extrait de l'ouvrage "Donner la mort : Lames et autres méthodes". Les mots de Heir mettent en exergue un passage :

Vous vous méprenez à propos du secret. Ils savaient évidemment que j'étais là, vu que l'un d'eux était mort. Qu'ils ignorent ma présence ou mon but n'est jamais l'objectif. Après tout, la mort est un message, et les messages se doivent d'être reçus. Il est primordial que l'arrivée reste discrète, mais pas le résultat. Ils savent ce qui peut arriver, mais jamais à quel moment. Et ce, jusqu'à ce que la réponse soit "maintenant" et qu'ils ne puissent rien faire d'autre que subir.

Suit un traité sur les lames et d'autres éléments affaiblissants.

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La voie de la Tempête

Quelques passages de l'ouvrage "De l'orage : Notes sur la Tempête en exercice". Les mots de Kihm les mettent en exergue :

Ceux qui s'attendent à de l'irrationalité dans les actes de la Tempête sont leurrés, car il n'y a nulle folie à connaître la moindre de ses possibilités et à aller plus en avant vers cette maîtrise absolue. La guerre est peut-être affaire de tactique, mais l'issue des duels est avant tout décidée par celui qui comprend de prime abord qu'un péril mortel le guette, et qui s'engage de tout son être. Nombreux sont ceux qui en arrivent là. Le chemin de la Tempête, quand à lui, commence ici. Le temps que l'ennemi s'élève à ce niveau, il est déjà trop tard.

Et un autre :

Ils m'ont demandé dans quoi ils devaient verser la mixture, s'attendant à des projectiles de trébuchet ou à des récipients à renverser par-dessus les palissades. Je leur ai dit d'en préparer plusieurs tonneaux et de les apporter dans mes quartiers avec un millier de fioles de verre. Ils étaient effrayés. J'ai souri.

Encore un autre :

En avant ! Encore ! Le danger était là où vous étiez ! Le danger est là où vous allez ! Pour des raisons différentes, mais chacune à votre avantage ! Sautez ! Sautez encore ! L'observation, c'est pour les témoins et non le désastre !

Et enfin :

Je n'ai pas dit que je n'étais pas reconnaissante ni impressionné. C'était du grand spectacle, cela va sans dire. Tout ce que j'ai remarqué, c'est que la pugnacité de la Tempête s'illustre non seulement dans ses capacités de combat, mais aussi dans l'état dans lequel elle laisse le champ de bataille. Je déploierais avec plaisir une centaine d'entre vous dans les cités de mes ennemis, mais jamais je ne vous confierais la défense de la mienne.

Suit une série de recette de mixtures instables.

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La voie du Héraut

Extrait de l'ouvrage "Les Héraut de renom dans la tradition séculaire". Les mots du Seigneur Filon mettent en exergue un passage :

La voie de l'adulation par le peuple n'est pas sans sacrifice, car l'élévation du Héraut au-dessus de tous, à l'exception de leur Créateur, suscite de grands espoirs. Les épaules du Héraut doivent supporter le poids des attentes de ceux qu'il protège, le poids de la fierté de ceux qu'il inspire, et le poids des requêtes de ceux qu'il guide. En devenant un tel personnage, le Héraut non seulement accepte les aspirations de ses alliés, mais ne peut se soustraire aux dangereux désirs de ses ennemis.

Il est important de se souvenir des personnages de renom qui peuplent notre passé : les glorieux récits de leurs triomphes sont bien souvent ponctués de rapides et brusques chutes. Les flammes de leur gloire montent haut dans le ciel et d'autres peuvent s'y réchauffer. Mais quiconque connaît le feu pourra attester qu'une simple brise ou un léger relief peut renvoyer le feu à son point de départ. Faire le pas vers l'obscurité ne doit jamais effleurer la pensée de ceux qui cherchent ce titre. Ils savent qu'ils font partie des rares qui seront marqués à jamais par le sceau de la gloire. S'ils ne pensent pas ainsi, ils ne sont alors pas prêts à essayer.

Suivent de nombreux symboles héraldiques et des instructions militaires.

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La voie du chevalier-enchanteur

Extrait de l'ouvrage "Rang et rôle dans la victoire". Les mots du commandant Hélaine mettent en exergue un passage :

Beaucoup sont réticents à avoir recours à ce rang, car ils ne l'ont jamais vu à l'oeuvre du fait de sa rareté. La plupart changent d'avis lorsqu'ils combattent à ses côtés. Tous changent d'avis lorsqu'ils l'affrontent.

Un compte rendu :

L'entrainement n'a pas été agréable. La première fois que j'ai quitté mon Cercle, j'étais tel un nouveau-né. Puis je me suis retrouvée dans la bataille, défendant nation et nom ; Les lignes se sont formées et mes camarades mages ont pris position à l'arrière. Moi, j'ai avancé.

J'étais au coeur d'une lutte sans merci, entouré de guerriers armés de leurs muscles et de leurs épées, mais je n'avais pas peur. Je connaissais mon rôle et ma valeur, comme bientôt tous les autres. La crainte que les chevaliers refusent de m'obéir a disparu. Tous connaissaient leur rang, leur place, et l'importance que cela avait pour leur vie. Malgré nos lames différentes, notre but était clair et bien défini. Sur le champ, dans la bataille, on m'obéit.

Suivent des principes et des exemples détaillés de commandement.

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La voie du mage des failles

Extrait de l'ouvrage "Canaliser l'énergie". Les mots de Votre Instructrice mettent en exergue un passage :

Aucun ouvrage ne traite de cette manipulation. La pratique a pris le pas sur la théorie, non sans risque. L'énergie brute a trouvé un exutoire qui est à la fois visible et invisible pour ceux qui n'ont pas été initiés aux mystères des arcanes. Le risque est grand.

Un compte rendu :

Á partir de cette page sont présentées les notes de Thélric. Tout a commencé par le travail de mon mentor, Julienne, dont je poursuivrai les recherches. Pour elle, c'est impossible : elle est morte. La faille que nous étudions a mal réagi à sa dernière expérience. Nous pensions être prêts à faire face aux manifestations démoniaques. Nous n'étions pas prêts, cependant, pour la manière dont nous allions être confrontés à ces énergies. Rompue aux forces que la magie peut produire, mon aînée a été surprise par une altération, une déviante. Ce qui devait auparavant être attiré, persuadé de venir à nous, est désormais un flot qui doit être contenu. La même quantité, mais avec une intensité différente, prompte à révéler les erreurs de l'approche. Elle en a trop puisé, s'attendant à de la résistance. Il n'y en a eu aucune, et son corps n'a pas pu résister au choc. Avancez avec précaution dans le désert des nouveaux sujets d'étude. La vision de sa mort restera gravée à jamais dans ma mémoire.

Suivent des symboles épars et des esquisses.

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La voie du nécromancien

Extrait de l'ouvrage "Mortalitasi : les morts au service des vivants". Les mots de l'orateur Viuus Anaxas mettent en exergue un passage :

Nous sommes de ce monde, et à l'instar de toute chose cherchant à quitter son élément, un vide se crée lorsque nous abandonnons l'existence mortelle. Ainsi, notre retour auprès du Créateur se fait attendre. Ainsi, nous devons chercher l'équilibre. Ainsi, les premiers enfants du Créateur apportent leur aide aux seconds.

Un compte rendu :

La respiration s'est tue à l'heure dite. Nous avons ressenti son absence à ce moment-là, et nous étions prêts. Tout s'est passé en douceur, et ils se sont tous sentis apaisés en voyant les signes témoignant de la possession d'un esprit, sachant qu'aucune chaîne n'entraverait l'être aimé. Affranchi de tout, il se retrouverait aux côtés du Créateur. Mais ce n'était pas un entraînement pour le champ de bataille. J'avais entendu les histoires et je connaissais mon rôle. J'étais prêt. Enfin, nos soldats ont sonné la charge. Je n'étais pas prêt. La respiration ne s'est pas tue à l'heure dite, rien ne s'est passé en douceur. J'avais le sang glacé. Puis l'ennemi a contre-attaqué, j'ai vu ses lames fondre sur les hommes aux côtés desquels je m'étais tenu. Je ne pouvais pas les laisser faire ! J'ai ordonné aux défunts de servir une dernière fois, et ce fut au tour de nos ennemis de connaitre la peur. Mais j'étais en paix : j'avais donné à nos morts un but plus grand et, ce faisant, j'avais honoré la vie en la protégeant.

Suivent les instructions détaillées du rituel.

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La voie du psychomancien

Extrait de l'ouvrage "Le chemin de la précaution et des dures promesses". Les mots de la briseuse Thram mettent en exergue un passage :

L'utilisation du sang de dragon est considérée comme annonciatrice de sombres desseins, mais la raison dépend du tempérament du psychomancien seul. Un jour ou l'autre, la transgression nous attire tous. Les psychomanciens ont simplement le pouvoir d'être plus brutaux que le commun de mortels ; Tel est leur sort. Leur destruction est avant tout intérieure. C'est un engagement et une expérience qui leur épargne l'instinctive méfiance éprouvée à l'égard du mage du sang, lui-même sans cesse sujet à la tentation et sous la menace constante de la possession par un démon.

Un compte rendu :

J'ai vaincu la bête. Elle m'a brûlée, mais son sang était désormais le baume qui apaiserait ma douleur. J'en ai ensuite prélevé une quantité infime et, accomplissant le rite et le rituel que j'avais appris, je l'ai bu sans hésiter. Ce sang n'avait pas le goût que lui attribuent les non-initiés, qui ne connaissent que la saveur de la blessure, celle de la défaite. Ce goût était celui du sang qui coule dans les veines, celui de la vie, d'une pulsion primitive. Une sensation brûlante qui envahit le corps. S'imprégner du sang et du souffle d'une telle créature, c'est altérer le coeur même de son être. Certains l'ont constaté et ont su que j'étais différente de celle que j'avais été. Certains n'ont rien remarqué et n'ont pas été troublés. Enfin, certains le savaient, mais ont préféré se taire, sachant que ce que je fais de ce pouvoir est un choix qui n'appartient qu'à moi. Cette transformation revient à défier toute les attentes. Je suis au-dessus. Je connais l'ambition de l'épée encore au fourreau. Je vois à travers vous.

Plusieurs mixtures sont détaillées, toutes contribuent à l'ultime potion.

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La voie du templier

Extrait d'un traité sur le lyrium et ses nombreux aspects. Les mots de Ser mettent en exergue un passage :

Les méthodes employées par les templiers pour raffiner et exploiter le lyrium sont bien plus puissantes que les potions préparées par les mages, et peuvent être d'un grand danger pour les profanes. Plutôt qu'un procédé progressif, il s'agit d'une grande infusion dont l'intégrité est assurée par des contrôles quotidiens.

Un compte rendu :

Nous sommes entrés dans la Chantrie de fortune et mes futurs camarades ont formé une sorte de haie d'honneur menant à l'instructeur qui attendait mon arrivée. Je fus convié à passer parmi eux, et il semblait important que chaque pas émanât de ma volonté. La moindre hésitation aurait signalé que je n'étais pas prêt. Pleins d'entrain, ils m'encourageaient en me donnant des tapes dans le dos sur mon passage. Alors que j'arrivais auprès de l'instructeur, il se tourna vers moi. Devant lui se trouvait le filtre que j'avais préparé. Il hocha de la tête, comme pour me demander si j'étais prêt, et je lui retournai le geste. Ses yeux étaient solennels lorsqu'il leva sa main gantelée. Elle était baignée de la lueur informe d'un lyrium bien trop puissant, préparé d'une manière inconnue.

Les mains de mes camarades, encore sur mes épaules, commencèrent à m'entraver progressivement jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger les bras. Un sentiment de panique s'empara de moi, mais ma foi l'apaisa, comme elle le ferait de nombreuses fois au cours de ma carrière. L'instructeur pressa la lueur contre mon torse et en un instant, une douleur fulgurante m'envahit. Lorsque je repris mes esprits, il y eut beaucoup de camaraderies et de réjouissances, mais aussi des regards entendus. Chaque jour, je ressentais une soif plus intense que jamais, et malheur à moi si je ne la satisfaisais pas. Je ne peux pas imaginer la supporter sans l'aide de l'Ordre et de ma foi.

Suivent plusieurs instructions à propos de la manipulation du lyrium.

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Le colosse d'Orlaïs

L'Empereur Florian était un solitaire notoire et n'aimait guère son visage. La tradition voulait que les Empereurs et Impératrices d'Orlaïs fussent immortalisés dans le marbre doré, mais Florian, forcé de commander la nouvelle oeuvre à son effigie, préféra un grès rouge des Plaines Sifflantes. Il exigea qu'on sculptât la statue sur place, où il ne pourrait pas la voir.

Lorsqu'il reçut la proposition officielle, l'Empereur gribouilla négligemment des cercles autour des armoiries royales, des yeux de la sculpture, des dimensions et du coût du projet. Sa signature apposée, la proposition devint un document officiel de la Cour, et Florian refusa toute autre ébauche plus modeste envoyée à ses appartements, car il considérait la chose comme "enfin faite et terminée".

Ainsi naquit le Colosse d'Orlaïs.

Des dizaines de sculpteurs, des centaines de mineurs et trois superviseurs généreusement payés choisirent une colline stable des Plaines et se mirent au travail. Un an après le début du projet, les travailleurs découvrirent une ancienne ruine naine près de la base de la statue, qu'ils virent comme un signe que le sol était solide. Les travaux se poursuivirent donc…jusqu'à la mort de Florian et à l'avènement de l'Impératrice Célène, qui s'empressa d'ordonner l'interruption du projet coûteux. "Nous devons accorder un temps de deuil à nos sujets qui travaillent sur cette noble production", déclara-t-elle.

Étonnamment, Célène n'ordonna jamais la reprise des travaux du Colosse d'Orlaïs, ni ne manifesta l'intention de le rapatrier des Plaines Sifflantes.

- Extrait d'Arts et artefacts à la Cour Impériale d'Orlaïs de Dame Simone Thérèse Germaine.

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Le Conclave

Nous avons traversé une année de chaos. Certes, les mages ont voté la dissolution du Cercle, mais il faut rappeler que cette décision est intervenue suite au renforcement des restrictions à leur encontre, conséquence des événements malheureux de Kirkwall. Avaient-ils le choix ? C'est vrai, l'Ordre des templiers a abandonné ses devoirs pour tenter de remettre les mages dans le droit chemin, mais peut-on leur en vouloir ? Depuis un siècle, leur seul et unique rôle a été la surveillance des mages, ne l'oublions pas. Ils prédisaient une guerre éclair, un seul affrontement décisif qui suffirait à briser la détermination des dissidents et les renvoyer sagement à leur confinement. Ils se trompaient. Ce conflit pourrait durer une éternité sans voir aucun des deux camps prendre l'avantage sur l'autre. Tout le monde en est conscient, et c'est pourquoi ils ont accepté de se réunir au Conclave.

C'est notre plus grande chance ; L'heure est venue de parler ouvertement et de trouver un compromis car nous n'avons pas d'autre alternative. Je le crois de tout mon coeur. J'ai ma part de responsabilité dans cette crise. Peut-être suis-je allée trop loin dans ma volonté de réforme, ou pas assez ? Le Créateur a jugé bon de me donner une seconde chance, et j'entends bien la saisir. Le Saint Temple Cinéraire sera le lieu Saint ou nous écrirons l'histoire ensemble, et avec un peu de chance, ce sera une page que nos enfants liront avec fierté.

- Extrait du journal de la Divine Justinia V, 9:41 du Dragon.

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Le Créateur

Rien n'avait de nom
Ni les cieux, ni la terre, ni l'océan ni le Soleil.
Seul existait le silence.
Alors la Voix du Créateur retentit,
Le premier Verbe,
Et son Verbe devint tout ce qui serait jamais :
Rêve et idée, espoir et peur,
Possibilités infinies.
De cette matière, il créa ses premiers-nés.
Et il leur dit :
Je vous forge en Mon image
Et vous octroie gouverne
Sur toute Ma création.
Que votre volonté
Préside à toute chose.

Alors au centre des cieux,
Il fit jaillir
Une cité aux tours d'or,
Aux rues pavées de musique,
Aux bannières qui flottaient sans un souffle de vent.
En ce lieu Il trôna, à attendre
D'admirer les merveilles
Que créerait Sa progéniture.

Les enfants du Créateur se rassemblèrent
Au pied de Son trône d'or
Et chantèrent des hymnes et louanges sans fin.
Mais leur chant
Etait celui des pavés.
Ils brillaient des reflets
De l'or sur le trône du Créateur.
Ils portaient haut les bannières
Qui flottaient sans aide.

Et la voix du Créateur retentit
En l'Immatériel : J'ai façonné Mon premier-né
A Mon image. Vous avez reçu mainmise
Sur tout ce qui existe. La création est soumise
A votre vouloir.
Pourtant vous n'en faites rien.
Le royaume que Je vous ai donné
Est informe, inconstant.

Et Il sut que Son ouvrage avait failli.
Aussi le Créateur se détourna-t-Il de ses premiers-nés
Et prit à l'Immatériel
Une once de sa chair vivante
Qu'Il plaça loin des esprits. Et telles furent Ses paroles :
En ce jour, Je décrète
Qu'il est opposition en toute chose :
Pour la terre, le ciel
Pour l'hiver, l'été
Pour les ténèbres, la Lumière.
Seule Ma volonté peut rompre l'équilibre
Et insuffler au monde une nouvelle vie.

Et le monde n'était plus informe, inconstant,
Mais solide, immuable,
Doté de noms pour les cieux et la terre, l'océan et le Soleil.
Pour finir, le Créateur
Façonna dans le monde tangible
L'homme. Aussi immuable que la terre,
A l'âme peuplée de rêves et idées, espoirs et peurs,
Possibilités infinies.

Alors le Créateur dit :
A toi, mon deuxième enfant, Je lègue ce don :
En ton coeur brûlera
Une flamme inextinguible
Dévorante et jamais satisfaite.
Je t'ai façonné de l'Immatériel,
Et à l'Immatériel tu reviendras
Chaque nuit en songe
Pour te souvenir à jamais de Moi.

Alors le Créateur ferma à jamais les portes
De la Cité d'Or
Et en ce lieu Il trôna, à attendre
D'admirer les merveilles
Que créerait Sa progéniture.

- Psaume des Oraisons 5:1-8.

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Le Gardien

Joséphine a trouvé une page manuscrite, arrachée à un journal, dans les documents sur son bureau et l'a immédiatement apportée à l'Inquisitrice/eur. La page a manifestement été écrite par la façonneuse Valta, mais l'ambassadrice de l'Inquisition n'arrive pas à expliquer qu'elle ait ainsi apparu à Fort Céleste.

Je ne me souviens pas de la majeure partie de ce qui est arrivé à la fin. L'Inquisitrice/eur (Nom du personnage) s'est battu(e) pour mettre fin aux séismes, et nous avons traversé ensemble l'endroit le plus magnifique que j'aie jamais vu. L'idée qu'il puisse être la source de toute cette destruction m'a perturbée, et me perturbe encore.

Je ressentais l'absence de Renn à chaque pas, alors que nous courions vers le grand cercle. D'immenses filons de lyrium pleins de vie se déversaient dans le cercle. Quelque chose en a émergé. Un être gigantesque, né de la Pierre, s'est élevé pour nous arrêter : le Gardien. Il a attaqué, et je me suis retrouvée entourée d'une chaude lumière.

J'ai cru que je retournais à la Pierre. C'était peut-être le cas.

Quand la lumière a décliné, je me suis réveillée au paradis. Le Gardien était vaincu, l'Inquisitrice/eur avait triomphé. C'était une victoire, mais je n'en retirais aucune joie. Le Gardien était venu défendre le Titan, empêcher la Pierre d'être affaiblie. Il a essayé de tuer l'Inquisitrice/eur, mais à moi, il n'a offert que des cadeaux.

J'espère en faire bon usage, et comprendre un jour pourquoi j'ai été choisie pour le recevoir.

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Le Palais d'Hiver

Les grands appartements

Cette aile faisait autrefois office de second domicile pour les membres des quatre branches cadettes de la maison Valmont, mais elle demeure à l'abandon depuis le couronnement de l'Empereur Florian. En effet, l'ancien Empereur n'autorisait aucun proche dans le Palais d'Hiver au-delà de ses frères et soeurs. Des années durant, l'ensemble des grands appartements fut condamné.

- Extrait de l'Histoire architecturale d'Orlaïs, volume 1 d'Élodie Ferrneau.

L"aile des serviteurs

Au cours de sa cinquième année de règne, l'impératrice Célène a considérablement agrandi les quartiers du palais réservés aux serviteurs. Ils incluent désormais une grande parcelle du jardin imaginé par le paysagiste Trenou ; cette création est considérée comme l'une de ses oeuvres les plus remarquables à Orlaïs.

- Extrait de l'Histoire architecturale d'Orlaïs, volume 1 d'Élodie Ferrneau.

La grande bibliothèque d'Halamshiral

La collection de livres présente au Palais d'Hiver est l'une des plus importantes au monde ; Seules la bibliothèque de l'Université d'Orlaïs et celle du palais impérial s'en approchent. Les étagères, oeuvres du célèbre ébéniste Gustave de Val Fontaine, constituent les plus beaux exemples encore existants de sa technique de marqueterie.

- Extrait de l'Histoire architecturale d'Orlaïs, volume 1 d'Élodie Ferrneau.

La fontaine de Verchiel

L'Empereur Judicaël Ier fit construire cette impressionnante fontaine pour commémorer la victoire historique de la maison Valmont contre Xavier Drakan. Les quatre lions représentent l'Empereur Alphonse Valmont et ses trois frères cadets, les ducs Isidore d'Arlesans, Yvon de Savrenne et Stéphane de Val Montaigne, qui combattirent l'usurpateur sur le champ de bataille.

- Extrait de l'Histoire architecturale d'Orlaïs, volume 1 d'Élodie Ferrneau.

Le requiem

Après son couronnement en 8:84 des Bontés, l'Empereur Florian fit tout d'abord bâtir une chapelle dans le Palais d'Halamshiral, en mémoire de sa fille Évangéline, emportée par l'épidémie de Toux de Cent Jours en 8:77 des Bontés. La chapelle est décorée de sublimes fresques peintes par l'Impératrice Justinia en personne, représentant la vie et la mort d'Andrasté.

- Extrait de l'Histoire architecturale d'Orlaïs, volume 1 d'Élodie Ferrneau.

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Le Qun

Il y a bien longtemps, l'ashkaari vivait dans une grande cité au bord de l'océan. Elle connaissait une richesse et une prospérité rayonnantes, mais ses habitants étaient pourtant mécontents. L'ashkaari arpentait les rues de sa cité et voyait tout autour de lui les signes du génie : triomphes architecturaux, chefs-d’œuvre artistiques, palais de marchands prospères, bibliothèques et auditoriums. Mais il voyait également les stigmates de la pauvreté : les indigents, les malades, les perdus, les précaires et les désespérés. L'ashkaari se demanda alors : "Comment un peuple peut-il être à la fois sage et ignorant, riche et ruiné, triomphant et désespéré ?"

Alors l'ashkaari quitta sa terre natale et partit en quête d'autres cités et d'autres nations, à la recherche d'un peuple qui avait trouvé la sagesse suffisante pour mettre fin au désespoir et à l'accablement. Il erra pendant de longues années à travers des empires couverts de palais et de jardins, mais partout les sages, les grands et les puissants côtoyaient les oubliés et les démunis. Il finit par arriver dans un vaste désert, une terre aride où la pierre brute dressait ses crocs vers le ciel. Il y trouva refuge à l'ombre d'un pic et prit la résolution de méditer à cet endroit, jusqu'à ce qu'il trouve la solution à son dilemme ou que la mort l'emporte.

Des jours passèrent et une nuit, alors qu'il fixait l'horizon, il vit le désert sans vie s'éveiller. Une centaine de milliers de sauterelles s'élevèrent de la terre inhospitalière et, formant une masse compacte de poussière mouvante, firent route vers le sud. L'ashkaari se leva et les suivit, marchant dans leur sillage de dévastation de plusieurs kilomètres de large alors que des terres hier encore prospères étaient anéanties. C'est alors que les yeux de l'ashkaari s'ouvrirent.

L'existence est un choix.
Il n'y a pas de chaos dans le monde, mais de la complexité.
La connaissance de la complexité est la sagesse.
De la connaissance du monde découle la connaissance de soi.
La maîtrise de soi est la maîtrise du monde. La perte de soi est la source de la souffrance.
Souffrir est un choix et nous pouvons le refuser.
Nous détenons le pouvoir de créer le monde comme de le détruire.


Alors, l'ashkaari alla retrouver son peuple.

- Extrait du Qun, Psaume premier.

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Le dieu rebelle

Le terme Dalatien "harellan" signifie "traître à sa propre race", mais il n'apparaît dans aucun texte avant l'Ère des Tours. La racine provient de "harillen" (opposition) et de "hellathen" (noble lutte). Les Dalatiens considèrent Fen'Harel comme le dieu de la tromperie, mais je pense qu'une traduction plus juste serait "dieu de la rébellion".

Toutefois, la cause de sa rébellion s'est perdue dans la nuit des temps. Dans les légendes Dalatiennes, Fen'Harel enferme les autres dieux juste pour le plaisir de les duper. Si nous comprenions mieux l'elfique ancien, nous découvririons peut-être que les versions antérieurs du récit du loup implacable nuancent ses motivations, au-delà de la malveillance.

- Extrait de Traité sur les coutumes hérétiques et païennes des elfes de Senallen Tavernier de l'Université d'Orlaïs, commandé par l'Impératrice Célène.

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Le lion d'Orlaïs

Vous m'avez demandé pourquoi Orlaïs a un lion pour emblème, sachant que c'est un animal qui vit dans l'est de Thédas, et la réponse est simple : il provient des armoiries des Valmont, la famille qui règne sur l'Empire depuis la fin de l'Ère des Exaltés et qui en est venue à le représenter symboliquement. Avant eux, notre emblème était celui des descendants de Kordillus Drakan : un dragon.

Mais la question demeure : pourquoi les armoiries sont-elles frappées d'un lion ? Pour le savoir, il faut remonter au temps de Lambert Valmont, un jeune capitaine Orlésien qui s'est illustré dans la célèbre bataille d'Acélie, qui a mis un terme au quatrième Enclin. On dit que le jeune Valmont, ignorant volontairement les ordres, lança ses forces au secours des troupes de l'Antivan en difficulté, les sauvant du massacre. Bien que ses supérieurs lui aient d'abord reproché son insubordination, l'attribuant à une simple histoire de coeur avec une certaine fille à soldat Antivanne (ce qui, par ailleurs, n'a jamais été confirmé), il s'est avéré que le roi Azar Adalberto Campana lui-même menait ses troupes au combat ce jour-là. Dans les chamboulements politiques qui suivirent la fin de l'Enclin, l'Antiva devint un allié important d'Orlaïs et Lambert Valmont un héros pour le peuple de cette nation. Le roi Azar lui offrit la main d'une de ses filles et un titre de noblesse, dont les armoiries fraîchement dessinées étaient ornées d'un lion vaillant et courageux. L'Empereur Orlésien n'eut d'autre choix que de faire de même, donnant à Valmont un titre de marquis. Pouvez-vous imaginer le retour triomphal du héros à Val Royeaux, au bras d'une épouse de sang royale et auréolé des honneurs de deux nations ? C'est pour cela que des nobles jaloux le surnommèrent "le lion plastronnant", un qualificatif qu'il fit rapidement sien.

Plus tard, le fils de Lambert Valmont, Alphonse, mena la guerre civile contre l'usurpateur, Xavier Drakan ; Il le vainquit en combat singulier, donnant naissance à la grande légende orlésienne du lion terrassant le dragon. Il mit alors fin au règne de la dynastie Drakan... et offrit à Orlaïs un nouveau symbole.

- Extrait d''une lettre de frère Génitivi au prince Cailan Theirin, 9:20 du Dragon.

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Le mystère de June

Chaque "dieu" elfique représente un aspect de leur antique civilisation et chaque histoire est une métaphore de cet aspect. June est le plus mystérieux de tous. Ses représentations remontent à l'ancienne Arlathann, mais c'est la déité qui apparaît le moins. D'après les légendes dalatiennes, June est le dieu de la construction et de l'artisanat, mais ses représentations les plus anciennes ne possèdent aucun des outils que les Dalatiens lui attribuent.

Le rôle de June a peut-être évolué au fil du temps, ou alors, nous sommes tout simplement incapables de le comprendre aujourd'hui. A la chute des elfes, la Tévinter antique ne s'est pas souciée de préserver les aspects de la culture dalatienne qu'elle trouvait inconvenants ou incompréhensibles.

- Extrait de Traité sur les coutumes hérétiques et païennes des elfes de Senallen Tavernier de l'Université d'Orlaïs, commandé par l'Impératrice Célène.

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Le premier Enclin - chapitre I

Thédas est une terre résolument multiculturelle, des princes assassins d'Antiva aux antédiluviens griffons des Anderfels. Durant mes pérégrinations, toutefois, j'ai trouvé un récit commun à toutes les peuplades de cette contrée ; un récit d'orgueil et de damnation qui, malgré quelques variations, reste identique en substance.

Au faîte de son pouvoir, l'Empire tévintide couvrait la majeure partie de Thédas et regroupait le monde connu sous la férule des magisters tyranniques. Il est dit que les Anciens dieux que ces derniers vénéraient leur avaient donné la connaissance de la magie du sang, connaissance dont les magisters s'étaient servis pour asseoir leur règne. Le sang des esclaves elfes et humains de concert coulait des autels impériaux pour assouvir la voracité des magisters, dont les excès étaient dits si terribles qu'il faut se féliciter de voir la magie du sang au pilori.

Mais tous les grands finissent par chuter. Peut-être avaient-ils prévu leur déclin, ou peut-être leur orgueil était-il sans limite ; quoi qu'il en soit, les magisters eurent l'audace d'ouvrir un portail magique menant à la Cité d'Or, au coeur de l'Immatériel, cherchant rien de moins qu'à usurper le trône du Créateur, laissé vacant dans la Cité d'Or quand Il abandonna Sa création. Forts de leur pouvoir, ils étaient prêts à prendre d'assaut les cieux eux-mêmes pour devenir les égaux des dieux.

Fidèle à sa propension à l'euphémisme, la Chantrie qualifie cet acte de deuxième péché.

Selon la plupart des versions du récit, les magisters parvinrent à la Cité d'Or et foulèrent de leurs pieds la résidence du Créateur où nul être vivant n'avait osé - ou pu - pénétrer jusque-là. Mais l'humanité n'est pas appelée à arpenter les cieux. Les magisters étaient corrompus par l'orgueil et autres péchés ; leur présence seule viciait la Cité d'Or. Ce théâtre de perfection devint un abîme de ténèbres et de cauchemars. Les magisters furent refoulés par le portail et maudits pour leur perfidie, transformés en créatures ténébreuses : les engeances originelles. La Cité d'Or, jadis haut lieu de lumière au coeur de l'Immatériel, devint la Cité Noire, sinistre rappel des ravages de l'orgueil humain.

- Extrait d'Ainsi tomba Thédas de frère Génitivi, érudit chantriste.

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Merci à Camille qui nous a permis de copier les codex qui manquaient à partir de son joli pdf :)
vous pouvez vous le procurer ici : Les archives de l'Inquisition.

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